Plongée au cœur de l’univers Dargaud

 

Fondée en 1936, la maison d’édition Dargaud est la pionnière du marché de la bande-dessinée. Au début des années 1960, l’institution a su négocier le virage de la BD pour adultes. Elle demeure aujourd’hui la reine de l’édition franco-belge. Visite en coulisses.

Au numéro 15 de la rue Moussorgski, une artère sinueuse du 18ème arrondissement parisien, se dresse le siège de Média-Participations. Le groupe rassemble « la crème de la crème » de l’édition de bandes-dessinées française. Selon le 17ème classement annuel de Livre Hebdo, il arrive en tête des éditeurs de BD. La célèbre maison Dargaud occupe le premier étage de l’imposant bâtiment.

Sur une frise en noir et blanc, des photos-portraits de ceux qui ont fait la renommée de la maison accueillent les heureux visiteurs. Chaque bout de mur est un hommage à la bande-dessinée : les petits bonshommes de Bretécher, Hergé, Moebius ou Sfar se bousculent dans un joyeux désordre.

« Oh putain! Qu’est ce qu’ils ont foutu à l’imprimerie ?! ». Des jurons s’échappent du studio d’édition, suivis de quelques rires. Penché sur le dernier Manu Larcenet, le très attendu Rapport de Brodeck, dont la parution est prévue le lendemain, l’éditeur François le Bescond tourne les pages de l’album d’un air légèrement affolé. Des éclaboussures d’encre ont noirci plusieurs cases de l’ouvrage. Mais rien de très grave, il ne s’agit que du tirage destiné aux stocks de Dargaud.« Espérons que l’imprimeur n’ait pas envoyé le même à Manu, sinon il va nous faire un ulcère », s’amuse-t-il.

Un peu distrait par l’agitation ambiante, les quatre éditeurs-graphistes tentent de garder leur sérieux. Derrière son écran d’ordinateur, Nicolas apporte les dernières retouches à la couverture de Battling boy, le prochain opus de Paul Pope .

« La couverture est vraiment essentielle, c’est la vitrine de l’album. Mais il n’y a pas de formule magique, on la travaille main dans la main avec l’auteur », explique François le Bescond.

Si le studio d’édition constitue le centre névralgique de la maison, sa mémoire réside deux étages plus bas. Un colossal travail d’archive, réalisé par Nicolas Thibaudin. Tous les albums publiés par Dargaud depuis les années 1970 y sont rigoureusement classés et les originaux non numérisés soigneusement conservés. Une caverne d’Ali Baba pour les amoureux de la bande-dessinée.

 

Dargaud comme si vous y étiez :
Fanny Lauzier et Fanny Zarifi

 


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Bande-dessinée : les revers d’un succès
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