Les législatives au Royaume-Uni: un avenir incertain pour Theresa May

Moins d’un an après son arrivée au pouvoir, la première ministre britannique Theresa May joue son avenir politique à l’occasion de législatives anticipées qui sont organisées jeudi.

Après une campagne dominée par les thèmes du Brexit, de l’immigration, de la santé, de la protection sociale et de la sécurité, les bureaux de vote ont ouvert mercredi à 07h00, heure locale, dans tout le Royaume-Uni. Les britanniques votent, ce 8 juin, pour choisir leurs représentants de la Chambre des communes. Le scrutin est uninominal à un tour : le candidat élu est celui qui gagne dans sa circonscription. 650 députés seront élus parmi 3 303 candidats pour un mandat de cinq ans. Le Premier ministre sera issu de la majorité.
Le nouveau Parlement siégera pour la première fois le 13 juin, six jours avant le début des négociations sur la sortie de l’Union européenne (Brexit) entre Bruxelles et le Royaume-Uni.

Des élections pour faciliter la sortie de l’UE

Theresa May, la Première ministre conservatrice qui a remplacé David Cameron il y a moins d’un an, a convoqué ces élections anticipées afin d’asseoir sa légitimité. Pour mener à bien les négociations sur le Brexit qui devront passer par le Parlement, Theresa May, disposant aujourd’hui d’une majorité fragile de 330 députés sur 650, espérait se renforcer.

Au début de cette courte campagne, les sondages lui accordaient une victoire écrasante. Mais les dernières estimations sont beaucoup moins optimistes pour la cheffe du gouvernement. Le Labour Party (travaillistes) qui, au départ, avait vingt points d’écart avec les Tories (conservateurs), n’est aujourd’hui que quelque points derrière. La dernière enquête de YouGov réalisée entre le 5 et le 7 juin prévoit une victoire des Tories avec un avantage de sept points.

Différents scénarios envisageables pour Theresa May

Lors de ces élections, c’est l’avenir politique même de Theresa May qui se joue. Pour elle, le succès absolu serait de voir gagner plus de 330 députés conservateurs. Sa majorité serait solide et elle lui permettrait de mener les négociations de la sortie de l’Union européenne comme elle le souhaite, c’est-à-dire un Brexit sans concession, voulant mettre fin à la libre circulation des personnes des pays de l’UE.

Si elle obtient entre 326 et 330 députés, sa situation politique ne changera pas significativement. Disposant aujourd’hui de 330 députés elle serait toujours à la tête du premier parti du pays, mais sa majorité resterait fragile.

Dans le cas de figure où moins de 326 conservateurs sont élus, Theresa May pourrait envisager une démission.La tradition britannique veut que les leaders se retirent quand leur parti perd les élections. Par ailleurs, le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn a demandé à Theresa May de démissionner. Deux jours après les nouveaux attentats à Londres, l’opposition a reproché à la Première ministre d’avoir fait des coupes d’effectifs parmi les forces de l’ordre quand elle était secrétaire d’Etat à l’Intérieur.

« Vous ne pouvez pas protéger les communautés à moindre prix et en ignorant l’opinion de la police. Ils vous avertissent depuis 2011. »

Mais le pire scénario pour Theresa May serait d’avoir moins de députés conservateurs que travaillistes. Sa démission s’impose, dans ce cas de figure, comme une évidence. Si le parti de Jeremy Corbyn arrive en tête, les négociations de Brexit avec l’UE pourraient avoir toute une autre allure. Opposé à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le leader travailliste dit accepter le verdict du peuple. Son parti souhaite éviter un bras de fer avec Bruxelles et garder les liens les plus étroits possibles avec l’Europe.

Les bureaux de vote ferment à 22h. Pour connaître les résultats officiels de ce scrutin crucial pour le Royaume-Uni mais aussi pour sa Première ministre, il faudra attendre jusqu’à jeudi matin.

Malgo Nieziolek

Qui sont les Roms ?

es « Roms » originaires de Roumanie, Bulgarie, Grèce, Slovaquie, Serbie et Hongrie qui représentent 85% la communauté. (Crédit : AFP)

Les « Roms » originaires de Roumanie, Bulgarie, Grèce, Slovaquie, Serbie et Hongrie représentent 85% la communauté. (Crédit : AFP)

 

  • Gens du voyage, Manouches, Gitans, Tsiganes… Il existe de nombreux termes pour désigner les « Roms » dans le langage courant. En réalité, ils recouvrent diverses communautés qui tirent leur origine du nord-ouest de l’Inde. Ces populations ont émigré autour du Xème siècle vers l’Europe occidentale.

 

  • Le terme de « Rom » qui signifie « homme » en hindi est institué en 1971 par l’Union Romani Internationale qui représente les Roms auprès de l’ONU. Il désigne l’ensemble des communautés et groupes d’individus qui se définissent comme tel en opposition aux « Tsiganes ».  Employé durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis, le terme « tsigane » a encore aujourd’hui une connotation péjorative.

 

  • L’Union romani internationale est présente dans plus de trente pays. Elle a pour but de défendre les droits des Roms et de préserver leurs traditions culturelles, leurs coutumes et la langue romani.

 

  • Parmi eux, on distingue les « Roms » originaires de Roumanie, Bulgarie, Grèce, Slovaquie, Serbie et Hongrie qui représentent 85% la communauté, selon l’association Romeurope. Ce sont eux qui ont émigré en France à partir de la fin des années quatre-vingt-dix. En novembre 2015, Romeurope en a recensé 15 600 répartis dans 500 bidonvilles. Parmi les autres communautés, les Gitans se sont installés durablement en Espagne, au Portugal et dans le sud de la France. Ils représentent environ 5% des Roms. Enfin les Manouches, sont originaires des pays germaniques.

 

  • Le Conseil de l’Europe estime à 6 millions le nombre total de Roms résidant dans les Etats membres de l’Union européenne. Ils sont majoritairement présents en Europe centrale et orientale.

 

Olivier Peyroux : « La durée moyenne de vie dans un bidonville est de cinq ans »

Olivier Peyroux

Olivier Peyroux est sociologue de formation spécialisé sur les Roms des Balkans et la traite des êtres humains. Il a travaillé six ans en Roumanie et mène des missions d’expertise pour l’OSCE, l’UE, le ministère des Affaires étrangères et des ONG internationales.

 

Comment se fait-il que le nombre de Roms habitants en bidonvilles soit stable ?

 

À partir du moment où le Rom qui habite un bidonville intègre un logement, il n’est plus comptabilisé comme « Rom » vu qu’il n’est plus en bidonville. Cela renforce cette idée qu’ils sont condamnés à vivre en marge des sociétés. On a l’impression que les 15 000 comptabilisés sont là depuis plus de vingt ans. En réalité la durée moyenne de vie dans un bidonville est de cinq ans. Il y a des gens qui rentrent dans les bidonvilles et des gens qui en sortent parce qu’ils ont trouvé un logement et un boulot.

 

Pensez-vous qu’il faut stabiliser les bidonvilles existants ?

 

Je ne suis pas du tout un défenseur du bidonville. Ce n’est pas viable sur le long terme et ce n’est pas souhaitable pour les gens, tant les conditions sont dures. Souvent, il n’y a pas l’accès à l’eau et il y a tout un business qui se met en place sur la migration. Il y a des marchands de sommeil, des droits d’entrée, des formes d’endettement qui sont très compliqués à gérer.

 

Quand est-ce que le problème des bidonvilles en France sera résolu ?

 

Lorsqu’il y aura une volonté politique pour le résoudre, ce qui suppose qu’on ait des services sociaux qui aillent au sein du bidonville, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il faut aussi élargir les dispositifs d’insertion par l’emploi auxquels ces populations accèdent pour le moment très peu.

 

 

Garance Feitama, Clothilde Bru

 

Le Ramadan a les yeux plus gros que le portefeuille

C’est à partir du 26 mai que commence la période de jeûne en France.

Pour Saïda Djemel, aide-soignante franco-algérienne de 51 ans qui vit à Poitiers (Nouvelle Aquitaine), le Ramadan  est une période de dépenses : « Pendant le Ramadan, nous achetons 70 euros de viande par semaine. Quand on ajoute les boissons, friandises, Assortiment_de_gâteaux_de_fantaisie_de_Constantinelégumes… tout cela coûte cher ». Mais pas question cependant pour Saïda d’établir un budget pour économiser : « Après avoir jeûné toute la journée, cela fait du bien de prendre un bon repas en famille. C’est aussi une période de fête dont on aime profiter ! »

Par ailleurs, le mois de Ramadan est un moment où il faut se montrer généreux : le croyant doit faire l’aumône (Zakat en arabe), qui fait également partie des Cinq pilliers de l’islam.

Cet acte de générosité peut pendre différentes formes, comme l’explique Saïda : « On peut donner de l’argent à une association, ou encore porter des repas à la mosquée qui les distribue aux pauvres ». Les personnes qui ne peuvent faire le Ramadan (femmes enceintes, raisons de santé…) doivent donner l’équivalent du prix d’un repas par jour selon leur habitudes de consommation.

La fin du Ramadan est célébrée par l’Aïd el Fitr qui aura lieu le 6 juillet cette année.

Asmaa Boussaha et Alice Pattyn