« Cette inexpérience, c’est tout le sens d’Allons Enfants »

Trois questions à Pierre Cazeneuve, 24 ans, le fondateur d’« Allons Enfants » (AE), un parti composé de jeunes de 18 à 30 ans qui se présente aux élections européennes. Europhiles et écologistes, ils veulent redorer l’image du jeune en politique.

Pierre Cazeneuve, 21 ans, a fondé en 2014 le parti « Allons Enfants », composé de militants de 18 à 30 ans.

Pourquoi avoir créé un parti de jeunes en 2014 ?

Pierre Cazeneuve : J’étais à Sciences Po à l’époque et vivais à Saint Cloud. J’étais dépité par le manque d’activité de la ville et un conseil municipal rempli de vieux croûtons. La seule solution : créer un parti, faire rentrer des jeunes dans le conseil municipal et redynamiser la ville. J’ai été élu à 19 ans. Puis, face au désintérêt et l’abstention des jeunes, et la montée du FN, on a transformé AE en une structure nationale.

Souhaitez vous faire de la politique votre métier?

P.C : Aujourd’hui je n’ai plus de rôle dans le parti. Ici, on ne peut pas faire plus de deux mandats en tant que président. Il faut savoir partir. C’est dans l’ADN d’Allons Enfants de ne pas s’accrocher à son poste.

Est-ce un choix stratégique pour se faire une place en politique ?

P.C : « Allons Enfants », c’est le pire choix pour quelqu’un qui veut faire de la politique. A l’échelle nationale, on va prendre un tollé aux élections. C’est le plaisir de ne pas déléguer sa représentation par défaut. Ce qu’on va chercher avec un élu c’est qu’il défende des positions, qu’ils aient des idées. Cette inexpérience c’est tout le sens d’AE.

Esther Michon et Camille Kauffmann

Des aides et outils à destination des étudiants

 

  • Les logements à tarif préférentiel

 

HLM contre cours de soutien

Ce dispositif créé en 2018 par la mairie de Paris avec l’Afev, association de la fondation étudiante pour la ville, permet à des étudiants d’accéder aux logements sociaux pour un loyer très modéré. En échange, l’étudiant consacre quelques heures par semaine à du soutien scolaire aux enfants de quartiers populaires.

 

  • Les aides financières

 

L’AILE : l’aide locale à l’installation dans les logements

En 2012, la ville de Paris a mis en place l’aide à l’installation dans un logement pour les étudiants. À la clé, 900 € pour une première installation dans un logement du parc privé. Cette aide gérée par le CROUS de Paris est ouverte aux étudiants boursiers inscrits dans les académies de Paris, Créteil et Versailles vivant à Paris.

Aide mobili-jeune pour les alternants et apprentis

L’aide Mobili-jeune est une subvention qui permet d’alléger la quittance de loyer. Elle s’adresse aux jeunes de moins de 30 ans, en formation en alternance (sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation), au sein d’une entreprise du secteur privé non agricole. Le montant de l’aide s’élève entre 10 € et 100 € par mois.

 

  • Les outils d’accès à la location privée

 

L’avance et la garantie Loca-Pass

Les dispositifs Loca-Pass proposent une avance du dépôt de garantie ou du loyer et des charges locatives. Celle-ci est versée au bailleur puis doit être remboursée sans frais ni intérêts par l’étudiant. Le montant de l’avance pour le dépôt de garantie est de 1 200 € maximum.

Le dispositif VISALE

Le dispositif Visale se porte garant pour le logement du bénéficiaire pendant toute la durée de son occupation. Gratuite, la démarche s’adresse aux jeunes âgés de 18 à 30 ans. Il existe cependant des montants maximaux à respecter pour le loyer de l’appartement, qui varient selon les ressources du locataire.

E.A et C.D.C.

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Faire appel à une agence : un gage de sécurité ?

Les étudiants ont tendance à se diriger vers des bailleurs particuliers pour éviter les frais, explique Charles-Antoine Pastour, conseiller location à Century 21, mais ça ne leur garantit pas la conformité et un suivi réglementé du logement qu’ils louent.”  Car si faire appel à une agence a un coût (15€/m2 du logement loué à Paris), les agents s’assurent de la conformité d’un logement avant sa mise sur le marché.


Le témoignage de David Rodrigues vient pourtant nuancer ces affirmations. Selon ce membre de l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV), “les agences ont un objectif, celui de louer le plus vite possible” et redoublent d’imagination pour arriver à leurs fins. “Déontologiquement, elles sont censées rechercher l’intérêt des deux partis. Mais leur client reste le bailleur, il ne faut pas l’oublier, parce que c’est lui qui paie les honoraires de gestion.

E.A. et C.D.C.

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La bataille de l’encadrement des loyers

L’encadrement et du plafonnement des loyers est un des éléments les plus importants pour limiter les abus [des bailleurs]” considère David Rodrigues, membre de l’association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV). Mis en place par la loi ALUR en 2014, puis annulé en 2017 par le Tribunal administratif de Paris, le dispositif d’encadrement des loyers est finalement remis en vigueur à partir du mois de juillet par la loi ELAN (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, 23 novembre 2018). Ce mécanisme qui  “protégeait particulièrement les étudiants dans les zones tendues”, comme l’estime David Rodrigues, sera mis en place à titre expérimental, pour une durée de cinq ans, sur demande des villes dans la mesure où elles se situent dans une “zone tendue”. Les dispositions mises en place par la loi ALUR sont conservées. Comme le prévoyait déjà la loi en 2014, l’arrêté préfectoral fixe un “loyer médian” calculé par l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (OLAP), qui étudie le montant des loyers pour 80 quartiers de Paris regroupés en quatorze zones, et selon le type de logement et l’année de construction de l’immeuble. L’observatoire établit ensuite un “loyer plafond autorisé”, déduit à 20% de plus que la médiane. “On a constaté que les petites surfaces étaient statistiquement les logements qui respectaient le moins l’encadrement des loyers, remarque David Rodrigues, avec parfois des dépassements à plus de 200 euros par rapport au maximum légal”. La demande sur le marché parisien est telle que “même avec 200 euros de plus, une chambre de bonne reste toujours moins chère qu’un deux pièces”. La loi ALUR, même si elle instaurait un cadre législatif stricte autour de la question des loyers, était largement contournée par les bailleurs. “Ils savent très bien qu’il y a une forte demande, ajoute David Rodrigues. De même, les CROUS et résidences universitaires sont tellement saturés que de toute façon ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Cette année, la loi ELAN apporte donc une nouveauté : le risque d’amende pour les bailleurs qui ne précisent pas le loyer de référence dans leur contrat de location. De quoi “ramener un peu de décence sur les loyers pratiqués”.

E.A. et C.D.C.

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