La police face à ses propres institutions

Plusieurs centaines de policiers s’étaient donné rendez-vous devant le siège de l’IGPN, masques blancs ou écharpes sur le visage. Ils manifestaient leur soutien à Guillaume Lebeau, convoqué par la police des polices, en raison de son comportement durant les manifestations de la semaine passée.

Cette nouvelle manifestation cristallise les tensions grandissantes au sein de l’institution policière. Depuis plusieurs semaines, les policiers manifestent leur mécontentement envers le gouvernement, mais aussi envers leurs institutions. Le 26 octobre, les syndicats policiers, et notamment le syndicats majoritaire Alliance, avaient déjà été dépassés par leur base. Une manifestation sauvage, légale mais non-encadrée, avait formé un cortège indépendant de celui des syndicats pour demander plus de moyens humains et financiers. Depuis l’agression d’un policier le 8 octobre à Vitry-Châtillon, ils avaient régulièrement défilé pendant la nuit sur les Champs Elysées, là aussi sans l’accord des syndicats. Ce mardi, à nouveau, ils s’étaient réunis devant la Pyramide du Louvre.

Ces policiers estiment qu’aujourd’hui, les syndicats ne sont plus en mesure de porter leurs revendications. Ils ont donc annoncé la création d’une nouvelle association, vouée à prendre le relai des syndicats qui constituent aujourd’hui leur seule voix face au gouvernement.

Les derniers bus de migrants quittent la jungle de Calais

Après dix jours d’opération nettoyage, la jungle de Calais est définitivement vidée de ses occupants. Ce jeudi, les derniers bus de migrants ont quitté le camp, mettant définitivement et pris la route en direction des centres d’accueil et d’orientation (CAO) disséminés dans tout le pays. Sur les 6000 à 9000 personnes qui y vivaient, selon les estimations, il restait ce matin 291 migrants, majoritairement des femmes avec enfants et des mineurs isolés.

Aidées par les associations, les familles avaient été mises à l’abri à l’annexe Jules Ferry, un ancien centre aéré reconverti pour les besoins de l’accompagnement de la jungle. D’après les journalistes sur place, les dernières évacuations se sont faites dans le calme mais avec beaucoup d’émotion.

Depuis le 24 octobre, les autorités avaient commencé le démantèlement de ce camp dont les premières tentes de migrants avaient été installées au début des années 2000. Des milliers de réfugiés, majoritairement originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak et d’Érythrée, s’y étaient rassemblés dans l’attente d’un éventuel passage au Royaume-Uni. Beaucoup espéraient y rejoindre leurs familles ou trouver un accueil.

En attendant de voir leur transfert au Royaume-Uni validé ou non par les autorités britanniques, les migrants ont été répartis dans les CAO de France où ils pourront entamer diverses démarches administratives. Mais, depuis le début de l’évacuation, près de 2000 migrants auraient investi les rues de Paris, probablement dans l’espoir de retenter la traversée illégale de la Manche.

Risque d’explosion pour les gazinières Siemens

Le fabricant d’éléctroménager  Bosch-Siemens a lancé une campagne pour prévenir d’un risque d’explosion sur deux modèles de gazinières. Les modèles concernés possèdent les références suivantes: HM955210F et HR645250F et ont été distribué par la firme allemande entre 2009 et 2011. Les utilisateurs de ces modèles sont invités par Siemens à débrancher l’alimentation en gaz et cesser d’utiliser le dispositif.

Sur les 170 000 exemplaires écoulés en Europe, 270 ont été vendus en France. Pour vérifier si votre appareil est concerné il suffit d’entrer les références de votre appareil ( numéros inscrits sur la plaque signalétique présente sur le côté de la porte) sur le site Gascookingsafety.com, en laissant votre mail afin de pouvoir être recontacté le cas échéant.

L’entreprise précise que le problème viendrait d’un défaut de fabrication du raccord de gaz, qui pourrait s’altérer et générer des fuites voir, dans de rare cas exploser. Siemens s’engage à faire venir gratuitement un technicien afin de remédier à ce problème et met à disposition ce numéro vert (gratuit) pour toutes questions 0.800. 970. 894

Victor Bergeon

La préfète du Pas-de-Calais assignée en justice après l’envoi des mineurs en CAOMI

Trois associations ont plaidé aujourd’hui devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer. Elles ont assigné la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio en justice, à qui elles reprochent le traitement des mineurs isolés de Calais lors du démantèlement de la jungle. Les trois associations, le Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), l’ADDE (Avocats pour la Défense des Droits des Étrangers) et le SAF (Syndicat des Avocats de France), ont ainsi demandé un référé en justice après que plus de 1600 mineurs ont été placés en Centres d’accueil et d’orientation pour mineurs (CAOMI).

Les avocats demandent à ce que soient transmis aux juges les noms, prénoms et destinations de chaque enfant. Ils souhaitent en outre qu’un cahier des charges soit transmis à chaque centre. Fabienne Buccio a été accusée par les représentants des associations de vouloir « se débarrasser du problème. »

D’après les informations de « La Voix du Nord », la majorité de ces mineurs n’avaient pas l’intention de quitter Calais, et voulaient rejoindre l’Angleterre. Après le démantèlement, une grande partie d’entre eux a été placé en CAP (Centre d’accueil provisoire), pour être « mis à l’abri ». Pour faire face à l’afflux de jeunes et désengorger les centres calaisiens, les jeunes ont ensuite été évacués dans quelques 60 CAOMI en France. Selon les représentants de la préfète, ils auraient été « informés de la situation » et il n’y aurait eu « aucune atteinte à la liberté individuelle des mineurs. »

Le tribunal rendra sa décision en délibéré vendredi à 9 heures.