Logo des JO 2024 : « Un design très original et très beau »

Mardi soir, Paris a présenté son logo pour sa candidature aux Jeux olympiques 2024 au public et à la presse. Au pied de l’Arc de triomphe, l’enthousiasme semblait l’emporter mais l’utilisation de la tour Eiffel a déclenché des critiques.

L’attente s’est finalement terminée mardi 9 février. Dès 19h30, un nombre considérable de spectateurs étaient déjà rassemblés sur les trottoirs des Champs-Élysées, devant l’ Arc de Triomphe qui est devenu l’écran principal pour dévoiler le nouveau logo des JO 2024. Au sommet était lisible le hashtag #Paris2024 pour inviter les gens présents et les internautes à réagir sur Twitter.    

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2016. GRJ PHOTO

 

 

Des cubes sont « tombés » du haut de l’Arc, créant un bel effet visuel, tout en rappelant le jeu gameboy des années 80, Tetris. A 19h45, les tweets, avec le hashtag #Paris2024, ont commencé à apparaître sur l’Arc du Triomphe, ce qui n’a fait qu’augmenter le nombre de spectateurs. La circulation des Champs-Élysées dans les deux sens a été coupée dès 20h10. Tous les gens qui se trouvaient sur le trottoir se sont approchés au maximum, jusqu’à atteindre la clôture humaine formée par les policiers.

 

 

Comme promis, à 20h24, les cubes projetés sur « le grand écran » de l’Arc se sont unis afin de former le logo créé par l’agence Dragon Rouge. La Tour Eiffel était l’élément central du logo, comme elle l’était déjà au moment de la candidature de Paris aux JO de 1992. Néanmoins, elle est cette fois plus colorée et elle forme, à bien y regarder, le numéro 24.

2016. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE / AFP / LIONEL BONAVENTURE
2016. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE / AFP / LIONEL BONAVENTURE

Quelles réactions a provoqué le logo ? 

Différentes personnalités politiques et sportives ont réagi à la projection du logo. Parmi elles, Anne Hidalgo. La maire de Paris a déclaré au journal Le Parisien (réservée aux abonnés): « Le message doit agir de façon subliminale mais pragmatique. Ce logo se regarde, se sent. C’est de la poésie. »  Côté sportifs, le champion de Taekwondo, Pascal Gentil, a affirmé au journal : « Je m’attendais à ce que la Tour Eiffel soit présente, mais j’aime beaucoup cette petite touche graphique qui ressemble à de la calligraphie chinoise. »  

Sur place, les gens ont eu des points de vue très variés. Marlyse Leduc, 32 ans, a trouvé que la Tour Eiffel était le symbole idéal pour designer le logo. « Je crois presque tout le monde attendait ça. Mais la Tour est selon moi le meilleur élément pour nous représenter. Ici, elle a un design très original et très beau. »

Pour Claude Breton, 40 ans, le logo était surprenant. « Malgré le fait que je n’aime pas beaucoup les couleurs, je trouve que l’effet visuel entre la Tour et le numéro 24 a sauvé tout le message du logo. En plus de représenter la ville hôte des Jeux Olympiques, un logo doit aller au-delà et transmettre l’essence de l’événement. Les concepteurs du logo ont bien réussi. »

La couleur, justement, s’est avérée être un élément intéressant, comme l’explique Lucille Petit, 27 ans, conceptrice graphique. « Pour moi, la variété des couleurs est l’élément plus attirant du logo. Avec le bleu, le rose, l’orange et le vert, ils représentent la diversité qu’il y a dans le monde : la diversité des langues, des origines, des coutumes. Les couleurs s’entrelacent avec le numéro et la Tour semble dire :‘Paris vous appelle à la fête sportive qui unit les hommes du monde entier !’ »

Et pourtant, le logo n’a pas plu à tout le monde. C’est le cas de Philippe Blas, 37 ans. « C’était très évident et pas original du tout. Il ressemble à un dessin fait par mon petit frère. Ils devraient mieux investir tout l’argent gaspillé dans le logo. » D’autres déçus s’attendaient à un symbole plus recherché, comme Mathieu Lauren, 30 ans. « Je suis vraiment déçu. Je m’attendais à un design plus surprenant. J’ai perdu mon temps ici à attendre dans le froid pour rien. La Tour Eiffel pour représenter Paris? Pas original du tout! »

Sur le réseau social Twitter, les réactions n’ont pas attendu

L’hôte des Jeux olympiques 2024 sera connu lors de la 130ème session du CIO (Comité Internationale Olympique) en septembre 2017 à Lima, Pérou.

Gila Ríos Jiménez

JO : plus de 100 ans de logos

Ce lundi soir, Paris fait un pas de plus dans sa candidature aux Jeux olympiques de 2024. La capitale française doit dévoiler son logo officiel. Pour cela, elle donne rendez-vous à l’Arc du triomphe, à 20h24, horaire symbolique.

Cette année, l’événement sportif le plus attendu se déroulera à Rio de Janeiro, au Brésil. Dans quatre ans, ce sera au tour de Tokyo, la capitale japonaise. Avant de savoir en septembre si la France pourra être le prochain hôte de la compétition, CelsaLab vous propose de découvrir plus de cent ans de logos olympiques.

 

 

Gila Ríos Jiménez

O’Connell, l’Eire de son temps

Copyrith : Tom jenkins
Copyrith : Tom Jenkins

Victime d’une blessure musculaire au mollet, Paul O’Connell avait quitté le dernier Mondial sur une civière et avait mis fin à sa carrière internationale d’une façon qui ne correspondait pas à sa légende de guerrier. Il a définitivement raccroché les crampons ce mardi.

« C’est un gros coup dur de perdre un joueur de ce calibre. On voulait se reposer sur lui et finalement, c’est lui qui va se reposer. Malheureusement pour lui et pour nous. » Pour une fois Mourad Boudjellal, le président de Toulon est sur le registre de la litote. Le public de Mayol ne verra jamais Paul O’Connell en rouge et noir, victime d’une rupture de l’insertion du semi-membraneux et du biceps fémoral aux ischio-jambiers. Encore une mauvaise nouvelle pour le club varois décidément maudit cette saison côté blessures. Au delà de Toulon, c’est tout le monde du rugby qui voit sortir O’Connell par une porte bien trop petite pour sa stature de colosse.

« POC », (comme le bruit qu’il faisait en rentrant dans les côtes flottantes d’un fâcheux traînant au bord d’un ruck) était l’un des meilleurs seconde ligne du monde. D’un point de vue purement technique, O’Connell était un monstre physique, une sorte de tracteur vert qui ne reculait jamais. Une tour de contrôle en touche et un grand tacticien. Pour les Irlandais, il était plus qu’un bon joueur, il était le capitaine du XV du Trèfle. Il était LE combat, LA rigueur et L’exemplarité.

(Passez votre souris sur la photo pour découvrir qui était le monstre sacré des verts)

POC : un physique d’athlète, un palmarès impressionnant… et une santé fragile. Copyright : Laurence Griffith

O’Connell c’était l’incarnation terrifiante du fighting spirit irlandais. Un homme droit comme la justice et dur au mal. Le genre à vous ouvrir la tête comme un livre, tourner quelques pages puis vous embrasser comme un frère après.

Farewell Paul.

 

Antoine Etcheto

 

(Prolongation) : France Irlande, Tournoi des six Nations 2007, O’Connell suggère à ses coéquipiers de se comporter comme des « maniaques ».

Coupe de France : quand foot amateur et professionnel font jeu égal

Les huitièmes de finale de la Coupe de France commencent ce soir, et comme chaque année, cette compétition fait s’affronter des clubs amateurs et des clubs professionnels. Bien souvent, cette compétition offre son lot de surprises, mais cette incertitude tend à disparaître à mesure que le fossé  se creuse entre clubs de Ligue 1 et clubs amateurs. 

 

Ils sont tous réunis, et éclatent de joie. Les joueurs de Trélissac (CFA) sont tout heureux d’affronter l’Olympique de Marseille en huitièmes de finale de Coupe de France. Un enthousiasme paradoxal quand on sait que quatre divisions séparent les deux clubs. En toute logique, il n’y pas match. L’OM, champion d’Europe il y a 22 ans, ne devrait faire qu’une bouchée du petit club de la banlieue de Périgueux (Dordogne).

 

https://www.youtube.com/watch?v=hC4iYL-61Wg

 

Mais la Coupe nationale nous a habitués à des retournements de situations inattendus. En huitièmes de finale de l’édition 2015-2016, cinq clubs amateurs sont encore en lice pour passer le prochain tour. Un bon total, étant donné que 11 clubs professionnels sont encore présents.

Pas de recette miracle

Les exploits réalisés par les clubs amateurs ne se rangent pas forcément tous derrière un complexe de supériorité des favoris. « Depuis une vingtaine d’années, les équipes amateurs n’en sont plus vraiment. Elles s’entraînent presque comme des pros, la plupart du temps au moins quatre fois par semaine. Techniquement, physiquement, l’écart de niveau s’est extrêmement réduit », explique Alfred Wahl, historien du football, à 20 minutes. Les méthodes d’entraînement professionnelles inspirent les amateurs. D’autant plus que de nombreux joueurs amateurs sont issus des mêmes centres de formation que leurs adversaires d’un soir. Esprit de revanche, agressivité et combativité sont souvent de la partie.

Malgré cela, les clubs amateurs n’ont pas de recette miracle pour battre les « gros ». Qu’y-a-t-il de commun entre l’épopée de Calais en 2000, qui atteint la finale, et les trois victoires d’affilées contre des écuries de Ligue 1 de Chambéry en 2011 ? Pas grand chose sinon de la gnaque, une tactique tenue à la lettre et qui met en échec les plus chevronnés des footballeurs français. Des exploits qui permettent des allers-retours entre monde amateur et foot pro. En 2009, un jeune amateur du club de Besançon brille contre l’Olympique de Marseille. Une prestation qui, si elle se solde par une défaite, attire l’œil de clubs professionnels. Le jeune footballeur, formé au FC Sochaux, en même temps qu’un certain Jérémy Menez, international français, signe en Ligue 2, au Stade Lavallois. Romain Hamouma est aujourd’hui à Saint-Etienne. Sans ce révélateur de la Coupe de France, ce joueur serait passé entre les mailles du filet des recruteurs.

Romain Hamouma a réussi sa carrière professionnelle en brillant chez les amateurs en Coupe de France © AFP

Le cas de Régis Brouard est aussi significatif. L’entraîneur de l’US Quevilly a réussi l’exploit d’emmener ses troupes en demi-finale, en 2010 et 2012. Un moyen de signaler que les clubs amateurs ont souvent des ressources insoupçonnées. Et que les clubs professionnels respectent cette réussite, en puisant dans ce vivier méconnu.

Regis Brouard a été récompensé par ses exploits en Coupe de France
Regis Brouard a été récompensé par ses exploits en Coupe de France © AFP

 

À la fin, ce sont toujours les professionnels qui gagnent

Si les « petits Poucets » brillent régulièrement, ils ne gagnent quasiment jamais. En 98 éditions (avant celle en cours), seuls deux clubs de niveau inférieur à la Ligue 1 l’ont emporté (Guingamp en 2009 et Le Havre en 1959). Des statistiques, qui montrent, malgré les exploits, l’écrasante supériorité des clubs professionnels. Mais qui passionne les foules et permet, le temps d’un match, de rêver à la victoire de David contre Goliath. « C’est la célébration des footballeurs ouvriers qui aiment le travail bien fait, les ‘petites patries’ de France dont on ne parle jamais, ça permet de montrer cette autre France, estime Paul Dietschy, historien du football, dans une interview au site francetvinfo. Encore aujourd’hui, on retrouve dans la Coupe de France cette notion d’égalitarisme qui travaille la société française : chacun a sa chance sur un match. »

Une chance qui s’amenuise, avec les investissements colossaux faits dans le foot professionnel. Le Paris Saint-Germain en est l’exemple parfait. Au niveau national, le PSG est intraitable, et ne laisse aucune bouchée à ses concurrents, et encore moins aux amateurs. Au stade des huitièmes de finale, le fossé entre les deux extrêmes, Granville (CFA2) et le PSG, qui s’affronteront peut-être au prochain tour, les statistiques montrent que les deux clubs ne rivalisent absolument pas :

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Pour beaucoup d’observateurs, ce creusement entre foot professionnel et amateur, entre la base et l’élite est dommageable pour la santé du sport, qui se coupe de ses valeurs. « On oublie souvent à quelque point le terme même de professionnel a pu fonctionner comme une insulte dans l’univers sportif, écrivent Florence Weber et Yvon Lamy dans la revue Genèse consacrée au thème du professionnalisme. Transformer une activité qui reposait sur une éthique du désintéressement en profession (…) ne s’est pas fait sans heurts et sans difficulté. » Mais la Coupe de France demeure une compétition qui permet de rêver et de croire en les chances du petit Poucet. Et nul doute que cette édition ne dérogera pas à la règle.

 

Clément Brault