Raoni en tournée européenne pour alerter sur la déforestation

Le légendaire chef indigène Raoni Metuktire entame aujourd’hui une tournée en Europe de sensibilisation aux enjeux de la déforestation en Amazonie.
Le chef indigène combat pour les droits des peuples indigènes depuis plus de 40 ans./ Geraldo Magela – Agência Senado – Creative Commons

Arrivé hier à Paris, il entreprend un voyage de trois semaines pour s’entretenir avec différents chefs d’États européens, ainsi que le Pape François. Il rencontrera le président français, Emmanuel Macron, et son ministre de l’environnement François de Rugy dans les prochains jours avant de se diriger, accompagné de trois autres chefs de la région du Xingu, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco, en Italie et au Vatican où une rencontre avec le Pape François est prévue. 

Celui qui a autrefois écumé les festivals et salles de concerts avec le chanteur Sting pour alerter sur la déforestation en Amazonie, tentera de collecter un million d’euros pour la protection de la réserve de Xingu. Véritable « île verte », celle-ci abrite 25 communautés autochtones du Brésil. L’objectif : réhabiliter le périmètre de la réserve d’environ 1700 km. 

Le combat de toute une vie 

Raoni Metuktire combat la déforestation depuis plus de 40 ans. C’est le film « Raoni » réalisé par Jean-Pierre Dutilleux, sélectionné à Cannes en 1977 et aux Oscars en 1978, qui le fait connaître du grand public. Grâce à son abnégation et une tournée mondiale organisée en 1989 par l’association Forêt Vierge, dont le siège est à Paris, la Grande Réserve du Xingu a été créée et officialisée par un décret présidentiel brésilien en 1993. 

Depuis il continue son lutte pour la reconnaissance des droits des indigènes et la protection de leurs terres. Un combat qui s’avère de plus en plus difficile à mener depuis l’élection de Jair Bolsonaro comme président du Brésil en janvier dernier. Ce dernier entend ouvrir les territoires autochtones à l’exploitation minière et agricole ainsi qu’un assouplissement des normes d’octroi de permis d’exploitation forestière. 

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Raoni Metuktire sera ce soir sur le plateau du journal de France 2 en amont de sa rencontre avec Emmanuel Macron.

Thomas Coulom

Amazonie : le poumon de la planète menacé

L’arrivée au pouvoir en janvier dernier de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil a accentué les inquiétudes des défenseurs de la forêt amazonienne.
La forêt amazonienne possède la plus grande diversité d’espèces de la planète./ Crédit : Véronique Debord-Lazaro – Flickr

Le président d’extrême droite revendique une stratégie d’exploitation des sols et des forêts de l’Amazonie ainsi qu’une volonté d’acculturation violente des populations autochtones. En campagne il avait prononcé ces mots dans un discours : « Les minorités devront s’adapter à la majorité ou simplement disparaître. » Il s’est aussi engagé à retirer le Brésil de l’Accord de Paris sur le climat si Brasília ne conservait pas la pleine souveraineté sur l’Amazonie. Le président a également mis en place un processus de militarisation de la branche environnementale du gouvernement, en nommant  des cadres de l’armée à des postes clés. Son objectif : « Mettre fin au cadre idéologique du secteur, dirigé par des ONG (…) » 

Pour rappel, la déforestation, qui avait baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, a augmenté drastiquement: +54% par rapport à janvier 2018, d’après l’ONG Imazon. La forêt amazonienne possède la plus grande diversité de la planète. On y compte un nombre impressionnant d’espèces : 40.000 de plantes, 3.000 de poissons d’eau douce, près de 1.300 d’oiseaux, 370 de reptiles. C’est la plus grande forêt pluviale au monde, elle représente 50% de la surface des forêts tropicales. 63% de cette forêt repose sur le territoire brésilien. 

Selon les projections du Fonds mondial pour la nature (WWF), si son exploration se maintient à ce rythme, 55% de sa surface aura disparu d’ici 2020. 

Thomas Coulom 

Le MMA s’est construit aux 4 coins du monde

Le Brésilien José Aldo (à gauche) et l’Irlandais Conor McGregor (à droite) lors de la 189e soirée UFC, à Las Vegas en juillet 2015.

Les arts martiaux mixtes sont un sport de combat hérité du pancrace antique qui était très populaire en Grèce. Mélange de boxe et de lutte, cette discipline n’était régie que par deux règles : l’interdiction de mordre et de frapper aux yeux. Avec les conquêtes d’Alexandre le Grand, cette forme de combat libre se propage en Asie pour donner naissance à d’autres arts martiaux mais subit un véritable déclin en Europe au profit d’autres disciplines davantage réglementées.

Le combat libre réapparut au Brésil dans les années 1920 avec la famille Gracie. Proche d’un immigré japonais champion de judo, le père Gracie lui demande de dispenser des enseignements de combat à ses deux fils. Quelques années plus tard, en 1925, ces derniers ouvrent une académie de ju-jitsu à Rio de Janeiro et commencent à y développer un nouvel art martial basé sur la puissance et effaçant les inégalités de corpulence : le  “Gracie Jiu-Jitsu”. Forts de cette création, ils mettent au défi les combattants locaux, en particulier d’autres disciplines, avec le “Challenge Gracie” : il s’agit de combats de “Vale Tudo”, signifiant “tout est permis” en portugais. Le succès est tel que les compétitions organisées par les Gracie investissent les stades de football du pays, Hélio (le plus jeune frère) devenant la première icône sportive brésilienne.

Au début des années 1980, Rorion Gracie (fils d’Hélio) exporte le concept en Californie. Dix ans plus tard, il crée l’Ultimate Fighting Championship (UFC) avec Art Davie, un homme d’affaires qui s’intéresse au combat libre à la suite d’un voyage en Thaïlande et Bob Meyrowitz, président d’une société spécialisée dans la retransmission d’événements sportifs par le système de pay-per-view. La première soirée UFC se tient le 12 novembre 1993 à Denver (Colorado) avec des combats sans catégorie de poids ni limite de temps. Face à de nombreux détracteurs politiques, l’UFC manque de disparaître aux Etats-Unis à la fin de la décennie. C’est alors que deux dirigeants de médias et casinos de Las Vegas, les frères Fertitta, décident de relancer l’organisation en dédiabolisant l’image du MMA par une réglementation des combats, laquelle subsiste encore aujourd’hui. T.T.