Le Royaume-Uni dans l’impasse à l’approche du Brexit

Alors que le Royaume-Uni est censé quitter l’Union européenne le 31 octobre, les négociations patinent. Les ministres britannique et européen en charge du Brexit ont rendez-vous jeudi à Bruxelles pour tenter, une nouvelle fois, de trouver un accord de sortie. Pour l’instant, la perspective d’un no-deal est la plus probable.

« Vu le temps qu’il reste, il faudrait une extension du Brexit ». C’est ce qu’a affirmé David Haigron à Celsalab. Mais pour ce maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Rennes 2, le Premier ministre Boris Johnson préfère sortir de l’Union européenne sans accord le jour d’Halloween.

L’universitaire dénonce la stratégie du clash, propre à l’ancien maire de Londres. « Il veut sortir grandi de ce conflit avec l’Europe », analyse-t-il, soulignant le caractère combatif de celui qui « prétend incarner le peuple contre les élites ».

Une méthode qui porte ses fruits selon le professeur, car malgré son côté clivant, Boris Johnson reste le favori des sondages en cas d’élections législatives anticipées. « Les gens en ont marre. Ils veulent quelqu’un haut en couleur » qui mette en œuvre le Brexit. La victoire du UKIP aux dernières élections européennes montre la lassitude des Britanniques, fatigués par le Brexit qui s’éternise depuis plus de trois ans.

Préserver les accords de paix

Selon l’universitaire, l’accord de Theresa May, pourtant rejeté à trois reprises par le Parlement, faisait à peu près consensus. « Avec le backstop, l’accord posait une base de travail ». Ce filet de sécurité, qui permet d’éviter une frontière entre les deux Irlande, est perçu par Londres comme un rapprochement entre l’Ulster au nord et la république d’Irlande au sud.

S’il est indispensable pour les Européens, c’est pour préserver les accords de paix de 1998, qui mirent fin à trente ans de guerre civile entre catholiques et protestants. Selon David Haigron, le retour d’une frontière physique serait « un retour au passé traumatique pour beaucoup de familles ». Puis d’ajouter que l’Armée républicaine irlandaise (IRA) pourrait reprendre ses activités et raviver les tensions.

Les anti-Brexit espèrent toujours un second vote sur la sortie de leur pays de l’UE. « Certains veulent un autre référendum car ils estiment que la situation a changé. Et les jeunes, majoritairement contre le Brexit, ne pouvaient pas voter il y a trois ans », indique le professeur. Pour autant, pas sûr que le résultat serait différent. Pour David Haigron, il pourrait même être confirmé, si un second référendum avait lieu.

Alexandre Cool

Coupe du monde de rugby: face aux Fidji, le Pays de Galles s’est fait peur

Le Pays de Galles s’est imposé 29 à 17 face aux îles Fidji. (GABRIEL BOUYS / AFP)
Malgré une mauvaise entame de match, encaissant deux essais coup sur coup, les Gallois se sont imposés face aux îles Fidji (29-17) et se qualifient pour les quarts de finales.

Le match : Des Gallois renversants

Tout roule pour le XV du poireau. En battant les îles Fidji ce mercredi midi (29-17), le Pays de Galles a signé une troisième victoire en trois matches (dont un succès face à l’Australie) et a officiellement composté son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Et pourtant, les Gallois n’auraient pas pu plus mal commencer ce match. Encaissant coup sur coup deux essais en moins de dix minutes (Josua Tuisova, 4e, et Kini Murimurivalu, 9e), les diables rouges ont tout d’abord été bousculés par des Fidjiens dominateurs dans les contacts et qui avaient à coeur de faire oublier la déroute face à l’Uruguay.

Mais les joueurs du Pacifique se sont rendus coupables d’un excès d’indiscipline, sanctionné par deux cartons jaunes (Tevita Cavubati, 17e et Semi Kunatani, 29e). Obligés de jouer à 14 pendant vingt minutes, les Fidjiens encaissent à leur tour deux essais de l’inévitable Josh Adams (18e et 31e) et transformés par Dan Biggar quand Ben Volavola, côté fidjien, n’a su convertir ses tentatives. 14-10, le Pays de Galles vire finalement en tête à la pause.

Toujours aussi volontaires au retour des vestiaires, les Fidjiens parviennent à inscrire un essai de pénalité obligeant les Gallois à s’écrouler sur mall ravageur (17-14). Quelques instants plus tard, l’ouvreur gallois Biggar doit sortir sur blessure après une spectaculaire collision avec un coéquipier et on croit alors le match acquis à la cause des joueurs du Pacifique. C’était sans compter un rush rageur de Jonathan Davies, conclu par son ailier Adams (22-17), puis un quatrième essai de Liam Williams en contre qui valide un point du bonus offensif inespéré. Score final 29-17, les Gallois finiront vraisemblablement premiers de leur poule (en attendant leur dernier match face à l’Uruguay dimanche) et peuvent déjà penser à leur quart de finale le 20 octobre prochain face à la France (ou l’Angleterre).

Le joueur : Josh Adams signe un triplé

En défense, au contact de Josua Tuisova, puis de Kini Murimurivalu, auteurs des deux premiers essais fidjien, Josh Adams n’a pu que constater les dégâts. Mais quelle efficacité de l’autre côté du terrain de la part de l’ailier de Worcester. Toujours au soutien sur son aile, Josh Adams aura été l’auteur d’un triplé. Trois essais de pur ailier : accolé à la ligne, prêt à recevoir la dernière passe salvatrice, le joueur de 24 ans s’est d’abord illustré en réceptionnant une chandelle transversale et inspirée de Dan Biggar (18e), puis en aplatissant en bout de ligne (31e) avant de conclure la belle percée de Jonathan Davies (61e).

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Avec 4 essais en 3 matches, Josh Adams est devenu le meilleur marqueur de ce Mondial japonais.

Adrien Grange

Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme: les enjeux de la conférence

La France accueille, ce mercredi 9 octobre à Lyon, une conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Plusieurs pays vont y dévoiler leur financement pour les trois prochaines années, pour atteindre un objectif: recueillir 14 milliards de dollars, soit environ 12,8 milliards d’euros, pour la période 2020-2022 afin de sauver 16 millions de vies.

 

À Lyon, se tient pour la première fois la sixième conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Sida-Sidaction-AFP 

Lyon est en ce moment la capitale mondiale de la lutte contre le sida. Les 9 et 10 octobre, la ville accueille la sixième conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Organisée tous les trois ans, cette conférence est cruciale pour financer la lutte contre ces maladies infectieuses. La réunion rassemble les grands acteurs de la santé mondiale dans l’optique de mobiliser des partenaires pour éradiquer de la planète ces trois maladies qui font quelque trois millions de morts par an. Elle réunit 700 participants, dont 10 chefs d’État et de gouvernement, le chanteur Bono, co-fondateur de l’association RED et le milliardaire Bill Gates, premier contributeur privé à l’organisme via sa fondation.

Le président français avait proposé que la France soit le pays hôte de ce rendez-vous et a signé la charte  »Métropole sans Sida » le 7 octobre 2019. Cette signature engage la Métropole de Lyon dans des actions concrètes en termes de prévention contre les maladies les plus meurtrières au monde. Un ruban géant rouge, symbole de la lutte contre le sida, est affiché sur la façade de l’hôtel de ville.

Diviser de moitié le taux de mortalité

Durant deux jours, les donateurs vont annoncer la somme d’argent qu’ils envisagent de donner au Fonds mondial. Objectif : obtenir un engagement financier plus conséquent des pays les plus riches. Le plus grand donateur reste les Etats-Unis, à hauteur de 33% des contributions. La France est deuxième. Plus de 80 villes dans le monde (Amsterdam, Bruxelles, Madrid, Paris, New York, San Francisco, Bombay, Melbourne, Alger, Marrakech, Melbourne, Mexico, Buenos Aires…) contribuent financièrement au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

L’objectif du Fonds est de diviser de moitié le taux de mortalité à travers une récolte d’au minimum 14 milliards de dollars. L’argent doit permettre de financer les traitements pour 20 millions de personnes vivant avec le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine: type de virus qui peut causer le SIDA) dans le monde. Ca pourrait permettre de réduire le nombre de décès liés aux trois maladies de 2,5 millions en 2017, à 1,3 millions en 2023. La somme récoltée doit également permettre de renforcer les systèmes de santé, à travers des actions de surveillance, de diagnostic, de formation des professionnels de santé, afin d’assurer l’accès aux services de santé pour toutes et tous.

Selon le ministère de la Santé, il est « nécessaire de poursuivre les actions engagées et de renforcer une approche ciblée en direction des populations les plus exposées au VIH ».

 

Quelques chiffres

Statistiques sur l’état de l’épidémie de sida dans le monde en 2018 :

  • 1.7 million de personnes sont devenues nouvellement infectées par le VIH.
  • 37.9 millions de personnes vivaient avec le VIH.
  • 8 millions de personnes ne savaient pas qu’elles vivaient avec le VIH.
  • Chaque semaine, environ 6200 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans ont été infectées par le VIH.
  • 770.000 personnes sont décédées de maladies liées au sida dans le monde, contre 1,2 million en 2010. Les décès liés au sida ont été réduits de 33% depuis 2010.
  • À la fin de 2018, 19 milliards de dollars étaient disponibles pour la lutte contre le sida dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

Racha Miled