Présidentielle : investiture populaire ou parrainage par les élus, Jean-Luc Mélenchon rouvre le débat

Jean-Luc Mélenchon a annoncé lundi soir sa candidature à la présidentielle demandant au moins 150.000 parrainages citoyens pour confirmer sa participation. Ils ont été atteints en 24 heures. Ce nouveau système pourrait replacer les citoyens au centre du processus électoral.

C’était à 20 h, lundi 4 mai. Jean-Luc Mélenchon, invité du journal télévisé de TF1, a déclaré sa candidat à l’élection présidentielle de 2027 sous l’étiquette de La France insoumise (LFI), pour la quatrième fois. Celui que certains militants de gauche surnomment « le Vieux » a toutefois assorti sa candidature d’une condition.

Capture d’écran du site de parrainage citoyen lancé par Jean-Luc Mélenchon à l’aune de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Crédit : site internet melenchon2027.fr

Un appel au soutien populaire…

Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel au « soutien populaire » pour être investi directement par les citoyens. Sur une plateforme dédiée, chacun peut ainsi parrainer sa candidature, avec un seuil fixé à 150 000 signatures pour validation.

Ce mode d’investiture avait déjà été utilisé en 2022 : le seuil avait alors été atteint en quatre jours. Cette année, il n’aura fallu que 24 heures pour franchir ce cap, et la plateforme compte déjà plus de 215 000 signatures moins de 48 heures après son lancement.

Le principe du parrainage citoyen n’est pas une invention de La France insoumise. Il avait notamment été évoqué par Lionel Jospin dans un rapport en 2012, qui proposait de remplacer les 500 parrainages d’élus par 150 000 signatures citoyennes. « Nous nous l’appliquons donc à nous-mêmes », explique Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône.

… pour garantir une légitimité aux candidats

Ce dispositif repose sur un constat critique du système actuel : celui d’une investiture par les élus jugée problématique. Le parrainage des maires pourrait créer une forme de pression, certains pouvant se retrouver en difficulté politique, explique Jean-Luc Mélenchon dans une vidéo publiée sur la plateforme de parrainage.

« Pour un résultat démocratique qui n’est pas satisfaisant », estime Manuel Bompard. Selon lui, l’investiture populaire permettrait de redonner le pouvoir de sélection aux citoyens et de renforcer la légitimité des candidats, tout en favorisant l’engagement contre l’extrême droite. Le député détaille également un système de vérification des signatures, reposant sur une authentification par SMS et des outils de détection des comportements anormaux, afin de garantir « l’authenticité des soutiens ».

Dans la perspective d’une arrivée au pouvoir, LFI souhaite inscrire ce mécanisme dans une réforme plus large du système institutionnel. « L’élaboration de telles réformes sera confiée directement aux citoyens via l’assemblée constituante qui préparera la VIe République », précise Manuel Bompard.

L’obligation de réviser la loi organique

Si l’idée peut séduire sur le plan politique, sa mise en œuvre juridique serait complexe. La Constitution de 1958 et la loi organique du 6 novembre 1962 encadrent strictement l’élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel a validé le système actuel des parrainages d’élus comme conforme aux principes électoraux.

Pour instaurer un parrainage citoyen, il faudrait donc modifier la loi organique, voire engager une révision constitutionnelle. Une telle réforme nécessiterait notamment un vote à la majorité absolue de l’Assemblée nationale.

Cette réforme de l’investiture populaire s’inscrirait, selon LFI, dans un ensemble plus large de propositions : lutte contre la mauvaise inscription sur les listes électorales, introduction du référendum d’initiative citoyenne, et refonte des institutions dans le cadre de la VIe République.

Madeleine Meunier

Une étude révèle que les femmes sont faiblement représentées dans les intercommunalités

Selon une étude de l’association intercommunalités de France, les femmes sont sous représentées à la tête des exécutifs. Seulement 14,6% des intercommunalités en France sont dirigées par des femmes. Un chiffre, certes en hausse par rapport à 2020 mais qui n’a pas répondu aux attentes liées au nouveau mode de scrutin dans les petites communes.

Les femmes sont sous-représentées aux têtes des intercommunalités. Seules 14,6% d’entre-elles sont dirigées par une femme en 2026, selon une étude. Un taux en hausse de trois points par rapport en 2020 mais en deçà des attentes liées à la réforme du mode de scrutin dans les petites communes. La disparité est aussi présente selon les régions. Les bons élèves de la féminisation, où plus d’une présidence sur cinq est assurée par une femme, sont la Normandie (27,5%) et la Bretagne (20%). À l’inverse, en Corse (5,3%) et dans le Grand Est (8,7%), moins d’un président sur dix est une présidente.

Parmi les principaux freins de cette féminisation, la faible part de femmes maires (23% contre 20% en 2020) alors que le scrutin de liste paritaire a été étendu pour la première fois aux communes de moins de 1.000 habitants. « Mécaniquement, le progrès à la tête des intercommunalités n’a pas pu être à la hauteur de ces attentes. La plupart des quelque 35.000 communes que compte le pays « ne sont représentées que par un seul élu dans leur intercommunalité, donc un homme dans la plupart des cas », souligne l’étude.


Le maire de Rouen dépose plainte pour menace de mort

Le maire PS, Nicolas Mayer-Rossignol, a déposé plainte mercredi pour « menace de mort » après un commentaire publié sur un média local d’information en ligne. L’élu a dénoncé dans un post sur Facebook les « violences quotidiennes » auxquelles il est exposé.

Une plainte pour « menace de mort » a été déposée mercredi par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol. Elle vise notamment un commentaire publié le 26 avril par un internaute sur le site 76 actu indiquant : « il faut mettre une balle au maire et recommencer comme avant. » Le socialiste précise dans sa plainte qu’il a répondu à ce commentaire en « demandant à cette personne de retirer le message » et que cela n’avait pas été fait. Le service de presse du maire a alors contacté le média local et le message litigieux a été retiré.

Le maire socialiste a dénoncé dans un post sur Facebook les « violences quotidiennes » auxquelles il est exposé en tant qu’élu. « Les réseaux sociaux et les médias doivent prendre leurs responsabilités et modérer l’inacceptable », a-t-il aussi fustigé.

 



« Il est trop tôt pour se déclarer candidat » : Raphaël Glucksmann réaffirme son opposition à une primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a déclaré ce matin sur France 2 qu’il est « bien trop tôt pour se déclarer candidat à la présidentielle ». Toujours hostile à une primaire à gauche, l’eurodéputé a ajouté que la gauche « non-mélenchoniste sera suffisamment adulte pour désigner le meilleure candidat ».

« Ce qui m’obsède, c’est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l’élection présidentielle », a affirmé Raphaël Glucksmann ce matin sur France 2. L’eurodéputé a par ailleurs réaffirmé son opposition à une primaire de la gauche. Une démarche qui était défendue la veille dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain ou François Ruffin. Il a défendu la démarche de « rassemblement » initiée par une quarantaine d’élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l’écologiste Yannick Jadot. Dans ce rassemblement, « on se met d’accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (…) Et on sera suffisamment adulte pour qu’il y en ait qu’un ou une », a-t-il affirmé.

Le coprésident de Place Publique est le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centregauche. Il a également jugé « parfaitement normale » la candidature du leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, « parce qu’en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes ».