Coronavirus : en Allemagne, la remontée du taux d’infection alerte les autorités

Alors que le déconfinement s’amorce peu à peu outre-Rhin, l’Allemagne enregistre une nouvelle hausse du nombre de contaminations au Covid-19 sur son territoire après une accalmie notable ces dernières semaines. 

Des masques en vente dans les stations de métro à Berlin, afin d’endiguer la propagation du coronavirus. (Photo by Tobias Schwarz / AFP)

Depuis le 20 avril, les magasins ouvrent peu à peu, et les élèves retournent sur les bancs de l’école. Alors que les Lander, États fédéraux allemands et autonomes en matière de santé, entament peu à peu leur phase de déconfinement, la remontée du taux d’infection alarme les autorités et le secteur médical.

D’après les chiffres publiés lundi 28 avril par l’Institut Robert Koch, en charge de la surveillance de l’évolution de l’épidémie de coronavirus, le taux d’infection a de nouveau atteint le seuil de 1.0 – en d’autres termes chaque malade contamine une autre personne – alors qu’il avait chuté à 0.7 mi-avril. Les virologues et les autorités avaient jusqu’ici toujours insisté sur l’importance de maintenir un taux inférieur à 1.

Un déconfinement qui brûle les étapes ?

Angela Merkel, qui a maintes fois souligné que ce retour à la normale était précipité, s’inquiète de la capacité d’accueil des hôpitaux. Bien que le pays soit largement équipé et ne compte « que » 5 913 décès pour 156 337 cas d’après les derniers chiffres, un nouveau pic pourrait engendrer la saturation des services de réanimation. « A 1.1, nous pourrions atteindre les limites de notre système de santé en termes de lits en réanimation d’ici octobre. Avec un taux à 1.2, nous atteindrons les limites de notre système de santé en juillet. Avec un taux à 1.3 nous y arriverons déjà en juin », a ainsi alerté la chancelière.

L’Allemagne, jusqu’ici érigée en modèle dans la gestion de la crise sanitaire, compte aussi une hausse du taux de létalité des cas de Covid-19. Établi à 3,8%, il reste cependant plus bas que celui des pays voisins. Selon certains rapports, il serait de 4% en France et de 8% en Italie.

Ces observations risquent de ralentir le déconfinement alors que les Allemands retrouvent peu à peu un semblant de normalité dans leur vie quotidienne et que de nombreux Lander sont favorables à une levée des messures. Le gouvernement et les régions doivent se réunir jeudi afin de discuter des prochaines étapes du déconfinement, avant des décisions attendues le 6 mai.

 

Colette AUBERT

Fusillade à Halle : ce que l’on sait

Deux personnes au moins ont été tuées mercredi 9 octobre lors d’une attaque à l’arme à feu en pleine rue, à Halle (Saxe-Anhalt) dans l’est de l’Allemagne.

 

  • Deux morts et deux blessés graves : Le nombre total de blessés est pour l’instant inconnu. L’hôpital de Halle a signalé deux blessés graves en train d’être opérés, en plus des deux morts. L’un des corps a été aperçu couvert d’une bâche bleue sur le bitume, juste après l’attaque.

 

  • Une synagogue était visée : D’après Max Pivorozki, le président de la communauté juive de Halle, le tireur n’a pas pu pénétrer dans le bâtiment, protégé par une porte sécurisée. Près de 80 personnes y célébraient la fête religieuse de Yom Kippur. Après avoir tiré sur la synagogue, le ou les assaillants ont ensuite visé un restaurant turc avec une grenade. Des tirs ont également été entendus à Landsberg, à quinze kilomètres de Halle. Aucun lien n’a pour l’instant été établi entre les deux attaques. Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme habillé en kaki et casqué, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue.

 

  • Un des auteurs présumés interpelé : Après l’attaque, les auteurs présumés se sont enfuis à bord de leur véhicule. La police de Halle a déclaré avoir arrêté un homme mais elle conseille tout de même aux habitants de rester chez eux.

Des vidéos amateur ont été postées sur Tweeter. On y voit un homme d’apparence calme en tenue militaire kaki et casqué, tirer avec un fusil d’assaut. Il n’y a pas d’images d’un autre assaillant.

  • Le parquet terroriste saisi : Pour l’instant, nous ne savons pas si les auteurs se revendiquent d’une idéologie.  Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie. L’affaire a réveillé la crainte d’un terrorisme d’extrême droite à l’image de celui du groupuscule néonazi NSU, responsable du meurtre d’une dizaine d’immigrés en Allemagne entre 2000 et 2007. Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par ls autorités.

 

 

Antonella Francini

 

 

Hausse d’environ 20% des actes xénophobes et antisémites en Allemagne en 2018

Le ministre des Affaires étrangères social-démocrate Heiko Maas s’est inquiété publiquement de cette hausse. / Crédit : aesthetics of crisis – Flickr – Creative Commons

Les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur allemand publiés mardi font état de 7 701 actes criminels xénophobes enregistrés en 2018, ce qui correspond à un bond de 19,7% comparé à 2017. 1 799 actes antisémites ont été enregistrés en 2018, un chiffre constant.
Le ministre de l’Intérieur conservateur Horst Seehofer a indiqué en conférence de presse que 90% des auteurs de ces actes proviennent de milieux d’extrême-droite. Mais l’Allemagne ne fait pas exception en Europe. En France, les actes antisémites ont bondi de 74% en 2018.

Thomas Coulom

Allemagne : deux nouveaux morts dans l’affaire des « meurtres à l’arbalète »

Le tueur présumé aurait abattu cinq personnes, dont trois avec une arbalète. / Crédit : Flickr

Deux nouveaux corps ont été retrouvés dans l’affaire de la tuerie à l’arbalète à Gifhorn (Basse-Saxe) en Allemagne ce lundi 13 mai. Les nouvelles victimes sont deux femmes âgées de 30 et de 35 ans et dont la police n’a pas encore dévoilé les causes du décès.

La découverte fait suite à celle de trois autres cadavres, trouvés dans une auberge isolée de Passau (Bavière), ce dimanche.  C’est la femme de ménage qui avait découvert les corps, deux jours après que le trio se soit enregistré dans l’établissement, situé à 600 km de la frontière autrichienne. Un homme et une femme gisaient sur le lit, main dans la main, des flèches enfoncées dans le crâne et le torse. La troisième victime, un homme, était étendu sur le sol, un carreau planté dans le crâne. Trois arbalètes ont été découvertes dans la chambre, dont une dans un sac.  Un client de l’hôtel déclare avoir vu les trois individus monter dans leur chambre, sans bagages. « Un étrange trio » selon ce dernier. C’est en fouillant l’appartement de l’une des victimes que les deux nouveaux corps ont été découverts, portant à cinq le nombre de macabés dans cette histoire.

Le mystère reste entier dans cette affaire, certains détails feraient penser à un suicide collectif. La police allemande, serait à la recherche d’un pickup aperçu sur les lieux de la première tuerie, arborant un dessin d’archer sur la carrosserie.

Selon un porte-parole de la Fédération allemande de tir à Wiesbaden, interrogé par l’agence DPA, les arbalètes peuvent être achetées sans autorisation dès l’âge de 18 ans.

Edouard Lebigre avec l’AFP