Juan Branco en garde à vue après des accusations de viol

L’avocat Juan Branco a été entendu puis placé en garde à vue ce mardi 1er juin 2021 matin, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en avril par le parquet de Paris. Il est soupçonné de viol sur une jeune femme, rencontrée via Instagram.

Juan Branco a été placé en garde à vue ce mardi 1er juin 2021 à Paris. Il est soupçonné de viol. ©Wikimédia commons

Cela a été annoncé sur son compte Twitter : l’avocat et écrivain Juan Branco a été entendu puis placé en garde à vue ce mardi 1er juin 2021, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en avril par le parquet de Paris. Une jeune femme l’avait alors accusé de viol.

La jeune femme, rencontrée sur Instagram, âgée de 20 ans, a déposé une main courante à l’encontre de Juan Branco dans le commissariat du XIVème arrondissement. Elle l’avait informé de cet acte qu’elle s’apprêtait à réaliser.

Si une main courante, contrairement à une plainte, n’a pas vocation à engager obligatoirement des poursuites, le parquet de Paris s’est saisi de l’affaire et a lancé une enquête préliminaire contre l’avocat. Il a nié publiquement toutes ces accusations, déclarant une relation « consentie » avec la plaignante, dans un long post publié sur Facebook le 30 avril dernier.

Prise d’opiacé

Selon le journal Le Point, la jeune femme a déclaré avoir pris de la lamaline, un opiacé, avec Juan Branco. Celui-ci avait confirmé dans l’émission Touche pas à mon poste, et a comparé ce médicament à du doliprane.

Juan Branco s’est fait connaître de tous comme avocat de certaines figures des « gilets jaunes ». La publication de son ouvrage Crépuscule, dans laquelle il dénonce la politique d’Emmanuel Macron, l’a également propulsé sur le devant de la scène. Il est aussi l’avocat de l’artiste russe Piotr Pavlenski dans l’affaire de la diffusion, en 2020, de la vidéo à caractère sexuel de l’ex-porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, alors candidat à la mairie de Paris.

Marine Ledoux

 

Interdiction pour les plus vieux véhicules de circuler dans le Grand Paris

À partir du 1er juin, les plus anciens véhicules ne pourront plus circuler au sein du Grand Paris, sous peine d’amende. Une restriction qui ne fait pas l’unanimité au sein des automobilistes.

Embouteillages sur les Champs-Elysées. © AntonioMagri

La Zone à faibles émissions métropolitaines (ZEF), créée en 2019, se renforce : les restrictions s’appliquent dorénavant aux véhicules les plus anciens, avec des vignettes Crit’Air 4 et supérieures. À partir du 1er juin, ils ne pourront plus circuler au sein du Grand Paris. Une règle qui sera progressivement étendue aux véhicules classés Crit’Air 3 à partir de juillet 2022, et Crit’Air 2 en janvier 2024. Mais sur les réseaux sociaux, les critiques affluent.

Cette mesure ne fait pas l’unanimité, principalement car elle serait source d’inégalités. Alors que la crise sanitaire a durement touché les foyers, le Journal de l’automobile relève que le marché actuel connaît un regain de la vente d’occasion, plus économique. Les véhicules classés Crit’Air 4 et plus représentent 16% des véhicules sur le territoire national. Et l’âge moyen d’un véhicule français moyen est passé de 10,6 ans à 10,8 entre 2020 et 2021.

La ZEF est définie à l’intérieur de l’anneau de l’A86, zone de forte circulation journalière entre la grande et la petite couronne. Selon une enquête d’Île-de-France Mobilités et de l’Observatoire de la mobilité en Île-de-France, le nombre total de déplacements en voiture dans cette zone est de 14,8 millions par jour.

Une amende de 68 euros en cas d’infraction

De fait, l’interdiction concerne les voitures et deux-roues immatriculées avant le 31 décembre 2005 si moteur diesel, ou avant le 31 décembre 1996 si moteur essence. Ces véhicules seront interdits de circulation de 8 h à 20 h, hors jours fériés. Pour les bus et autocars, les restrictions s’appliquent tous les jours de l’année, aux mêmes horaires.

En cas d’infraction, le conducteur risque une amende de troisième classe, soit 68 euros. Mais plusieurs exceptions restent tolérées : l’interdiction de circuler ne concerne ni les personnes porteuses d’une carte « mobilité inclusion », ni les voitures de collection, ni les véhicules de secours ou d’approvisionnement de marchés. Les véhicules pour les déménagements, événements culturels ou tournages en sont aussi exemptés.

Charlotte De Frémont

Qu’est-ce qu’une vignette Crit’Air? Il s’agit d’un autocollant apposé sur le pare-brise du véhicule, et valable toute sa durée de vie. Il permet de le classer parmi les six catégories définies, du moins polluant (électrique) au plus polluant (niveau 5). Elle est délivrée selon les informations de la carte grise, et concerne tous les véhicules (voitures, deux-roues, poids lourds…). Les véhicules immatriculés avant 1997 n’entrent pas dans la classification.

Accidents d’avalanche : 39 décès cette saison, trois fois plus que l’an passé

L’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches (Anena) a dévoilé lundi 31 mai 2021 son bilan des accidents par avalanche de la saison 2020-2021 en France. Le bilan est plus lourd que les années précédentes, avec 134 accidents recensés, et 39 décès.

Sur la saison 2020-2021, 134 accidents d’avalanche ont été recensés en France, et 39 décès sont à déplorer. © Illustration / Pixabay

La saison des sports d’hiver est terminée, l’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches (Anena) a dévoilé, lundi 31 mai, son bilan : 134 accidents ont fait plus de 270 victimes, dont 39 décès.

Ces chiffres sont nettement plus élevés que les années précédentes : sur la saison 2019-2020, l’association avait recensé 48 accidents, et douze décès. Depuis plus de cinquante ans, la moyenne était autour de vingt morts lors d’un accident d’avalanche.

Les pistes de ski ainsi que les remontées mécaniques étant fermées, nombre de français se sont essayés au ski de randonnée, mais les domaines skiables n’étaient pas forcément sécurisés. Le ski de randonnée a été responsable de 37 des 39 décès en montagne cette année, les deux autres étant liés à l’alpinisme.

Des conditions météo défavorables 

Si le Covid-19 et les restrictions sanitaires peuvent paraître indirectement liées à cette hausse du nombre de morts en montagne, ce n’est pas la seule explication. Le manteau neigeux était « instable », notamment en raison des conditions météorologiques : il a fait plus chaud qu’à l’accoutumée, même en haute montagne.

https://twitter.com/Prefet74/status/1395660788560433155?s=20

L’association a précisé dans un communiqué que la plupart des victimes étaient des « skieurs expérimentés », et nombre d’entre eux étaient « guides ou montagnards aguerris ».

Marine Ledoux

Fin de la trêve hivernale : elle vit sous la pression de l’avis d’expulsion

Ce lundi 31 mai signe la fin de la trêve hivernale, repoussée de deux mois en raison de l’épidémie de Covid-19. À compter de mardi, Anne, comme près de 30 000 foyers, risque désormais l’expulsion. 

Cela fait 10 mois qu’Anne, mère de quatre enfants, n’a pas pu payer son loyer de 900 euros. © Pixabay

« Je suis parent isolé, femme isolée et auto-entrepreneuse, tous les points de fragilité sont réunis. Alors, même avec toute la bonne volonté du monde, c’est difficile », se désole Anne (le prénom a été modifié), 54 ans, lorsqu’elle évoque sa situation financière. Avec quatre enfants à charge et un avis d’expulsion en cours de négociation, cette professeur de piano, résidente d’un HLM d’une petite ville des Yvelines, s’inquiète de la fin de la trêve hivernale.

Il y a encore deux ans, Anne n’aurait jamais pensé se retrouver dans une telle situation. La quinquagénaire, qui donne des cours de piano depuis plus de trente ans, jouit d’une situation plutôt stable : « Cela fait cinq ans que je travaille dans une école privée, explique-t-elle. À une époque, je donnais même jusqu’à 35 heures de cours par semaine. Un fait rare dans l’enseignement, puisqu’un contrat à temps plein tourne généralement autour des 25 heures ».

Une perte d’aides au logement déterminante

Avec un revenu net annuel d’environ 30 000 euros, elle reconnaît « bien gagner » sa vie. Mais à cela il faut ajouter les nombreuses dépenses fixes dont elle ne peut se départir, telles que la location de la salle de l’école où elle donne cours, les frais d’essence et d’entretien de son véhicule, ou encore les diverses charges liées à sa famille nombreuse. « À la fin, il ne me reste plus qu’un SMIC pour vivre, tout en sachant que mon loyer s’élève à 900 euros », expose méthodiquement Anne, après avoir fait pour la énième fois son calcul.

Jusqu’en 2019, elle bénéficiait de différentes aides qui lui permettaient de s’occuper de ses enfants convenablement. C’est un recalcul de ses droits qui à fait sombrer la famille dans un « engrenage infernal ». Du jour au lendemain, Anne se voit couper son aide personnalisée au logement (APL), élément essentiel de l’équilibre financier du foyer. L’arrêt des versements, qui ne devait être que temporaire – le temps de recalculer son quotient familial – s’est finalement prolongé, laissant la mère de famille dans l’incapacité de régler son loyer. Une situation qu’elle qualifie d’ « inexplicable ». « En plus, en juillet, août, les cours de piano tournent au ralenti », explique-t-elle, de quoi rendre la situation économique d’autant plus tendue.

« Une fois que la machine est enclenchée, c’est fini »

Pour palier ces manques, elle obtient de sa banque un découvert autorisé plus important. Un geste qui ne suffit pas à la sortir de l’embarras, mais qui au contraire, l’entraîne dans la spirale de l’endettement. « Je suis quelqu’un de volontaire, je peux soulever des montagnes pour réussir, mais, à un moment donné, je n’y arrivais plus, j »étais fatiguée »se remémore-t-elle. Lassée de la complexité du parcours administratif et des difficultés à trouver le bon interlocuteur, elle reconnaît avoir un temps cessé de répondre aux administrations. Submergée par un « ras-le-bol général », qu’elle regrette aujourd’hui, car, selon elle, « une fois que la machine est enclenchée, c’est fini ».

Ce qui la désole le plus : le cercle vicieux des administrations. « Sans APL, je ne peux pas payer mon loyer, mais si je ne paye pas mon loyer, les APL sont bloquées. Quant aux solutions de relogement pour payer moins cher, elles sont elles aussi gelées tant que ma dette n’est pas réglée. C’est le serpent qui se mord la queue ! ». À ce jour, entre ses dix mois de loyers impayés et la crise sanitaire qui ralentit son activité, sa dette avoisine les 8 000 euros. Il y a quelques semaines, le couperet est tombé : un avis d’expulsion lui est adressé et son bail est clôturé.

Accompagnée par une association

Dans l’incapacité d’engager un avocat pour l’accompagner dans ses démarches, Anne s’est tournée vers l’association Droit au logement  (DAL) des Yvelines. Celle-ci la conseille et l’appuie dans ses démarches pour faire appel de la décision. « Tant que nous sommes en discussion, l’expulsion ne peut pas avoir lieu », se rassure-t-elle. En parallèle, elle espère bénéficier du Fonds de solidarité au logement (FSL), qui lui permettrait de s’acquitter de la majeure partie de sa dette.

« Ce qui est étonnant dans le cas de cette dame, c’est qu’elle n’a pas le profil typique d’une personne qui se retrouve dans ce genre de situation, expose Etienne Recht du comité DAL. C‘est une personne de classe moyenne, avec un parcours de vie plutôt solide. »

Dans l’attente de la décision, Anne continue d’occuper son logement avec ses enfants. « Les deux grands m’aident pour régler les indemnités d’occupation – qui se sont soustraites au loyer –  C’est grâce à eux que je peux rester dans les lieux, sinon c’était direct la rue », explique-t-elle

La trêve hivernale, prolongée de manière exceptionnelle deux années consécutives, s’interrompt ce mardi 1er juin, après deux mois de sursis supplémentaires accordés par ordonnance le 10 février dernier. La reprise des expulsions menacent cette année environ 30 000 ménages, soit 66 000 personnes selon un communiqué de la Fondation Abbé Pierre, publié le 24 mai. En 2020, très peu d’expulsions avaient été comptabilisées en raison de la pandémie de Covid-19, « seulement 3 200 personnes ont perdu leur logement l’an passé, notamment grâce aux mesures prises par le gouvernement qui rend obligatoire le fait de fournir une solution de relogement en cas d’expulsion», atteste un membre de la fondation. Les dossiers se sont donc accumulés, créant une sorte de « bombe à retardement ». 

Lisa Debernard