Procès Balkany : le maire de Levallois face aux faits

Exit les questions de forme, place au fond. Après avoir étudié et rejeté les demandes de nullité et de jonction des différents volets (fraude fiscale et blanchiment) mardi en début d’après-midi, la 32e Chambre correctionnelle a ouvert les débats sur le fond de l’affaire.
Le maire de Levallois et son avocat Éric Dupond-Moretti arrivent pour le deuxième jour d’audience. – Photo : Yann Haefele

Ce que nous comprenons, c’est que Monsieur et Madame Balkany ne veulent pas être jugé trop vite”, soupçonne l’avocat de la partie civile. Représentant l’Etat et le fisc, il résume ainsi le début de cette journée d’audience, consacrée à des questions de procédure. Inlassablement, les avocats de la défense, Éric Dupond-Morreti et Pierre-Olivier Sur, auront tenté d’obtenir la nullité de l’ordonnance de renvoi du couple devant la justice ainsi que celle de la citation à comparaître. Sans succès.

Dans une salle d’audience plus clairsemée que la veille, les ténors du barreau formulent des demandes en nullité, derrière Patrick Balkany. Le regard vague, ce dernier ne s’anime que pour laisser échapper un grognement désapprobateur ou échanger quelques murmures avec son avocat, Me Dupond-Morreti.

“Balkany n’est pas au-dessus des lois, mais il n’est pas en-dessous non plus”

Pour tenter d’obtenir le renvoi, la défense essaie de souligner ce qu’elle considère comme des irrégularités. “Balkany n’est pas au-dessus des lois, mais il n’est pas en-dessous non plus”, martèle Me Dupond-Morreti. Confusion des dossiers, absence d’éléments à décharge dans l’ordonnance de renvoi et citation à comparaître pour le 13 mai pour l’ensemble de l’affaire (alors que le blanchiment ne sera jugé qu’à partir du 20 mai)… : les arguments de la défense n’auront pas convaincu les magistrats.

Tant pis pour Me Dupond-Morreti, qui se dit “ulcéré” par ce qu’il considère être des irrégularités. “C’est singulier au sens premier du terme, s’indigne-t-il, et je pèse mes mots. Il m’en viendrait d’autres mais je ne les prononcerai pas ici.

En matière de fraude fiscale, le couple est accusé d’avoir minoré ses déclarations de revenus au titre de l’impôt sur la fortune, ainsi que celles sur le revenu, entre 2009 et 2015. Celles-ci ne correspondraient pas à ses possessions immobilières et son train de vie, détaillés par le président du tribunal dans un long et laborieux exposé des faits.

La lecture du témoignage de nombreux employés des Balkany, ainsi que de celui de commerçants locaux, met en lumière une préférence marquée du couple pour les paiements en liquide. “Il ne faut jamais utiliser de cartes bancaires, on peut nous traquer”, aurait expliqué le maire de Levallois-Perret à une de ses employées de maison.

Des billets de 500 euros retrouvés dans un costume

Le gérant d’un pressing raconte lui aux enquêteurs avoir découvert sept billets de 500 euros dans la poche d’un costume déposé par Patrick Balkany. Les billets violets, un mode de paiement habituel pour le couple qui rémunérerait une partie de son personnel en espèces.

Quant à la question des biens immobiliers que posséderait le duo d’élus, le Président détaille des montages complexes visant à en brouiller la propriété. Notamment des sociétés basées au Liechtenstein et en Suisse, propriétaires de certains de leurs biens – y compris la fameuse villa Pamplemousse de Saint-Martin – et dont la principale bénéficiaire serait Isabelle Balkany.

En dissimulant ces biens, le couple aurait diminué ses déclarations à l’administration fiscale et n’aurait donc pas été imposé comme il aurait dû l’être.

Après plus d’une heure et demi d’exposé des faits, Me Dupond-Morreti interrompt, furibond, la lecture du Président. Il s’insurge contre un long exposé “à charge”, contre son client. “Est-ce que vous trouvez que c’est loyal ?”, rugit-il, remettant en cause le respect du contradictoire. Le magistrat lui demande de ne pas l’interrompre avant de reprendre son énoncé.

Il est 17h30 environ quand Patrick Balkany est enfin appelé à la barre pour s’exprimer. Après une remise en cause de l’exposé des faits par le Président qu’il juge incomplet, il entame la lecture de deux lettres écrites par son épouse. Se tournant successivement vers les magistrats et les journalistes, il dénonce ce qu’il considère comme des violations du secret de l’instruction et un « acharnement médiatique« . 

L’audience reprendra mercredi à 13h30 avec l’interrogatoire de Patrick Balkany. Exercer son droit au silence ? « Sûrement pas !« , rétorque-t-il aux magistrats.

Blandine Pied

Européennes: nouvelle polémique autour des temps de parole des candidats

Drapeaux européens. Crédits : Hans
La campagne pour les élections européennes a officiellement débuté le 13 mai. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a dû répartir 312 minutes de temps d’antenne entre les 34 listes validées. Les nouvelles mesures, prises le 25 juin 2018, cherchent à être plus éthiques mais pourraient être un véritable casse-tête pour les chaines de radio et de télévision.

Le 14 mai, plusieurs têtes de listes de «petits partis » ont dénoncé leur relégation « scandaleuse » en deuxième partie de soirée lors du double débat organisé sur France 2 le 22 mai, soit quatre jours avant le scrutin. La tête de liste du PCF, Ian Brossat a déjà annoncé saisir le CSA. « L’Emission politique » a prévu d’inviter en première partie de soirée six candidats ou chefs de partis : Marine Le Pen (RN) et Stanislas Guérini (LREM) dont les listes font la course en tête autour de 22%, Laurent Wauquiez (LR, 13-14%) Raphaël Glucksmann (PS/PP, entre 5 et 6%), Yannick Jadot (EELV, entre 7 et 8%), Manon Aubry (LFI, entre 8 et 9,5%).

En seconde période, sont invités à débattre Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), François Asselineau (UPR), Francis Lalanne (Gilets jaunes), Dominique Bourg (écolo), Florian Philippot (Patriotes), Nathalie Arthaud (LO) et Benoît Hamon (Génération.s), tous en dessous de 5% d’intentions de vote.

  • Les médias accusés de favoriser certaines listes

Plusieurs candidats dont Benoît Hamon, tête de liste Génération.s, ont menacé de ne plus participer aux débats. L’ancien candidat PS à la présidentielle de 2017, a reproché sur Public Sénat, à la présidente de France Télévision, Delphine Ernotte, d’avoir voulu donner « quelques gages à l’Elysée » pour obtenir un second mandat.

De son côté, Ian Brossat a annoncé saisir le CSA  et « suspendre » sa participation au débat de France 2, qui selon lui « veut faire l’élection à la place des électeurs ». Quant à Florian Philippot, il a critiqué « une marque incroyable d’irrespect » envers les électeurs.

Thomas Sotto, présentateur de  » l’Emission politique » , a défendu la volonté de « clarté » pour que les candidats puissent exposer leurs « idées pour l’Europe ». « On ne favorisera personne », a-t-il assuré à l’AFP précisant que l’émission allait donner la parole à une quinzaine de listes sur les 34, un record.

  • De nouvelles règles pour plus de pluralisme

Le CSA a décidé de répartir de manière équitable 102 minutes entre les 34 listes. Cela revient à donner 3 minutes de temps de parole à chaque liste. Ensuite, 120 minutes ont été réparties en fonction du nombre de députés, sénateurs et députés européens ayant donné leur soutien à la liste. A titre d’exemple, LREM obtient 55 minutes de temps de parole. Enfin, 90 minutes restantes doivent être distribuées en prenant en compte les résultats des partis qui soutiennent les listes, les sondages d’opinion publiés et la participation des candidats ou partis dans le débat électoral. L’ancien mode de calcul était accusé de mettre en avant la majorité et l’opposition, ne permettant pas aux petits groupes d’être représentés sur les chaines médiatiques, même s’ils avaient du poids dans le débat politique.

Eva Mbengue

L’ascension des français de Vitality

Vitality compte dans ses rangs les meilleurs joueurs français et internationaux pour gagner des titres. Crédit photo : Lyncconf Games

Créée en 2013, l’équipe d’e-sport française Vitality est devenue le numéro 1 sur le territoire au cours des dernières années. Elle abrite deux des grands noms du gaming en France, Fabien “Neo” Devide, coach, et Corentin “Gotaga” Houssein streamer et français le plus titré sur console.

Au départ spécialisée dans la licence Call of Duty où ils ont remporté le championnat de France en 2013, ses joueurs ont su évoluer vers les terrains numériques de FIFA ou l’arène de Fortnite. Plusieurs tournois et championnats ont été remportés avec un groupe de joueurs différents pour chaque jeu différent.

 

Un nom qui vaut plusieurs millions d’euros

La réussite de l’équipe française a vite attiré les sponsors. En février 2018, Vitality annonce une levée de fonds de 2,5 millions d’euros, puis, en novembre, un financement de 20 millions d’euros par le milliardaire indien Tej Kohli. Il s’agit alors du plus gros investissement e-sportif en Europe. Enfin, l’entreprise française Renault annonce vouloir sponsoriser l’équipe pour Rocket League, un jeu de football où les voitures remplacent les joueurs. Le budget de Vitality est aujourd’hui évalué à 5 millions d’euros par an, soit le niveau d’un club de milieu de tableau de ligue 2 française.

Après avoir recruté des joueurs étrangers pour renforcer ses rangs, Vitality a récemment annoncé l’ouverture d’un centre d’entraînement dans le 3ème arrondissement parisien ainsi que des boutiques spécialisées. Du digital au physique…

Edouard Lebigre

 

Présidentielles américaines : un nouveau candidat à la primaire démocrate

Steve Bullock, le gouverneur du Montana, nouveau candidat démocrate à la course à l’investiture présidentielle aux Etats-Unis. / Crédit : Yellowstone National Park – Wikipédia

La course à la présidentielle américaine, qui aura lieu en 2020, compte désormais un nouveau candidat. Steve Bullock, 53 ans, a annoncé mardi 14 mai sa candidature à la primaire démocrate, élevant le nombre de prétendants à 22, un record. Le candidat démocrate occupe la fonction de gouverneur du Montana, un Etat rural du nord des Etats-Unis. Dans sa vidéo de campagne, il a affirmé sa capacité à séduire l’électorat républicain, en arguant la reconduction, en 2016 de son mandat de gouverneur du Montana, où Donald Trump avait obtenu un soutien important lors de la dernière élection présidentielle. Il devra se confronter au favori de la primaire démocrate, l’ancien vice-président sous Barack Obama, Joe Biden.

Agathe Harel avec l’AFP.