Célébrations du D-Day : Il faut sauver le soldat Ryan à nouveau au cinéma

Le réalisateur Steven Spielberg et l’acteur Tom Hanks ont assisté aux célébrations des 80 ans du débarquement, en Normandie. La raison ? Leur implication dans Il faut sauver le soldat Ryan, film emblématique sorti en 1998, et dont la scène du débarquement des Alliés sur Omaha Beach a été saluée pour son réalisme. Le film est à nouveau à l’affiche dans 300 salles de cinéma en France, à l’occasion des 80 ans du D-Day.

 

Camille Beaurain

Le D-Day en première ligne du tourisme mémoriel

Pour les 80 ans du débarquement, la Normandie s’attend à un déferlement de touristes, venus visiter les lieux de mémoire emblématiques de la Seconde guerre mondiale. Un secteur lucratif, que la région ne manque pas de développer.

Chaque année, ils sont 5,5 millions de touristes – dont 42% d’étrangers – à visiter les sites emblématiques de la mémoire : le mémorial de Caen, le cimetière américain ou encore les plages du débarquement. Ce chiffre ne fait qu’augmenter. Depuis une vingtaine d’années, la région Normandie mise sur le développement du tourisme mémoriel et investit massivement, soutenue par le gouvernement.

Les 78 millions d’euros mis sur la table ces dix dernières années par les acteurs du patrimoine ont permis de réaménager et rénover de nombreux lieux de mémoire : parcours fléchés, mémorial de Caen (600 000 visiteurs par an), construction du mémorial de Ver-sur-Mer. Tous les lieux de mémoire français sont regroupés sur le site « Les Chemins de la mémoire ».

Le tourisme mémoriel, un fer de lance de l’économie normande

Au-delà de faire perdurer la mémoire d’un héritage français douloureux, le tourisme mémoriel est au cœur des investissements de la région Normandie. Les investissements et les campagnes massives de publicité faites depuis les années 2000 rapportent environ 3 milliards d’euros par an à la France. Le gros des recettes se concentre en Normandie qui concentre 40% du tourisme mémoriel dans le pays.

Ainsi, les revenus sont fructueux, avoisinant les 700 millions d’euros en 2022 pour la région Normandie. Et si certains dénoncent la capitalisation sur une mémoire collective douloureuse et une marchandisation de l’histoire, ce tourisme est essentiel pour la région Normandie. De fait, 80% des visiteurs de la région s’y rendent pour visiter un lieu de mémoire. Le tourisme mémoriel nourrit également le secteur de l’emploi, avec 8500 emplois directs et indirects qui découlent de ce secteur.

Un secteur en développement

Au fur et à mesure que les années passent, le tourisme augmente. Une cinquantaine de sites ouverts ont été aménagés pour l’occasion, les produits dérivés abondent et tout cela contribue à faire vivre l’économie de la région. Cette mercantilisation du D-Day n’est pas près de s’arrêter et certains la déplorent, notamment des locaux et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. D’ici 2026, la facture s’allongera de 100 millions d’euros pour la construction du Normandy Memory, une reconstitution immersive de la bataille de Normandie.

Et le tourisme mémoriel ne se cantonne par seulement à la Normandie. Il s’empare largement de l’Hexagone. Sur le champ de bataille de Verdun, ce sont 500 000 curieux qui affluent chaque année. À Saint-Nazaire, la Base sous-marine a été rénovée spécialement pour accueillir l’office du tourisme en plus des visiteurs.

De gros chiffres attendus pour les 80 ans

Cette année, les chiffres attendus seront conséquents : les recettes liées au tourisme mémoriel devraient dépasser les 3 milliards d’euros habituels, avec un effet « anniversaire » particulièrement sensible : déjà pour les 75 ans du débarquement, la région avait accueilli 6 millions de touristes au lieu des 2 millions habituels. Avec l’effervescence des 80 ans du débarquement et la visite de plusieurs chefs d’Etat, les hôtels et les campings ont été pris d’assaut. Dans un périmètre de 50 kilomètres autour des plages du débarquement, 95% des logements sont déjà réservés pour la première quinzaine de juin.

Eléonore Claude

Le Mont Saint Michel veut avoir Internet

Un collectif s’est créé dans la Baie du Mont-Saint-Michel (Manche) pour dénoncer les problèmes de réseau téléphonique. Des habitants et des commerçants sont prêts à bloquer l’A84 pour trouver une solution.

Le Mont Saint Michel est une zone blanche pour le réseau téléphonique et internet. Crédit : JacLou
Le Mont Saint Michel est une zone blanche pour le réseau téléphonique et Internet. Crédit : JacLou

Pas de réseau et encore moins de 4G, recevoir un coup de téléphone est un véritable parcours du combattant dans la Baie du Mont-Saint-Michel. Le monument classé au patrimoine mondial de l’Unesco accueille 2,5 millions de visiteurs par an et les touristes ne peuvent pas partager immédiatement leurs souvenirs sur les réseaux sociaux. Certains endroits de la Baie sont en zone blanche.

C’est surtout handicapant pour les habitants et les commerçants. Un collectif a été lancé pour mettre fin à cette fracture numérique : les Oubliés du Val Saint Père. Ces oubliés sont même prêts à bloquer d’ici quelques semaines l’autoroute A84 pour trouver une solution.

Le syndicat mixte Manche Numérique, un rassemblement de collectivités territoriales, travaille sur la réduction de la fracture numérique. Mais aucune solution immédiate n’est trouvée pour le moment. Quant à la fibre optique, elle est prévue… pour 2020.

 

Alice Pattyn