Saisie record de cannabis dans le Haut-Rhin

La dernière saisie de cette ampleur remonte à 2004 avec la confiscation de 10 tonnes de cannabis au Touquet (Pas-de-Calais). / Flickr

C’est une première en France depuis quinze ans. Onze tonnes de cannabis ont été saisies à Mulhouse (Haut-Rhin), vendredi 10 mai, au terme d’une enquête de plusieurs mois menée par la police judiciaire de Mulhouse avec la collaboration de la JIRS (Juridiction inter-régionale spécialisée) de Nancy, rapporte lundi France 3. Le cannabis a été saisi à bord d’un poids lourd en provenance du Maroc. Quatre personnes ont été placées en garde à vue à ce stade de l’enquête.

La dernière saisie de cette ampleur remontait au 29 juin 2004, lorsque dix tonnes de cannabis avaient été saisies sur un voilier au large du Touquet (Pas-de-Calais). En 2014, 42,7 tonnes de cannabis avait été récupérées au large de la Sicile par la police financière italienne, dans le cadre d’une enquête menée par les douanes françaises. Il s’agissait alors de l’une des plus grosses saisies de résine de cannabis jamais réalisées en Europe.

Adrien Grange

Un incendie détruit un camp de gens du voyage à Marignane (Bouches-du-Rhône)

Quelques 120 pompiers et 35 véhicules de secours sont intervenus sur place. / Crédits : Pompiers 13

Une centaine de gens de voyage ont dû être évacués ce dimanche après l’incendie de leur camp situé à la limite de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues, dans les Bouches-du-Rhône.

Attisé par un vent à plus de 100 km/h, le feu a détruit 3 hectares, sur lesquels se trouvaient une vingtaine de caravanes et une quinzaine de véhicules.

Si « aucun blessé au sein de la population n’a été recensé« , rapporte un communiqué des sapeurs-pompiers, 10 soldats du feu ont été légèrement blessés et 7 ont été évacués à l’hôpital pour des examens complémentaires. Sur le site, des bouteilles de gaz étaient stockées ce qui a provoqué de nombreuses explosions.

Adrien Grange avec AFP

 

Val-de-Marne : le corps de la jeune femme disparue a été retrouvé dans un coffre de voiture

Le corps de la jeune a été retrouvé à Valenton (Val-de-Marne) – Google Maps

Sa disparition avait été signalée par ses proches jeudi. Une jeune femme de 23 ans a été retrouvée morte dans un coffre de voiture à Valenton (Val-de-Marne) dimanche soir, a appris l’ AFP lundi de sources policières.

Dimanche soir vers 23 heures, la sœur de la victime avait contacté la police pour annoncer que la voiture de cette dernière avait été retrouvée par hasard dans un endroit où elle n’avait aucune raison d’être. Inquiète, elle avait alors demandé à la police de venir sur place pour ouvrir le coffre. A l’intérieur, les policiers ont découvert le corps de la jeune femme, pieds et poings ligotés. La brigade criminelle de Paris a été saisie de l’enquête.

Adrien Grange avec AFP

 

Meurtre à Montreuil : les habitants s’unissent contre le « mépris » des autorités

Les habitants de Montreuil défilent en mémoire de Mariama Kallo, morte le 29 décembre 2017.
Les habitants de Montreuil défilent en mémoire de Mariama Kallo, morte le 29 décembre 2017.

 

 

La cité de l’Amitié, à Montreuil, est bouleversée. Une voisine a été retrouvée morte fin décembre. Outre le choc, c’est l’incompréhension qui règne. Les habitants dénoncent un « mépris » de la part de la police et de la mairie.

 

Ce n’est pas un samedi comme les autres à la cité de l’Amitié, au nord de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le corps d’une femme a été retrouvé inerte, une semaine plus tôt, au 118 de l’avenue du président Salvador Allende. Mariama Kallo, une Guinéenne de 32 ans, a été poignardée à 23 reprises puis défenestrée du quatrième étage. Avant ce drame, les habitants du quartier ne se parlaient pas. Ils se croisaient sans se voir, plus enclins à l’indifférence qu’à l’échange. Aujourd’hui pourtant, ils sont réunis dans la cour de la cité. Une question est sur toutes les lèvres : « Pourquoi la police n’est-elle pas intervenue plus tôt ? »

« J’ai dit au flic : “trop tard, il vient de la jeter par la fenêtre“ »

Regroupés au pied des tours, emmitouflés dans leurs écharpes, les habitants du quartier de l’Amitié s’indignent. « Dès qu’il s’agit de dealer du shit, la police rapplique. Mais quand un homme bat sa femme, c’est silence radio », entend-on. Mamadou Sy vit dans l’immeuble qui fait face à celui de la victime, au quatrième étage. La nuit du meurtre, il a tout vu, tout entendu. Les cris de la jeune femme l’ont réveillé vers 00 h 30. « Quand je suis allé à ma fenêtre, j’ai vu le mari de Mariama en train de la frapper. Mon épouse m’a dit : “Il va la tuer“ ». Le quadragénaire à la voix posée contacte immédiatement la police, mais ce n’est qu’au bout de son troisième appel que l’alerte est prise au sérieux, assure-t-il. Il est en ligne avec le commissariat quand, d’un coup, les cris cessent. « J’ai dit au flic : “trop tard, il vient de la jeter par la fenêtre“ ». Les forces de l’ordre arrivent sur les lieux quelques minutes après la mort de Mariama Kallo. Toutes les fenêtres de la cité sont éclairées. Certains habitants sont descendus, l’un d’entre eux a déposé un drap sur son cadavre.

« Du mépris » envers un quartier populaire

Une semaine plus tard, on se demande aussi pourquoi le corps de Mariama Kallo est resté dans la cour de la cité, à la vue de tous, de 1 heure à 10 heures du matin. « Les pompes funèbres ont été appelées sept fois dans la nuit. Elles avaient moins de personnel pendant la période des fêtes et ont été débordées », justifie Belaïde Bedreddine, adjoint au maire de Montreuil. Patrice Bessac, le maire de la ville, a depuis saisi le préfet de Seine-Saint-Denis pour qu’une enquête soit menée sur les conditions de levée du corps de Mariama Kallo. La préfecture a indiqué qu’une procédure judiciaire est en cours et précise que le service funéraire intervient sur réquisition d’un officier de police judiciaire.

L’explication ne convainc pas les habitants de la cité. Au-delà de leur exaspération, ils ont le sentiment d’être laissés pour compte. « Il n’y a que dans les quartiers populaires qu’on peut voir ça. C’est du mépris », assène Ismaël Boussaha. Lui, ne se joint pas au rassemblement dans la cour. Il préfère observer depuis le hall de son immeuble. Le même que celui de Mariama Kallo. Bien que trois étages séparent leurs appartements, les cris de la victime l’ont tiré de son sommeil la nuit du meurtre. Derrière son apparence robuste, Ismaël Boussaha cache difficilement le traumatisme qui le ronge. « J’ai tout de suite compris que le bruit venait du quatrième étage ». Car ce n’est pas la première fois qu’il est confronté à la souffrance de sa voisine. « Un soir déjà, j’étais intervenu à cause des cris. L’homme m’avait ouvert la porte, les mains en sang. Mariama était derrière, le visage tuméfié », se souvient-il. Mariama Kallo avait d’ailleurs déposé une main courante avant d’être hospitalisée. « Mais les flics ont rien fait », crache l’homme en survêtement bleu. Quand Ismaël Boussaha descend, la nuit du 29 décembre, un voisin est déjà sur le palier : « Ca recommence ».

Il frappe à la porte pendant plusieurs minutes, appelle la police. Puis, les cris cessent. « Alors, je suis remonté chez moi. Je me suis mis à ma fenêtre et là, j’ai aperçu un bras. Je ne voulais pas croire à ce que je voyais », confie-t-il, submergé par un sentiment de culpabilité. « Le plus dur, c’est de rentrer chez soi en sachant que le corps gît en-dessous de notre fenêtre ».

Un vent de solidarité dans la cité

Cette nuit-là, personne n’a pu se rendormir. « La fenêtre de ma chambre donne sur l’endroit où Mariama est morte, comment voulez-vous que je dorme ? », soupire une jeune fille près des fleurs déposées à l’endroit où le corps de la victime est tombé. Plus loin, un groupe de copines s’agace : « Maintenant, notre cité est connue parce qu’il y a eu un meurtre ». Au milieu des indignations et des pleurs, Mamadou Sy philosophe. L’homme de 44 ans a grandi ici, il connaît le quartier par cœur : « Depuis ce drame, la vie de la cité a changé. On prend le temps, on demande comment ça va. On reparle de cette nuit tragique aussi ».

Ce samedi, le rassemblement se prolonge dans un local à l’entrée de la cité. Chaque habitant apporte un plat cuisiné, des chips ou des sodas. Certains arborent des pancartes avec le nom de Mariama entouré d’un cœur. Personne ne connaissait vraiment la victime, arrivée dans la cité depuis un an à peine. Mais sa mort les a tous bouleversés et créé aujourd’hui du lien social. Comme une envie de prendre soin des autres pour que ça ne se reproduise pas. Quelques uns restent cependant sceptiques sur cette unité retrouvée. « En vérité, tout le monde s’en fout de tout le monde », lâche Bilel, un jeune du quartier. « Dans les cités, on a tous nos propres problèmes, alors on n’a pas le temps de s’occuper de ceux des autres ».

Quelques jours plus tard, pour la marche silencieuse en hommage à Mariama Kallo, la solidarité semble avoir tenu bon. Plus de 300 personnes sont présentes. Certains respectent le silence, d’autres décident d’élever leurs voix à l’unisson contre la municipalité. Leurs « pourquoi ? » ont besoin de réponses. La défiance est de mise envers la mairie qui « abandonne la cité de l’Amitié », entend-on dans la foule. Les élus bredouillent quelques mots en guise d’explication. Peu satisfaisant pour les habitants qui refusent d’entamer la marche avec eux. Les esprits s’échauffent jusqu’à une prise de parole qui apaise les tensions : « Le mot qui est dans la bouche de l’Amitié, ce n’est pas la violence, c’est la solidarité ».  

Ambre Lepoivre