Dove contraint de s’excuser pour une publicité jugée raciste

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Crédit : Capture d’écran Twitter

 

Dans cette publicité Dove, une femme noire devenait blanche une fois lavée. Ses dirigeants se sont excusés, plaidant une méprise. La vidéo a été supprimée, mais les internautes restent révoltés.

La marque de cosmétique Dove est contrainte de laver son linge sale en public ce lundi. En cause, une publicité en ligne présentant une femme noire devenue blanche une fois lavée. La marque, propriété du groupe néerlandais Unilever, a présenté ses excuses après avoir reçu de nombreuses accusations de racisme.

« Dans une image publiée cette semaine, nous sommes passés à côté en pensant représenter les femmes de couleur, et nous regrettons profondément le tort que cela a causé » déclare la marque sur Twitter.

La vidéo en question, une publicité d’une durée de trois secondes pour un savon liquide, montrait une femme noire enlevant un tee-shirt pour laisser apparaître une femme blanche et rousse, qui elle-même enlève son tee-shirt et laisse apparaître une troisième femme brune au teint mat.

Malgré les excuses publiques et le retrait de la vidéo, les internautes continuent d’appeler au boycott de la marque avec le mot clé #BoycottDove, rappelant que ce n’est pas la première fois qu’un dérapage de ce type est remarqué. En 2011, une publicité montrait déjà un avant/après, la femme la plus sale étant noire de peau, celle avec la peau blanche étant « la plus belle ». Une lotion pour « peaux normales à noires » avait également été pointé du doigt en mars 2015.

L’action d’Unilever était en baisse de 0,39% à la bourse de Londres ce lundi.

Louise Boutard

Le retour du redoublement à l’école

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, présente ce jeudi ses mesures pour l’école au Conseil supérieur de l’éducation. Le nouveau locataire de la rue de Grenelle compte rétablir le redoublement et réformer les rythmes scolaires.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education Nationale, précise ses réformes pour l'école.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, précise ce jeudi ses réformes pour l’école.

Il entend bien s’attaquer au « diplodocus » éducatif avec, au menu, le retour du redoublement. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer dans un entretien publié ce jeudi dans Le Parisien. Il souhaite redonner la possibilité de rester dans la même classe une année supplémentaire pour un élève en difficulté et, ce, dès la prochaine rentrée scolaire. « Il n’est pas normal d’interdire le redoublement », a-t-il déclaré.

Il marque ainsi sa différence avec sa prédécesseur, Najat Vallaud-Belkacem. En novembre 2014 elle avait pris un décret affirmant le « caractère exceptionnel du redoublement ». Il n’était possible que dans deux cas : pour des élèves absents pendant une longue durée pour des raisons personnelles ou à la demande des parents si leur enfant, après la troisième ou la seconde, ne pouvait pas intégrer la filière souhaitée. Des conditions strictes donc que le nouveau ministre souhaite supprimer. « Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards, assure-t-il. Le redoublement doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’élève, et dans des cas qui doivent rester rares ». Rare, exceptionnel… Les ministres successifs jouent avec les mots sur un sujet qui reste sensible. En France, en 2015, 22% des élèves de 15 ans ont déjà redoublé, soit deux fois plus que la moyenne des pays de l’OCDE selon l’étude PISA.

Stages de remise à niveau et « devoirs faits » à l’école

Cette mesure phare s’inscrit dans la volonté d’« accompagnement » des élèves. Pour cela des « stages de remise à niveau » seront également mis en place dès cette année pour les élèves entrant en sixième. Gratuits et d’une durée d’une semaine, ils seront d’abord proposés dans les zones d’éducation prioritaire. Ces heures de soutien seront assurées par des « enseignants volontaires, rémunérés sur la base d’heures supplémentaires ». Rien d’obligatoire pour les élèves mais elles seront « conseillées » à ceux en difficulté. Plus inattendu, le désir du ministre de mettre en place une « rentrée en musique ». Il aimerait développer l’apprentissage de la musique à l’école qui occupe une « place insuffisante » selon lui en France. « Je compte notamment faire en sorte qu’il y ait des chorales dans toutes les écoles et collèges », a-t-il affirmé.

Jean-Michel Blanquer a également pris un autre engagement pour la rentrée : la fin des devoirs à la maison. C’était une promesse du candidat Emmanuel Macron qui souhaitait rétablir les « études dirigées » au collège. Ce dispositif, appelé « Devoirs faits », sera là encore « sur la base du volontariat et gratuit ». « Nous sortons de l’hypocrisie : oui, il faut des devoirs, y compris au primaire », martèle-t-il. Les élèves seront accompagnés de « professeurs volontaires et des assistants d’éducation ». Le ministre lance un appel « aux étudiants ou jeunes diplômés qui ont envie de s’investir » ainsi qu’aux jeunes du service civique pour aider les collégiens.

Le serpent de mer des rythmes scolaires

Le nouveau ministre va-t-il détricoter la réforme des rythmes scolaires ? C’est la question que se pose la communauté éducative. Il a seulement laissé entendre qu’il mettrait en place des « consensus locaux », accordant ainsi plus d’autonomie aux collectivités. Il ouvre ainsi la porte à l’abandon de la semaine de quatre jours et demi. « Des gens sont insatisfaits localement – j’espère que c’est une minorité –, ce que nous faisons c’est ouvrir la possibilité, surtout pour le rentrée 2018, d’ouvrir le choix entre différentes formules », a-t-il expliqué mardi 6 juin au micro d’Europe 1. Le maire (LR) de Nice, Christian Estrosi, a d’ores et déjà annoncé qu’il reviendrait à la semaine de quatre jours dès septembre. Jean-Michel Blanquer donne donc la possibilité aux établissements de s’adapter avec l’accord des conseils d’école et de l’inspecteur d’académie. Une réforme que ne conseille pas le groupe de travail du Sénat sur les rythmes scolaires. Celui-ci vient de rendre ses conclusions et il recommande de ne pas revenir à la semaine de quatre jours. Ce « serait un mauvais signe car on ferait prévaloir le monde des adultes sur celui des enfants », a estimé Jean-Claude Carle, sénateur (LR) de Haute-Savoie.

Si le gouvernement décide de revenir à la semaine de quatre jours, les sénateurs proposent 5h30 d’enseignement maximum par jour. Ce qui impliquerait une réduction des vacances scolaires et un retour au modèle de… 2007.

Chloé TIXIER

3 questions à Jérôme, ancien chef de parti au restaurant Le Bristol

Crédits : Wikipédia
Crédits : CC – Grenouille verte

Comment s’organise le tri dans un restaurant ?

Tout ce qui est carton est trié. D’un point de vue hygiène, les cartons ne sont pas autorisés à rentrer dans la cuisine donc il faut les jeter en amont. C’est pour cela qu’ils sont triés. Pareil pour le verre. Par contre dans les cuisines le tri n’est pas respecté. Les emballages plastique, les cartons et les déchets organiques sont jetés dans une seule poubelle.

Et pourquoi le tri n’est-il pas respecté en cuisine ?

C’est impossible de trier pendant le service parce que ça prend trop de temps. Trier, c’est rajouter beaucoup de contraintes dans un milieu où il y en a déjà beaucoup. T’imagines, t’ouvres un pot de crème fraiche, tu le jette dans une poubelle, t’épluches un oignon, tu mets les épluchures dans une autre poubelle, c’est pas possible de faire le tri tout en travaillant rapidement. Et puis, il y a une désinformation par rapport à ce qui se met dans quelle poubelle. La viande, c’est un déchet organique ou pas ? Je la mets dans la nouvelle poubelle ou dans la poubelle verte ? Tout est chronométré, donc c’est vraiment un problème de temps, et si t’arrives à en dégager un peu tu donnes une pause à tes employés parce que leur bien-être passe avant. Il faudrait qu’il y ait également quelque chose à gagner pour le restaurateur qui fait le tri.

Que faudrait-il faire pour pallier ce problème ?

Peut-être faudrait-il développer des aides de l’Etat, en tout cas il faut quelque chose qui motive. Ou sinon mettre une amende aux personnes qui ne respectent pas le tri, comme en Californie, mais là les restaurateurs ne seraient pas contents. Les palaces essayent de mettre en oeuvre des démarches de tri mais c’est pour faire bonne figure mais c’est impossible à respecter en soi par manque de temps. Sur Paris, ce sont des grossistes qui livrent les restaurants, et les palaces par exemple utilisent des bacs en plastique réutilisables pour le transport de produits. Mais ça ne marche que parce que c’est des produits frais. En brasserie, avec les produits surgelés, ils doivent jeter beaucoup plus d’emballages et de déchets que les restaurants gastronomiques. Quand tu gères une entreprise, la première question c’est combien ça coûte, et combien ça va me rapporter, c’est tout. Les autres questions passent après.

Propos recueillis par Catherine Saliceti et Aline Bottin

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