Prévention anti-radicalisation: 200 cadres de l’enseignement ont été formés

Après les attentats de Charlie et ceux du 13 novembre qui ont secoués la France, l’Éducation nationale mise sur la prévention à la radicalisation. Depuis un an, elle a lancé une campagne de formation du corps enseignant. Le but ? Prévenir la radicalisation des jeunes, détecter les signaux, puis donner l’alerte.

Une salle de classe ENAC 2011. Crédits : David Aubert
Une salle de classe ENAC 2011. Crédits : David Aubert

Près de deux cents personnes du monde enseignant ont déjà été formées à lutter contre la radicalisation des jeunes. Ce sont en majorité des proviseurs, des inspecteurs ou des responsables académiques. Des sociologues viennent expliquer les processus d’embrigadement, et donnent les clés pour détecter à temps les signaux d’une radicalisation.

Parmi ces signaux, on trouve des propos antisociaux, une rupture avec l’école, avec la famille, un certain repli sur soi,  ou encore des paroles xénophobes. Dans ce cas-là, le proviseur doit alerter la préfecture de son département. Un livret sur la prévention a également été mis à disposition sur le site de l’Éducation nationale. Il détaille les signes d’alerte, et rappelle l’existence d’un Numéro vert, le 0 800 005 696, et d’un site consacré à la prévention,

Prévenir la radicalisation des jeunes

Même si ce projet de formation de prévention est encore à l’état d’embryon, puisqu’il ne concerne que 200 membres du corps enseignant, pour Luc Ferreiro, responsable du syndicat enseignant SE-UNSA à l’Académie de Créteil, interrogé par le Celsalab, cette initiative doit être encouragée. « C’est toujours bien de se former. On a parfois la tête dans le guidon et on a besoin d’une piqûre de rappel« .

Pour cet enseignant du second degré, prévenir la radicalisation passe par la prévention des discriminations. « Quand un élève se sent discriminé, isolé, c’est là qu’il y a un risque de déviance. C’est le rôle de l’Ecole d’apprendre à nos jeunes le « mieux vivre ensemble », ainsi que les principes de la République. La radicalisation, c’est vivre à part. Il faut donc lutter contre toute forme de discrimination, qu’elle concerne la couleur de peau, la religion ou encore l’orientation sexuelle. En cela, l’Ecole doit être l’outil d’une « bonne propagande » « , explique-t-il.

Or certains jeunes cachent leur mal-être, dissimulent certains signaux d’alerte. D’où la nécessité de se former pour comprendre le phénomène, et apprendre à ne pas rompre le lien avec les élèves.

Pour le psychanalyste Patrick Amoyel, spécialiste de la déradicalisation auprès des jeunes, il faut être très prudent : « Il ne faut pas vouloir à tout prix être dans un contre-discours idéologique et religieux » explique-t-il au micro de France Info. « Au contraire cette attitude risque de renforcer ses convictions. Il faut offrir des perspectives de revanche sociale par la réussite, ce qui est le rôle de tout éducateur. »

La formation anti-radicalisation est déjà actée dans certaines régions, comme par exemple dans certains lycées de Grenoble. Une nécessité face au chiffre grandissant de radicalisation chez les jeunes. Selon BFMTV, 617 cas de soupçons de radicalisation auraient été signalés par des professeurs  depuis septembre dernier. Et selon une étude de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste, près des deux-tiers des djihadistes français présents en Syrie et en Irak ont entre 15 et 21 ans.

La stratégie de l’Éducation nationale passe par la prévention, afin d’agir à la racine du problème. Or les formations du corps enseignant n’en sont qu’à leur début. Il devient urgent de multiplier ces initiatives, d’accélérer le processus.

Camille Roudet

Que répondre aux « haters » sur internet ?

Face à la montée des violences verbales sur les réseaux sociaux, les différentes associations s’activent. Respect Zone vient de publier une étude annonçant que plus de deux insultes sont publiées chaque seconde. Alors comment faire pour lutter contre la cyberviolence et les messages de ces « haters » ? Le CelsaLab vous donne quatre solutions.

L’étude de Kantar Media, commandée par l’association Respect Zone, ne laisse planer aucun doute : la cyberviolence continue de monter chez les jeunes. En 24h, plus de 200 000 insultes ont été répertoriées. Quant aux jeunes, plus de 40% disent avoir déjà été victimes d’une agression verbale, par le biais d’internet. Trouver des solutions face au harcèlement en ligne devient chose urgente.

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Pourquoi les théories du complot plaisent-elles tant ?

Najat Vallaud-Belkacem présentait aujourd’hui un nouveau plan de lutte pour réagir face aux théories du complot visant les jeunes. La ministre de l’Éducation s’alarmait en janvier 2014 qu’un jeune sur cinq adhère aux théories du complot. Plus largement, le think thank Counterpoint déclarait en 2014 que près de la moitié des Français adhéreraient, à différentes échelles, aux théories du complot. Tristan Mendès-France, spécialiste des nouvelles cultures numériques et du conspirationnisme explique pourquoi ces théories ont de plus en plus de succès.

  • Comment naît une théorie du complot ? 

Tristan Mendès-France : Le terreau des théories conspirationnistes, c’est une actualité très forte avec un impact significatif sur la population comme les attentats ou les crashes d’avion. Il suffit d’utiliser quelque chose de visuel, comme une vidéo, apportant des preuves de sa théorie et de la diffuser un maximum. Les réseaux sociaux jouent donc un rôle majeur. Si le contenu fait le buzz, il aura des chances de paraître sur des sites complotistes influents comme Egalité et Réconciliation. Mais beaucoup utilisent aussi Twitter pour interpeller les gens individuellement. En persuadant quelqu’un, cette personne relaiera certainement la théorie à son tour, et pourra convaincre sa communauté.

  • Pourquoi y adhère-t-on ?

Pas mal de gens ont du mal à accepter l’actualité anxiogène dans laquelle ils sont plongés. Dans le cas des attentats commis par l’Etat islamique, la logique derrière leurs actions n’est pas claire. On ne comprend pas où sont les bénéfices à tuer des civils. Ce n’est pas comme s’ils gagnaient du terrain lors d’un conflit militaire. Du coup, les gens ont du mal à rationaliser une action presque irrationnelle et se persuadent alors qu’il y a une explication derrière.

Mais il y a des publics plus fragiles que d’autres. Certains, par égocentrisme, diront « on ne me la fait pas à moi ». Eux seront convaincus d’avoir découvert la vérité dans la myriade d’informations qui les entoure. D’autant plus qu’il y aura un « effet mouton » ensuite. Il intègrera une communauté qui le confortera dans ses idées.

Évidemment, les jeunes sont une proie facile. Ils sont à un âge où ils sont emplis d’animosité envers le monde entier et en quête de leur identité. Cela les rend plus influençables. D’autant plus que les complotistes affichent clairement l’envie de viser l’audience de demain avec des vidéos percutantes.

  • Qu’est ce qui explique que le nombre d’adeptes soit de plus en plus important ?

Internet est le monde de tous les possibles. Or, les sites qui publient des informations à contre-courants, piquantes, engagées, plairont toujours. Surtout que souvent les versions des faits paraissent plus excitantes que les versions officielles. Par nature, l’alternative attire le regard. Et aujourd’hui, quelqu’un de mal averti peut facilement se faire avoir. Nous avons accès à l’ensemble des médias du monde. Quelqu’un qui cherche des informations sur Internet pourra tomber aussi bien sur Le Monde que sur Russia Today. Dans les deux cas, il pensera que l’information est fiable venant de médias nationaux. Pourtant Russia Today relaie régulièrement des théories du complot. Du coup, plus de personnes adhèrent aux théories complotistes car elles sont plus visibles. Mais, au fond, ce n’est que le ventre mou du conspirationnisme. Au coeur, il n’y a toujours qu’un faible nombre de personnes.

Propos recueillis par Cyrielle Cabot

 

 

Pour ses 10 ans, Le Bon Coin se réinvente

Le site leader dans les petites annonces fait peau neuve. Au programme : cap vers l’application mobile ainsi que vers l’offre d’emplois en ligne.

 

A picture taken with a fish-eye lens on May 20, 2014 in Paris shows the classifed advertisement website Leboncoin.fr. AFP PHOTO/JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET

Dix ans après sa création, en avril 2006, Le Bon Coin est devenu le leader des petites annonces entre particuliers. Avec 23 millions de visiteurs uniques par mois, le site se situe parmi les cinq sites les plus consultés de France, derrière Google et Facebook.

Si le succès du site n’est plus à faire, son design, lui, laissait pour le moins à désirer. Jugé “vieillot” par Antoine Jouteau, le directeur général du site, le logo ainsi que la « homepage » ont été modernisés. Testée actuellement en version bêta auprès de 1% des utilisateurs, la nouvelle version sera accessible à tous d’ici à un mois.

Au-delà de l’aspect purement esthétique, une version mobile va être mise en place. “ Plus de 55 % des consultations passent déjà par les mobiles, un taux qui pourrait monter à 70 % en fin d’année. Face à ce basculement, il devenait urgent de revoir le site”, confiait Antoine Jouteau au journal Le Monde.

Investir le marché de l’emploi

Autre défi pour le site : diversifier son catalogue d’offres. Aujourd’hui présent dans l’automobile, les biens de consommation en général et l’immobilier, le site entend rajouter une corde à son arc, celle de l’emploi. Le site qui propose déjà quelque 190 000 offres d’emploi en ligne, va mettre en place une offre plus complète notamment axée sur les cadres.

Le marché de l’emploi reste cependant très concurrentiel. Cadremploi, Regionsjob ou encore LinkedIn sont eux aussi présents sur ce créneau. Mais pour le dirigeant du site Le Bon Coin, il n’y a pas de soucis à se faire car à ce jour,  95% des offres déposées sur les sites concurrents concernent uniquement des postes d’employés ou d’ouvriers.

A.D.P.