L’impasse de la contraception chez les femmes : quand aucune alternative ne convient.

Cerazette, Optimizette, Antigone, Desopop…Ces pilules micro-progestatives contenant du désogestrel font l’objet de plusieurs rappels auprès des professionnels par l’Agence du médicament (ANSM) depuis 2025. En septembre 2026, 1,6 millions de femmes sont averties par l’ANSM du risque de méningiome lié à la présence de désogestrel dans leur contraception. Des examens médicaux et une vigilance accrue sont fortement conseillés auprès de ces femmes. Ce risque de santé lié à la contraception est loin d’être un cas unique. Au contraire, de nombreuses femmes se trouvent au pied du mur face à ces questions. Désorientées par l’absence d’une alternative positive, les femmes ne savent plus vers quoi se tourner en terme de contraception.

 

Trouver la “bonne” contraception

 

« Présence d’un méningiome de nature bénigne » s’inscrit noir sur blanc sur la feuille de résultats d’IRM cérébrale de Schana. La jeune femme de 28 ans s’est vu prescrire cet examen après une consultation occasionnelle chez sa gynécologue en juillet 2026. Depuis plus de 9 ans, Schana prend la pilule Antigone, une de ces pilules micro-progestatives avec du désogestrel rappelé dernièrement par l’ANSM. L’Agence du médicament alerte principalement sur la prise de la contraception au-delà de 5 ans, et sur les femmes de plus de 45 ans. Sans réelle avertissement médicale au préalable, Schana n’a « jamais été prévenu des risques de ce type de pilule…sans inclure évidemment les effets secondaires comme les maux de tête, les changements d’humeur et j’en passe ! »

Depuis la découverte de ce méningiome bénin, « pour l’instant sans danger donc, avoue-t-elle, je pense vouloir arrêter la pilule définitivement ». Découragée par la difficulté de trouver la « bonne » contraception, Schana fait ressentir un sentiment d’abandon concernant la contraception. Après avoir essayé l’implant pendant 4 ans qui lui a valu « des migraines quotidiennes, une baisse de libido, des idées noires et une humeur très changeante », la jeune femme s’interroge : « Pourquoi pas tenter un stérilet ? Ça me laisse tout de même perplexe…»

 

“Rien de très satisfaisant”

 

L’impasse à la contraception se fait aussi sentir chez Ella. L’étudiante de 22 ans fait partie des femmes prenant ces pilules avec du désogestrel : « Je n’ai pas été rappelée mais j’ai vu passer le nom de ma pilule Optimizette. La pharmacie en bas de chez moi me l’a confirmé ». La jeune femme attend avec impatience son rendez-vous avec sa gynécologue et se dit “stressée” de devoir passer des examens médicaux. Atteinte d’endométriose – comme 10 % des femmes – elle est consciente du peu d’alternatives qui s’offrent à elle. « Je vais devoir changer de pilule, mais je ne pense pas changer de moyen de contraception car rien n’est vraiment satisfaisant comme équivalent quand on est touché par l’endométriose ». Informée sur les effets néfastes avant même la prise de cette pilule, « ma gynéco m’a toujours averti des différents problèmes liés à la pilule, en m’indiquant aussi qu’elle ne voyait pas de moyen aussi adapté pour moi…». Impuissante face à la proposition du marché contraceptif, la jeune femme n’y trouve pas son compte. Et l’idée d’une contraception masculine ne l’enchante pas non plus…

 

Et si ça concernait les hommes ?

 

La contraception est socialement la responsabilité des femmes. Mais depuis quelques années, plusieurs moyens de contraception masculine apparaissent sur le marché : anneau ou slip chauffant, injections hormonales… Si Ella – obligé de prendre la pilule à cause de l’endométriose – « ne vois pas l’intérêt que mon copain utilise un moyen de contraception », elle reconnaît que le sujet reste tabou chez les hommes et qu’ils devraient « prendre cette charge ou du moins restés ouvert à la discussion ».

Schana reconnaît cette responsabilité induite « par obligation ou par défaut ». Elle s’indigne :  « On parle souvent de liberté sexuelle, mais cette liberté représente une forme d’inégalité car nous, les femmes, supportons la charge mentale de devoir y penser mais aussi des risques médicaux qui peuvent suivre. » Si elle suppose que son compagnon pourrait franchir le cap, Schana s’inquiète du peu d’information et de prévention autour de la contraception chez les hommes.

Depuis les années 1970, les études sur la contraception masculine paraissent. Pourtant, il n’existe encore aucune réelle méthode vendue sur le marché européen. Dans une interview menée par FranceInfo en août 2026, le docteur Alan Charissou justifie la lenteur de ce développement par l’absence « d’intérêt économique à ce que ça se fasse. Le marché de la contraception global est dominé par la contraception hormonale chez la femme qui représente une part colossale » En 2025, ce marché représentait 19,44 milliards de dollars en 2025. Alors s’il n’y a pas d’intérêt sur le plan économique, ce n’est pas non plus sur le plan politique que la contraception masculine est au centre du sujet. 

Les professionnels du métier reconnaissent l’utilité de « l’anneau contraceptif. Mais il faut le porter 15h par jour », déplore la sage-femme au cabinet IPSO Loreleï Depiere. Elle et sa collègue Doris Longhi mettent d’abord en avant le préservatif. « C’est la seule contraception sans effets secondaires et fiables ! », pointe Loreleï Depiere. « C’est remboursé et ça protège des IST », rebondit Doris Longhi. 

Emma Kerbourc’h

Hantavirus sur le navire MV « Hondius » : plusieurs passagers identifiés après une escale à Sainte-Hélène

L’épidémie d’hantavirus détectée à bord du navire de croisière MV « Hondius » continue de susciter l’inquiétude des autorités sanitaires internationales. Alors que trois décès ont déjà été enregistrés, l’exploitant Oceanwide Expeditions a indiqué que trente passagers avaient quitté le bateau lors d’une escale sur l’île de Sainte-Hélène, au cœur de l’Atlantique Sud, le 24 avril.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, la compagnie néerlandaise a précisé que les 30 personnes débarquées incluaient le corps d’un passager décédé à bord le 11 avril. Oceanwide Expeditions affirme désormais travailler à identifier l’ensemble des passagers et membres d’équipage ayant embarqué ou quitté le navire depuis le 20 mars, afin de retracer les éventuels contacts liés au foyer de contamination. Le bateau est touché par une flambée d’hantavirus Andes, une forme rare et potentiellement mortelle de maladie respiratoire.

Face aux inquiétudes grandissantes, la Commission européenne a toutefois cherché à rassurer. « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter », a déclaré aujourd’hui la porte-parole Eva Hrncirova, estimant que le risque sanitaire pour les Européens demeurait « faible ». Cette réaction intervient alors qu’une hôtesse de l’air de la compagnie néerlandaise KLM fait actuellement l’objet d’un dépistage après avoir été en contact avec une passagère décédée.

À Singapour, deux résidents présents à bord du MV Hondius ont été placés à l’isolement dans l’attente des résultats de leurs tests, selon le Centre national des maladies infectieuses. Les autorités ont indiqué que l’un des deux patients présentait un simple écoulement nasal tandis que l’autre ne montrait aucun symptôme. Le pays estime pour l’heure que le risque de propagation au sein de la population reste limité.

Salomé Ferté

Parkinson : l’agence du médicament tire la sonnette d’alarme sur les dérives comportementales des traitements

Des addictions aux jeux d’argent, une hypersexualité ou encore des achats compulsifs : l’ANSM alerte sur les effets indésirables méconnus des médicaments dopaminergiques prescrits contre la maladie de Parkinson et appelle à une meilleure information des patients.

Prescrits pour compenser le déficit en dopamine à l’origine des tremblements et de la rigidité musculaire caractéristiques de la maladie, ces traitements peuvent provoquer chez certains patients des comportements compulsifs aux conséquences parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle. L’agence sanitaire souligne que ces effets peuvent apparaître progressivement, sans que le patient en ait conscience, y compris à faible dose ou après plusieurs années de traitement. Pour certaines molécules, comme le pramipexole, ces troubles du contrôle des impulsions peuvent toucher jusqu’à une personne sur dix.

L’ANSM appelle les professionnels de santé à informer « systématiquement » leurs patients et à impliquer les proches dans la surveillance des signes d’alerte. Un appel qui fait écho aux inquiétudes de France Parkinson, qui estimait encore le mois dernier que l’information délivrée lors des prescriptions restait insuffisante.

Marie Billat