(Recensement) Nuit de la solidarité : première édition nationale pour compter les sans-abri

Ce jeudi 20 janvier, la 5e édition de la Nuit de la Solidarité se déroule pour la première fois dans 27 villes en France, en partenariat avec l’Insee. L’objectif ? « Mutualiser les efforts » pour mieux connaître les profils et les besoins des personnes à la rue.

Nuit de la Solidarité de Paris – Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Demain s’ouvre le début du recensement de la population française en temps de Covid, par l’Insee — Institut national de la statistique et des études économiques —  dont les… sans-abris. Après New-York, Athènes, Bruxelles, Paris, la Nuit de la Solidarité s’étend aux villes moyennes : Arras, Brest, Dijon, Dunkerque, Lorient, Mulhouse, Quimper, Tours ou Bobigny. Par groupes de 4 ou 5, des centaines de bénévoles, encadrés par un responsable d’équipe et dotés d’un questionnaire anonyme, sillonneront les rues des 27 villes pour décompter les personnes à la rue et échanger avec elles.

Mutualiser recensement et Nuit de la Solidarité

L’initiative publique vise à « obtenir un dénombrement fiable des personnes sans abri » et de « collecter des informations sur leurs caractéristiques socio-démographiques », atteste l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS). La dernière enquête de l’Insee sur les sans domicile fixe remonte à 2012.

« Pour la première fois, la collecte de données de la Nuit de la Solidarité sera mutualisée avec le recensement de la population générale de l’Insee », précise l’UNCCAS.

Les équipes auront donc à leur charge deux types de support à compléter sur le terrain : les questionnaires Nuit de la Solidarité pour les bénévoles et les bulletins individuels de l’Insee par des agents recenseurs de l’État.

Peu d’effets de la crise sanitaire

En 2022, une attention particulière sera apportée à l’évaluation de l’impact de la crise sanitaire sur la précarité et les situations de rue. En 2021, sur les 2 829 personnes à la rue à Paris, près de la moitié (49 %) ont déclaré que la crise n’a pas eu d’effets sur leur situation personnelle. Léa Filloche, adjointe de la Mairie de Paris en charge des solidarités estime dans Cnews que « les trois premières éditions ont montré une stabilité des chiffres, mais l’an dernier, il y a eu une forte baisse de 21 %. Pendant la crise sanitaire, l’État s’est beaucoup engagé dans l’ouverture de places d’hébergement, nous serons donc très attentifs aux chiffres de 2022 pour savoir si l’effort de l’État a perduré ».

Centre d’hébergement d’urgence dédié aux femmes et aux sans abri – Joséphine Brueder / Ville de Paris

Au printemps dernier, plus de 20 000 places en centre d’hébergement d’urgence avaient été pérennisées par le gouvernement. Le parc d’hébergement d’urgence atteint aujourd’hui une capacité de 145 000 places hors-hiver et 200 000 places en hiver.

Un sujet éminemment politique

En 2017, Emmanuel Macron avait déclaré : « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus.» Cinq années plus tard, à l’aune de la campagne présidentielle, la Nuit de la Solidarité apparaît éminemment politique. Si l’initiative créée en 2018 par la mairie socialiste de Paris est copiée, elle est également conspuée sur la twittosphère par des partisans de l’extrême droite et des Insoumis. L’attaque au couteau d’un travailleur social préparant la nuit de la solidarité à Bordeaux ou le démantèlement d’un camp de migrant à Paris sont commentées avec virulence.

Des actualités qui viennent remettre la question sociale au cœur de la campagne présidentielle de 2022.

Antoine de Seigneurens

 

Le Conseil d’Etat confirme la dissolution du CCIF et de Baraka City

Le Conseil d’Etat a confirmé vendredi la validité de la dissolution des associations Baraka City et CCIF par le gouvernement fin 2020. Le CCIF qualifie cette décision de tournant vers « l’arbitraire politique et répressif en France ».

Une décision qui avait fait grand bruit fin 2020. La dissolution en novembre et décembre dernier des associations Collectif contre l’islamophobie (CCIF) et Baraka City a été validée par le Conseil d’Etat vendredi. Cette décision vient confirmer l’action du gouvernement contre ces deux groupements l’année passée, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty par un jeune extrémiste islamiste.

Le CCIF a réagi à cette annonce en fustigeant un « tournant majeur dans l’institutionnalisation de l’arbitraire politique et répressif en France » dans un communiqué. L’association a considéré que cette décision « ouvrait la voie vers le délit d’opinion ».

La fermeté du gouvernement à l’égard de ces deux associations avait créé la controverse. Elles étaient toutes deux accusées d’avoir participé à la campagne de lynchage contre le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, décapité en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020.

Le CCIF était allé jusqu’à déposer plainte en diffamation contre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin devant la Cour de justice de la République. Gérald Darmanin avait qualifié l’association d’ « officine islamiste » œuvrant « contre la République ».

 

J. B. avec AFP