Les dons aux associations en recul, victimes des inquiétudes économiques et politiques

Moins de la moitié des Français ont fait un don à une association en 2025, selon un baromètre Ipsos publié jeudi. Un plus bas depuis 2019, sur fond d’anxiété face au contexte national et international.

Selon cette étude annuelle commandée par la Fondation Apprentis d’Auteuil, 47 % des Français déclarent avoir fait un don financier à une association ou une fondation en 2025, soit cinq points de moins qu’un an plus tôt. Le don moyen recule lui aussi, à 336 euros, en baisse de 8 %. La tendance ne devrait pas s’inverser : pour 2026, la part des personnes déclarant avoir fait un don ou en prévoir un est également en retrait de quatre points.

Les auteurs de l’étude pointent plusieurs facteurs explicatifs. Les Français disent s’inquiéter du contexte international (92 %), de l’instabilité politique nationale (90 %) et du niveau d’endettement du pays (88 %), ce qui pèse sur leur sentiment de pouvoir d’achat. La fondation évoque aussi les débats autour d’une possible remise en cause des crédits d’impôt sur les dons lors des discussions budgétaires de 2025, qui auraient pu freiner certains donateurs. « La stabilité des mesures fiscales est essentielle, car elle permet aux donateurs de réaliser leur don sans craindre une évolution de la législation », a souligné Vanessa de Lauzainghein, directrice de la communication et des ressources de la fondation.

Marie Billat

Présidentielles 2027 : une alliance Philippe-Attal se dessine pour empêcher un second tour LFI-RN

Gabriel Attal a laissé entendre jeudi qu’un accord pourrait exister avec Édouard Philippe afin que le moins bien placé des deux se retire début 2027. Cette alliance ne prendrait effet que si un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national semblait inévitable.

Sur franceinfo, l’ancien Premier ministre a affirmé partager avec Édouard Philippe la volonté d’empêcher un second tour entre LFI et le RN. Celui qui devrait annoncer prochainement sa candidature à l’élection présidentielle a évoqué un éventuel rassemblement des deux candidats. Il n’interviendrait que « début 2027 » et uniquement si ce risque devenait réel. D’ici là, chacun mènera « une vraie campagne » pour convaincre les Français.

En marge de ces déclarations, Gabriel Attal a minimisé le départ d’Élisabeth Borne du bureau exécutif de Renaissance, cette dernière lui reprochant une ligne trop droitière. L’ancienne Première ministre a fondé sa propre structure, « Bâtissons ensemble », rejointe, selon Le Parisien, par plusieurs ex-ministres macronistes. Une hémorragie que le patron de Renaissance a relativisée, affirmant que « pour la plupart d’entre eux, ils ne sont pas membres de Renaissance ».

Madeleine Meunier

Nouvelle-Calédonie : pas de consensus à l’horizon mais les élections provinciales sont fixées pour le 28 juin

Après avoir repoussé le scrutin à trois reprises, Sébastien Lecornu a tranché : les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie auront lieu le 28 juin, avec un corps électoral partiellement élargi. Si le vote du Parlement confirme cette décision, elles s’inscriront dans un contexte tendu, aucun accord n’ayant été trouvé entre le FLNKS et les non-indépendantistes.

Les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie se tiendront le 28 juin prochain, a annoncé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, lors d’une visioconférence avec les élus calédoniens. Le scrutin, déjà repoussé à trois reprises depuis sa date initiale de mai 2024, devra se tenir avant fin juin, l’État étant tenu d’organiser ce vote en l’absence de réforme constitutionnelle.

Le ministre a proposé d’ouvrir le corps électoral aux natifs de Nouvelle-Calédonie, soit environ 11 000 personnes nées sur l’archipel mais ne remplissant pas les conditions actuelles pour voter, ainsi qu’aux conjoints de Calédoniens. Une annonce qui n’a satisfait aucun camp : le FLNKS a réaffirmé son opposition à toute ouverture en dehors d’un accord global, tandis que les non-indépendantistes ont jugé la mesure insuffisante. Ces propositions devront être confirmées par une loi organique soumise au Parlement. En cas de rejet, le scrutin du 28 juin se tiendrait avec le corps électoral actuel, gelé depuis 1998.

La question du droit de vote reste au cœur des tensions en Nouvelle-Calédonie : en 2024, une tentative d’élargissement similaire avait déclenché plusieurs mois de violences, faisant 14 morts et causant plusieurs milliards d’euros de dégâts.

Madeleine Meunier

Le Parti communiste français censurera Sébastien Lecornu en l’absence de « changement de politique »

Lors de la Fête de l’Humanité, qui débute ce vendredi, Fabien Roussel a déclaré que « sans changement de politique », les communistes censureront le nouveau Premier ministre.

Les communistes ne s’engagent pas dans une censure « a priori » du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu mais la voteront « sans marque profonde d’un changement de politique », a déclaré vendredi le patron du PCF Fabien Roussel, qui s’est adressé à la presse lors de la Fête de l’Humanité.

« Si c’est pour passer de 44 milliards à 39 milliards d’austérité, ce n’est même pas la peine de nous appeler. J’ai dit à Sébastien Lecornu que de mêmes causes produisent de mêmes effets », a dit Fabien Roussel, qui s’est entretenu avec le nouveau Premier ministre en début de semaine.

« Des demandes sur l’augmentation des salaires »

« Je lui ai notamment fait des demandes sur l’augmentation des salaires, l’abrogation de la réforme des retraites et la diminution des aides accordées aux grosses entreprises », a déclaré le secrétaire national du PCF.

Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, ancien député du Nord, a assuré que les communistes n’avaient « pas peur d’une dissolution », qui se rapprocherait en cas de nouvelle censure. Le groupe rassemblant les communistes et les élus ultra-marins de gauche compte 17 députés (il en faut 15 pour constituer un groupe).

Pas d’accord avec les autres formations de gauche

M. Roussel a redit que son parti ne passera pas d’accord global avec les autres formations de gauche en cas de législatives anticipées, contrairement à 2022 et 2024. »On ne supportera plus d’être traité avec 50 circonscriptions (nombre de candidats alloué au PCF en 2024, ndlr) », a-t-il assuré. »Il faut des candidatures de rassemblement construites à la base, dans chaque département, en prenant compte des rapports de force locaux, et sans parachutage », a-t-il plaidé.

Concernant les appels à la démission ou à la destitution d’Emmanuel Macron, Fabien Roussel estime qu’il s’agit d’un « saut dans le vide ». »Le RN et LFI sont obsédés par la présidentielle. Mais cela nuit à la mobilisation des salariés. Il faut un mouvement social fort et puissant, une base populaire », a-t-il estimé. Les Insoumis ont présenté une motion de destitution du président de la République à l’Assemblée, signée par 104 parlementaires, dont des communistes et des écologistes.

Fabien Roussel a par ailleurs redit qu’il n’entendait pas participer à la primaire de la gauche souhaitée par Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (Ecologistes) et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain pour 2027.