Coronavirus : résultats reportés, entraînement perturbé, l’incompréhension des aspirants professeurs d’EPS

Toujours dans le flou concernant la publication de leurs résultats d’admissibilité prévus le 14 avril en raison du confinement mis en place, les candidats au CAPEPS continuent leur préparation pour les épreuves orales d’admission dont les contours ne sont pas encore connus.

Les candidats au concours de professeur d’EPS se préparent pour les épreuves orales malgré une situation floue. (USAG Humphreys – Bob McElroy Creative Commons)

Les 6 817 candidats au certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive (CAPEPS) rongent leur frein depuis le 14 avril, date initiale de publication des résultats des épreuves d’admissibilité qui se sont tenues à la mi-mars, et en février pour le concours interne. Mais l’épidémie de coronavirus et le confinement ont boulversé le calendrier.

Le ministre de l’Education, Jean Michel Blanquer, avait d’abord confirmé le 15 avril sur LCI le maintien des oraux d’admission en « juin-juillet » pour ces concours. Puis André Cavel, président du jury du CAPEPS avait annoncé les résultats « fin de semaine » soit le vendredi 24 avril, avant de repousser leur publication à une date inconnue. « Nous serons sans doute fixés dans la seconde moitié de la semaine prochaine (ndlr : semaine du 27 avril au 1er mai) après les annonces du Premier Ministre sur le déconfinement et le temps d’une déclinaison des mesures au niveau de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur », a-t-il écrit dans un mail destiné aux formateurs vendredi dernier.

« J’ai l’impression qu’on s’en fiche de nous »

Déstabilisés par l’incertitude, les étudiants confinés continuent toutefois en ligne la préparation de leurs éventuelles épreuves orales avec leurs formateurs. Mais Noémie (le prénom a été modifié), étudiante en première année de master STAPS à Lyon, se sent « mise de côté ».

« Si la date du 11 mai avait été fixée dès le début, on ne serait pas dans cet état d’esprit. Je me sens un peu perdue. J’ai vraiment l’impression qu’on s’en fiche de nous. »

Chaque année, les candidats admissibles passent les épreuves orales à Vichy et sont évalués sur une mise en situation professionnelle, un entretien oral et des prestations physiques. Là encore, les étudiants n’ont aucune certitude quant au maintien de ces modalités de concours, suspendues au processus de déconfinement qui sera éclairci par Edouard Philippe ce mardi. L’inaccessibilité des structures d’entraînement et équipements nécessaires posent la question de la tenue de ces épreuves. Noémie détaille la difficulté de se préparer dans ces conditions.

« Même nos enseignants évoquent la possibilité d’une annulation des épreuves physiques. Je fais des exercices de musculation et je cours de temps en temps pour me maintenir en forme mais se préparer à la course de haies ou à la natation chez soi, c’est impossible. A la limite, la danse peut se faire chez soi, mais n’étant pas une spécialiste je suis très vite limitée dans mes idées. »

Arnaud Rachon, étudiant en deuxième année de master à Strasbourg, profite d’un confinement chez ses parents à la campagne pour se « préparer à toute éventualité » malgré « l’incompréhension ». S’il est admissible et que les modalités de concours sont maintenues, il devra, entre autres, réaliser une épreuve de 800m et un lancer de javelot. En phase de réathlétisation après une longue blessure, Arnaud adapte sa préparation à ces épreuves spécifiques grâce à des programmes d’entraînement dénichés sur Internet.

« Cette attente relève du mépris »

Conscient des « effets délétères » que peut avoir cette attente sur « la qualité du recrutement 2020 », André Cavel rappelle que le ministère de l’Education prévoit « un délai de trois semaines minimum entre la publication de l’admissibilité et le début des épreuves d’admission, ce qui donne au ministère une marge qu’il utilise pour éviter des ‘stop and go’ inutiles et source également d’angoisse. »

Au contraire, le Syndicat national de l’Education physique et sportive (SNEP FSU) considère que « cette attente relève du mépris » et upresse le ministère de publier les résultats.

 

Kévin Gasser

Coronavirus : si l’épidémie persiste, les JO de Tokyo en 2021 seront annulés

Les Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’été 2021 à cause de l’épidémie de COVID-19, seront annulés si la pandémie n’est pas maîtrisée, a déclaré ce mardi le président du comité japonais d’organisation Yoshiro Mori.

Et si les JO de Tokyo 2020 étaient annulés définitivement ? C’est une éventualité devenue plausible depuis l’interview du président du comité japonais d’organisation Yoshiro Mori, accordée ce mardi au quotidien sportif Nikkan. Affirmant que, si en 2021 la pandémie de Covid-19 est toujours en cours au Japon, « alors il faudra annuler » les Jeux olympqiues, le président a été catégorique sur l’impossibilité de les repousser une nouvelle fois en 2022.

Yoshiro Mori avait d’ailleurs déjà balayé l’hypothèse d’un second report jeudi dernier en soulignant qu’ « en pensant tant aux athlètes qu’aux problèmes engendrés pour l’organisation, il est techniquement difficile de reporter de deux ans » la compétition. Pour rappel, dans l’histoire des Jeux olympiques, seules deux olympiades avaient été annulées, en période de guerre : en 1940 à Tokyo et en 1944 à Londres. Le président du comité japonais a d’ailleurs comparé la lutte contre le Covid-19 à « une bataille contre un ennemi invisible« .

Le corps médical pessimiste

Yoshitake Yokokura, président de l’association médicale du Japon, a également fait part de ses réserves concernant la tenue des olympiades en 2021. Interrogé sur la question lors d’un point presse ce mardi, il a estimé que la bonne tenue des Jeux ne pourrait se faire uniquement à condition d’avoir trouvé un vaccin d’ici-là. »Je ne dis pas qu’ils ne devraient pas avoir lieu mais ce serait excessivement difficile« , si aucun vaccin n’était trouvé, a-t-il déclaré.

Et Yoshitake Yokokura n’est pas le seul à faire part de son pessimisme sur la situation. Le 20 mars dernier déjà, le spécialiste des maladies infectieuses de l’université de Kobe (ouest), Kentaro Iwata, affirmait : « Honnêtement, je ne pense pas qu’il soit probable que les Jeux olympiques aient lieu l’année prochaine ». Le nombre de cas d’infection au coronavirus confirmés au Japon est passé lundi à 13 613 contaminés et 394 nouveaux décès selon le diffuseur public NHK. Si ces chiffres restent encore assez faibles et sont en baisse depuis plusieurs jours, la gestion de crise du gouvernement de Shinzo Abe demeure critiquée, particulièrement concernant le peu de tests effectués. La question des Jeux olympiques de 2020 avait également suscité certaines polémiques autour du gouvernement, accusé de mettre bien trop de temps à se résigner à reporter les olympiades d’un an. Ce report représente un immense défi logistique et économique, et une annulation définitive des Jeux olympiques serait une véritable catastrophe pour l’archipel.

Louis Augry

Coronavirus : tout comprendre à la confusion actuelle sur la reprise du foot en Europe

Instances nationales et internationales, syndicats de joueurs et associations de clubs s’écharpent sur le devenir des compétitions. Si le coronavirus bouscule l’agenda du ballon rond, il souligne d’autant plus la division au sein du système directif du football, partagé entre intérêts économiques particuliers et conflits ouverts.

Entre match à huis-clos et interruption définitive, le football européen évolue dans le flou. @Pixabay

Dans les travées vides de supporters, un sourd tohu-bohu résonne cependant. Car si le monde du ballon rond a dû se plier aux exigences sanitaires de la crise du coronavirus, interrompant l’ensemble des saisons en cours, l’arrière garde s’active. Depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement en Europe, début mars, les instances directrices se livrent en effet à une véritable bataille rangée dans la perspective de la reprise des compétitions. Des intérêts multiples alimentent ces dernières semaines une cacophonie générale. La reprise des championnats comme pomme de discorde, cette situation dantesque reflète les conflits entre ces structures sportives complexes et leur enchevêtrement forcé.

C’est d’abord une course au calendrier qui est à l’origine de cette guerre désormais ouverte entre l’ensemble des acteurs du football. Dépendantes des gouvernements respectifs de leur pays, les associations de clubs professionnels calibrent la réouverture des championnats nationaux en fonction des décisions prises sur les territoires. La fédération néerlandaise a été ainsi la première, vendredi 24 avril, à prendre la décision de l’arrêt définitif de l’Eredivisie, compétition de premier échelon national, suite à la décision du gouvernement d’interdire les événements publics jusqu’au 1er septembre. Le championnat belge devrait acter une décision similaire ce lundi 27 avril.

Enjeux financiers

Pour l’heure, l’incertitude demeure pour les plus importants championnats européens. En Allemagne, les clubs, qui ont repris l’entraînement depuis début avril, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils étaient prêts à reprendre les matchs à partir du 9 mai. Une volonté qui va de pair avec les exhortations continues de la Ligue allemande de football et des clubs depuis l’immobilisation du championnat, le 13 mars. Une irrésistible passion du ballon ? L’intérêt est d’abord financier : si le championnat parvient à sa conclusion initiale, les clubs de la Bundesliga pourront toucher les droits télévisés gelés depuis la mise en suspens de la compétition, équivalent à environ 300 millions d’euros. Et ce même si la saison se clôturerait par des rencontres à huis clos, comme l’avait indiqué Jens Spahn mardi 21 avril : « Avec des précautions, les matchs à huis clos seront certainement à nouveau possibles », avait alors acquiescé le ministre allemand de la santé.

Ce choix aurait d’ailleurs fait l’objet de la bénédiction de l’Union des associations européennes de football (UEFA) il y a peu. Responsable de l’organisation des compétitions à l’échelle continentale, l’organisme défend bec et ongles, depuis la mise en parenthèse du football européen, l’achèvement des championnats nationaux avant le 3 août. La raison ? Mettre en branle les phases finales des Ligue Europa et Ligue des Champions d’ici la fin de la période estivale aoûtienne. L’UEFA compte ainsi toucher des droits télévisuels salvateurs, alors que l’organisme craint une faillite précipitée par l’onéreuse perte des recettes d’un Euro 2020 reporté à l’année suivante.

Entre joueurs, clubs et instances : la foire d’empoigne

Alors que cette perspective européenne n’est pas encore actée, l’UEFA veut donner le change aux instances nationales, quitte à franchir le Rubicon. L’instance était d’abord partisane d’une exclusion des Coupes d’Europe, l’an prochain, des clubs évoluant dans des championnats qui auraient mis un terme jugé « prématuré » et « non justifié » à la saison. Depuis, elle a changé de braquet : en cas d’arrêt définitif des championnats, la participation aux prestigieuses compétitions européennes sera adjugée à un énigmatique « mérite sportif », dont les modalités sont laissées à l’autorité des ligues nationales.

Reste que certaines instances nationales demeurent évasives sur la question de la reprise des matchs. En France notamment, la Ligue table sur la date du 17 juin pour un retour sur les pelouses, et la fin du mois d’août pour le lancement de la saison 2020-2021. Les joueurs, représentés par le syndicat UNFP et son coprésident Sylvain Kastendeuch, avaient cependant critiqué cette éventualité dès le lundi 20 avril. Plaidant pour une saison blanche, le communiqué a suscité la stupeur des dirigeants de la Ligue et des clubs, et donné de l’eau au moulin du dirigeant de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas.

Le président de l’OL défend l’idée d’une reprise de la saison actuelle en septembre, de manière à conclure l’exercice en décembre. Une opinion qui flairerait l’aubaine pour la fédération mondiale, la Fifa, qui se refuse pour l’heure à tout changement de calendrier concernant l’organisation de la Coupe du monde 2022, prévue entre le 21 novembre et le 18 décembre 2022 au Qatar. Or, alors que la fédération internationale promeut ainsi l’arrêt ou le report des compétitions, l’alternative lyonnaise reste inacceptable pour l’UEFA, qui fait pression au forceps sur les ligues nationales en faveur d’une reprise des matchs. Pis, l’entente entre les deux organismes internationaux paraît plus qu’incertaine, cet affrontement d’intérêts n’étant qu’un acte dans une empoignade de longue durée.

Impact sur le classement, et sur la santé

Une autre source de mésentente réside sur un plan purement sportif : l’arrêt des championnats engendrerait l’immobilisation du classement à l’occasion de la dernière journée jouée, ou bien l’établissement d’une saison sans champion. De quoi contrarier certains clubs qui visaient le podium, et d’autres qui souhaitent éviter la relégation. Liverpool, qui occupait largement la tête de la Premier league anglaise en février, n’occulte en rien sa volonté de poursuivre une saison synonyme de sacre. Un titre potentiel que le club, emmené par Jürgen Klopp, n’avait pas connu depuis 1990. De même, le Toulouse Football Club (TFC) a soumis à la Ligue de football professionnel (LFP), instance qui dirige le football français, le projet de déclarer une saison blanche en cas de non-reprise du championnat. La lanterne rouge de la Ligue 1 voudrait ainsi tirer profit de cette période exceptionnelle pour le monde du football afin d’éviter une relégation historique pour le Téfécé.

Les championnats espagnol et italien, qui comptent parmi les plus importants championnats de football en Europe, demeurent en attente des décisions gouvernementales. Ce sont notamment les protocoles de santé mises en place auprès des joueurs qui justifient cet atermoiement, dans ces deux États particulièrement touchés par la crise du coronavirus. De fait, la Serie A italienne et la Liga espagnole collaborent avec leurs ministères de la Santé respectifs, malgré les remontrances des associations de joueurs qui rappellent, dans un communiqué conjoint publié le 25 avril, « que d’autres groupes de la société ont plus besoin de tests et d’accès à des équipements de santé ». Alors que le ministère espagnol des sports annoncé un retour possible à l’entraînement le 18 ou le 25 mai, les clubs du premier championnat italien ont réaffirmé, mardi 21 avril, leur volonté de reprendre le chemin des stades à partir du 4 mai.

En France, la ministre des sports Roxana Maracineanu a expliqué, dans un entretien à l’Equipe donné mercredi 22 avril, que les services de santé « travaillent aux protocoles de reprise avec les médecins du sport ». Le calendrier de la fin des compétitions européennes cette année reste en suspens. Entre défense hargneuse et contre-attaque, reste à savoir qui remportera cette rencontre à la finalité incertaine.

Hugo Roux

Formule 1 : le début de saison de F1 encore repoussé après l’annulation du Grand Prix de France

Le championnat du monde de F1 ne débutera finalement pas sur le circuit Paul-Ricard 

Le championnat du monde de Formule 1, qui aurait dû débuter le 15 mars dernier à Melbourne devra encore attendre. Le Grand Prix de France, prévu le 28 juin, qui devait lancer la saison est à son tour annulé ce lundi en raison du coronavirus.

Les annulations de courses s’enchaînent en Formule 1, et le début de saison s’éloigne encore un peu plus. Prévue le 28 juin prochain sur le circuit Paul Ricard du Castellet dans le Var, l’édition 2020 du Grand Prix de France a été à son tour annulée ce lundi en raison du coronavirus et des confinements, ce qui porte à dix le nombre de courses de F1 annulées ou reportées depuis le début de l’épidémie.

Compte tenu de l’évolution de la situation liée à la propagation du virus Covid-19, le Grand Prix de France prend acte des décisions annoncées par l’Etat rendant impossible le maintien de notre événement. Les regards du GIP Grand Prix de France – Le Castellet se tournent déjà vers l’été 2021 afin d’offrir à nos spectateurs un événement encore plus inédit au cœur de la Région Sud », a déclaré ce lundi matin Eric Boullier, directeur général du Grand Prix de France.

L’organisation de la course a également fait savoir que pour les détenteurs de billets, les modalités de remboursement allaient être précisées prochainement sur le site  www.gpfrance.com, et que le GP s’engageait également à faciliter le remboursement des services annexes commercialisés sur son site (camping, navette, parking).

L’Autriche en pole position pour lancer la saison

Alors que les dix premières courses de la saison ont donc été annulées ou reportées à cause du coronavirus, les regards des fans de F1 se tournent désormais vers l’Autriche. Dans la foulée de l’annulation du GP de France ce lundi, le PDG de la F1 Chase Carey a tenu à apporter quelques précisions sur le calendrier du championnat du monde. Et comme c’était pressenti depuis plusieurs jours déjà, ce devrait être l’épreuve autrichienne de Spielberg qui se retrouvera en pole position pour lancer la saison : « Nous visons un début de course en Europe en juillet, août et début septembre, avec la première course qui aura lieu en Autriche le week-end du 3 au 5 juillet. En septembre, octobre et novembre, nous devrions courir en Eurasie, en Asie et aux Amériques, et terminer la saison dans le Golfe en décembre avec Bahreïn avant la traditionnelle finale à Abu Dhabi, après avoir effectué entre 15 et 18 courses. Nous publierons notre calendrier définitif dès que possible ».

Si rien n’est officiel pour le moment, Chase Carey a également évoqué la probabilité que ce début de saison en juillet se fasse à huis clos. Le PDG a notamment assuré que la santé et la sécurité de tous serait la priorité de l’organisation et qu’ils ne lanceraient le championnat qu’en étant sûrs de ne prendre aucun risque sanitaire. Le directeur du Grand Prix de Grande-Bretagne Stuart Pringle a par ailleurs déjà annoncé que la course prévue le 19 juillet se déroulerait à huis clos si elle était maintenue.

Louis Augry