Les Algériens en situation irrégulière seront de nouveau expulsés, confirme Laurent Nunez

Après plus d’un an d’interruption liée à la crise entre Paris et Alger, les expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière ont repris. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé, jeudi 7 mai, le chiffre de 140 reconduites à la frontière depuis le début de l’année, résultat d’une diplomatie apaisée avec l’Algérie.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé ce jeudi la reprise des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière, avec 140 reconduites à la frontière effectuées depuis le début de l’année et 120 laissez-passer délivrés par Alger. Ce mouvement s’est relancé après sa visite en Algérie à la mi-février, alors qu’aucun laissez-passer n’avait été accordé depuis plusieurs mois. « Les choses se sont réamorcées », a-t-il déclaré sur CNews et Europe 1, tout en reconnaissant qu’il faudrait « faire mieux » et « faire plus ».

Prochaine étape selon le ministre : l’organisation de vols groupés, permettant d’expulser plusieurs ressortissants dans un même avion, un dossier sur lequel il souhaite « aboutir assez vite ». 700 Algériens occupent actuellement des places en centres de rétention administrative, soit 30 à 40 % des 2 000 places disponibles en France. Ces avancées interviennent après une grave crise diplomatique déclenchée à l’été 2024, lorsque Paris a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Depuis son arrivée au ministère, Laurent Nuñez a privilégié l’apaisement avec Alger, tranchant avec la ligne plus dure de son prédécesseur Bruno Retailleau.

Madeleine Meunier

Présidentielle 2027: pourquoi l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche patine

Face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et aux divisions du Parti socialiste, l’idée d’une primaire de la gauche peine à se concrétiser. Pourtant, ses partisans continuent de défendre le processus unitaire, convaincus qu’il reste le seul chemin possible vers une victoire en 2027.
Manuel Bompard, Marine Tonnelier, Lucie Castets, Olivier Faure et Fabien Roussel à Paris, le 23 août 2024 (de gauche à droite). Libre de droit

L’union de la gauche n’est-elle plus qu’un lointain souvenir ? Les principaux cadres de la gauche favorables à une primaire ont de nouveau plaidé pour une candidature unique lors d’un meeting organisé à La Bellevilloise, à Paris, mardi 5 mai. Sur scène figuraient notamment la patronne des Écologistes Marine Tondelier, Lucie Castets, François Ruffin, Benjamin Lucas et Clémentine Autain.

Cette dernière a dressé un constat sévère : « On ne va pas se raconter d’histoires : la primaire a du plomb dans l’aile », a-t-elle déploré, selon Le Monde. Pourtant, ses défenseurs considèrent que seul le rassemblement peut permettre à la gauche de se qualifier au second tour : « S’il n’y a pas cette dynamique unitaire commune, on n’aura pas la force nécessaire pour battre le Rassemblement national », estime Danielle Simonnet, députée L’Après de Paris, auprès du CelsaLab.

La dynamique unitaire fragilisée

L’idée d’un « front populaire » en vue de la prochaine élection présidentielle apparaît aujourd’hui fragilisée. Dernier épisode en date : la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), dimanche 3 mai sur TF1. « Nous, c’est carré : une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il affirmé, semblant railler la dispersion des candidatures à gauche hors LFI. Moins de 24 heures après cette annonce, l’ancien socialiste a recueilli plus de 150 000 signatures en soutien à sa candidature via une plateforme participative.

À ces tensions s’ajoutent les divisions du Parti socialiste. Le premier secrétaire Olivier Faure fait face à une opposition interne hostile à l’idée d’une primaire, certains préférant que le parti désigne son propre candidat. Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, plaide ainsi pour une candidature issue du PS. Dans l’espace social-démocrate, Raphaël Glucksmann, François Hollande et l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve affichent également leurs ambitions, tandis que le député Jérôme Guedj a déjà annoncé sa candidature en février dernier sur France Inter.

La primaire plébiscitée par une majorité des électeurs

Selon une enquête Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs publiée en avril par Le Monde, 80 % des sympathisants de gauche hors LFI se disent favorables à une primaire sans les insoumis.

Pour l’heure, le scénario d’une gauche divisée au premier tour de la présidentielle se dessine, au risque de la priver d’un second tour pour la troisième fois consécutive. Dans La Dépêche, le politologue Rémi Lefebvre se montre prudent : « Si se profile le risque d’une débâcle de la gauche, la société civile et les intellectuels peuvent se mobiliser pour exiger des partis politiques une primaire. »

Rayan Saibi

Présidentielle : investiture populaire ou parrainage par les élus, Jean-Luc Mélenchon rouvre le débat

Jean-Luc Mélenchon a annoncé lundi soir sa candidature à la présidentielle demandant au moins 150.000 parrainages citoyens pour confirmer sa participation. Ils ont été atteints en 24 heures. Ce nouveau système pourrait replacer les citoyens au centre du processus électoral.

C’était à 20 h, lundi 4 mai. Jean-Luc Mélenchon, invité du journal télévisé de TF1, a déclaré sa candidat à l’élection présidentielle de 2027 sous l’étiquette de La France insoumise (LFI), pour la quatrième fois. Celui que certains militants de gauche surnomment « le Vieux » a toutefois assorti sa candidature d’une condition.

Capture d’écran du site de parrainage citoyen lancé par Jean-Luc Mélenchon à l’aune de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Crédit : site internet melenchon2027.fr

Un appel au soutien populaire…

Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel au « soutien populaire » pour être investi directement par les citoyens. Sur une plateforme dédiée, chacun peut ainsi parrainer sa candidature, avec un seuil fixé à 150 000 signatures pour validation.

Ce mode d’investiture avait déjà été utilisé en 2022 : le seuil avait alors été atteint en quatre jours. Cette année, il n’aura fallu que 24 heures pour franchir ce cap, et la plateforme compte déjà plus de 215 000 signatures moins de 48 heures après son lancement.

Le principe du parrainage citoyen n’est pas une invention de La France insoumise. Il avait notamment été évoqué par Lionel Jospin dans un rapport en 2012, qui proposait de remplacer les 500 parrainages d’élus par 150 000 signatures citoyennes. « Nous nous l’appliquons donc à nous-mêmes », explique Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône.

… pour garantir une légitimité aux candidats

Ce dispositif repose sur un constat critique du système actuel : celui d’une investiture par les élus jugée problématique. Le parrainage des maires pourrait créer une forme de pression, certains pouvant se retrouver en difficulté politique, explique Jean-Luc Mélenchon dans une vidéo publiée sur la plateforme de parrainage.

« Pour un résultat démocratique qui n’est pas satisfaisant », estime Manuel Bompard. Selon lui, l’investiture populaire permettrait de redonner le pouvoir de sélection aux citoyens et de renforcer la légitimité des candidats, tout en favorisant l’engagement contre l’extrême droite. Le député détaille également un système de vérification des signatures, reposant sur une authentification par SMS et des outils de détection des comportements anormaux, afin de garantir « l’authenticité des soutiens ».

Dans la perspective d’une arrivée au pouvoir, LFI souhaite inscrire ce mécanisme dans une réforme plus large du système institutionnel. « L’élaboration de telles réformes sera confiée directement aux citoyens via l’assemblée constituante qui préparera la VIe République », précise Manuel Bompard.

L’obligation de réviser la loi organique

Si l’idée peut séduire sur le plan politique, sa mise en œuvre juridique serait complexe. La Constitution de 1958 et la loi organique du 6 novembre 1962 encadrent strictement l’élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel a validé le système actuel des parrainages d’élus comme conforme aux principes électoraux.

Pour instaurer un parrainage citoyen, il faudrait donc modifier la loi organique, voire engager une révision constitutionnelle. Une telle réforme nécessiterait notamment un vote à la majorité absolue de l’Assemblée nationale.

Cette réforme de l’investiture populaire s’inscrirait, selon LFI, dans un ensemble plus large de propositions : lutte contre la mauvaise inscription sur les listes électorales, introduction du référendum d’initiative citoyenne, et refonte des institutions dans le cadre de la VIe République.

Madeleine Meunier

Une étude révèle que les femmes sont faiblement représentées dans les intercommunalités

Selon une étude de l’association intercommunalités de France, les femmes sont sous représentées à la tête des exécutifs. Seulement 14,6% des intercommunalités en France sont dirigées par des femmes. Un chiffre, certes en hausse par rapport à 2020 mais qui n’a pas répondu aux attentes liées au nouveau mode de scrutin dans les petites communes.

Les femmes sont sous-représentées aux têtes des intercommunalités. Seules 14,6% d’entre-elles sont dirigées par une femme en 2026, selon une étude. Un taux en hausse de trois points par rapport en 2020 mais en deçà des attentes liées à la réforme du mode de scrutin dans les petites communes. La disparité est aussi présente selon les régions. Les bons élèves de la féminisation, où plus d’une présidence sur cinq est assurée par une femme, sont la Normandie (27,5%) et la Bretagne (20%). À l’inverse, en Corse (5,3%) et dans le Grand Est (8,7%), moins d’un président sur dix est une présidente.

Parmi les principaux freins de cette féminisation, la faible part de femmes maires (23% contre 20% en 2020) alors que le scrutin de liste paritaire a été étendu pour la première fois aux communes de moins de 1.000 habitants. « Mécaniquement, le progrès à la tête des intercommunalités n’a pas pu être à la hauteur de ces attentes. La plupart des quelque 35.000 communes que compte le pays « ne sont représentées que par un seul élu dans leur intercommunalité, donc un homme dans la plupart des cas », souligne l’étude.