Procès Balkany : pas de renvoi

La demande de renvoi du procès du couple Balkany a été rejetée par le tribunal correctionnel de Paris ce lundi. Le maire de Levallois est apparu seul en raison de l’hospitalisation de son épouse.
Une nuée de journaliste était au rendez-vous du procès. / Crédit : Yann Haefele.

 

Il se tient debout, les mains dans le dos, le regard vide, seul. A côté de lui, un banc vide. Son épouse, Isabelle Balkany n’est pas venue.  Hospitalisée depuis sa tentative de suicide au début du mois, seul son ombre plane au dessus des débats. En attendant ses juges, lui piétine entre les avocats. Ils sont une dizaine à entourer le maire de Levallois-Perret. Une armée de stars du barreau s’assied au premier rang, derrière l’homme de 70 ans. Eric Dupond-Moretti et Antoine Vey pour Monsieur. Pierre-Olivier Sur pour Madame.

Les premières prises de parole demandent le renvoi du procès. Maître Sur insiste sur l’absence de sa cliente. « Jusqu’à ce matin, il y avait un doute sur sa présence, assure-t-il. Elle veut venir faire face à ses juge« . Puis il lit une partie du certificat médical dressé par la « clinique psychiatrique » où elle est soignée : « elle est incapable de marcher seule et souffre d’une paralysie partielle, du côté droit« . En somme, ni son état physique, ni son état psychique ne permettaient sa comparution cet après midi. Il conclut cette première demande de renvoi ainsi : « Il vous est difficile de juger ce procès dans ce climat là. Si vous l’acceptiez, alors peut-être, peut-être, les seaux de vomi qu’on lui envoie s’amenuiseraient.

« La presse s’est emparée de cette affaire pour l’enterrer elle ; les réseaux sociaux pour la tuer, poursuit son avocat. Elle a reçu des milliers de mails et SMS à l’issue de sa tentative de suicide. » Et d’en citer quelques uns : « je croise les doigts, la prochaine tentative sera la bonne » entre autres messages haineux. « Personne ne peut supporter psychologiquement un tel déferlement, conclut-il. C’est pourquoi elle a craqué« .

Dupond-Moretti tente, sans succès, de faire renvoyer le procès

Éric Dupond-Moretti a lui soulevé une question d’impartialité du président, Benjamin Blanchet, pour motiver le renvoi. Éric Alt, magistrat et ancien vice président du TGI de Paris est aussi un dirigeant de l’association Anticor, elle-même partie civile pour un des volets du procès.

Après une délibération d’un peu plus d’une heure, le tribunal a rejeté les demandes de renvoi, aucun des moyens avancés par la défense ne venant justifier un tel acte.

Sans attendre, Maître Dupond-Moretti se lève. “Je n’ai pas fini”, rétorque le président sans relever les yeux. Il conclut et lui donne la parole. L’avocat forme une demande en déportation du président de l’audience. Benjamin Blanchet se voit reprocher un jugement antérieur qualifié « d’arrêt de règlement » par la défense de Patrick Balkany, qui mettrait en doute son objectivité. Puis l’avocat prévient : « Si vous ne vous déportez pas, je saisirai le premier président d’une demande de récusation« .

L’audience est levée à l’issue de cet échange. Elle reprendra mardi.

Yann Haefele

Revivez le premier jour d’audience avec le live-tweet de notre journaliste Blandine Pied :

 

Allemagne : deux nouveaux morts dans l’affaire des « meurtres à l’arbalète »

Le tueur présumé aurait abattu cinq personnes, dont trois avec une arbalète. / Crédit : Flickr

Deux nouveaux corps ont été retrouvés dans l’affaire de la tuerie à l’arbalète à Gifhorn (Basse-Saxe) en Allemagne ce lundi 13 mai. Les nouvelles victimes sont deux femmes âgées de 30 et de 35 ans et dont la police n’a pas encore dévoilé les causes du décès.

La découverte fait suite à celle de trois autres cadavres, trouvés dans une auberge isolée de Passau (Bavière), ce dimanche.  C’est la femme de ménage qui avait découvert les corps, deux jours après que le trio se soit enregistré dans l’établissement, situé à 600 km de la frontière autrichienne. Un homme et une femme gisaient sur le lit, main dans la main, des flèches enfoncées dans le crâne et le torse. La troisième victime, un homme, était étendu sur le sol, un carreau planté dans le crâne. Trois arbalètes ont été découvertes dans la chambre, dont une dans un sac.  Un client de l’hôtel déclare avoir vu les trois individus monter dans leur chambre, sans bagages. « Un étrange trio » selon ce dernier. C’est en fouillant l’appartement de l’une des victimes que les deux nouveaux corps ont été découverts, portant à cinq le nombre de macabés dans cette histoire.

Le mystère reste entier dans cette affaire, certains détails feraient penser à un suicide collectif. La police allemande, serait à la recherche d’un pickup aperçu sur les lieux de la première tuerie, arborant un dessin d’archer sur la carrosserie.

Selon un porte-parole de la Fédération allemande de tir à Wiesbaden, interrogé par l’agence DPA, les arbalètes peuvent être achetées sans autorisation dès l’âge de 18 ans.

Edouard Lebigre avec l’AFP

Affaire Karachi: fin des investigations concernant Edouard Balladur et François Léotard

Edouard Balladur et François Léotard. – Photos/ Dutch National Archives – Annabelle deFC

La Cour de justice de la République (CJR) a terminé ses investigations concernant l’ancien Premier ministre Edouard Balladur sur un possible financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, via des rétrocommissions révélées dans l’enquête sur l’attentat de Karachi de 2002, a appris lundi l’AFP de source judiciaire.

Après cinq ans d’enquête, la commission d’instruction de la Cour a transmis son dossier le 7 mai au parquet général de la Cour de cassation pour qu’il prenne ses réquisitions d’ici trois mois sur un éventuel procès devant la CJR pour Edouard Balladur et son ex-ministre de la Défense François Léotard. Dans le volet non-ministériel, six autres protagonistes doivent être jugés en octobre à Paris.

Adrien Grange avec AFP

Une djihadiste franco-marocaine mise en examen à son retour en France

Photo : Mahmoud Bali (VOA)

Elle avait rejoint les rangs jihadistes en Syrie en 2014. Une femme de 26 ans a été inculpée à son retour en France et écrouée, a appris l’AFP de source judiciaire, confirmant une information de BFMTV. Interpellée le 6 mai à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu’elle était visée par un mandat d’arrêt, cette Franco-Marocaine a été inculpée pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Selon BFMTV, la jeune femme, qui avait épousé un combattant tunisien mort depuis, avait dit vouloir réaliser une opération kamikaze et s’était inscrite sur une liste de volontaires pour commettre un attentat-suicide. Après s’être rendue en octobre 2018 aux autorités turques, elle avait été emprisonnée avant d’être finalement remise à la France la semaine passée.

Adrien Grange avec AFP