Que donne la nouvelle version du média Explicite ?

Le pure player Explicite lancé par les anciens d’Itélé le 5 avril dernier se veut être le nouveau média de l’indépendance et de la pédagogie. 

 « L’info mérite qu’on l’Explicite » voilà le slogan du nouveau média numérique 100% financé par ses abonnés. Ce nouveau pure player a pour dessein d’approfondir l’actualité pour la rendre accessible à tous.

 

 

Des formats innovants

Explicite présente l’actualité la plus importante du jour mais se concentre surtout sur des thématiques peu abordées ou peu « explicitées ». On y trouve des documentaires longs formats (58 minutes), des portraits, des interviews, mais aussi « L’Euroscope » permettant de faire un point hebdomadaire sur l’actualité des pays européens. On trouve également la rubrique « Sur la route » présentant une série de reportages sur la French Riviera, de même que la rubrique « #diapo-son », qui traite de sujets sans voix-off, mettant en valeur des acteurs de la société.

Une approche pédagogique

Le maître-mot d’Explicite, c’est la pédagogie. Le média veut, en effet, pouvoir rendre l’information accessible à tous. La rubrique « L’hexagone » permet à chacun de pouvoir appréhender tous les enjeux et la complexité d’un sujet. C’est ce que le cofondateur du site Olivier Ravanello a expliqué dans C a vous, le 5 avril : « On a développé un outil, un hexagone, vous appuyez sur l’hexagone et vous avez toute la connaissance qui vous permet de comprendre l’actualité que vous êtes en train de voir sur Explicite. Si vous êtes un étudiant, un lycéen, vous avez envie d’apprendre des choses, vous pouvez le faire sur Explicite. »

Les vidéos « Expli » permettent de revenir sur des sujets de manière ludique et explicative en quelques minutes avec des schémas et infographies.

Extrait de la rubrique « Expli » sur le transport ferroviaire

Un procédé déjà utilisé par « Le Monde » et Franceinfo mais largement plus présent sur ce pure player qui met le format vidéo au coeur de son identité.

Extrait de la rubrique « Expli » sur le prince héritier Ben Salmane

Le média de l’indépendance

Initialement gratuit lors de sa première version, le pure player Explicite propose désormais un abonnement à 11,90 euros par mois pour accéder à l’intégralité du contenu sans publicité. Un modèle économique qui a du sens, pour Olivier Ravanello qui a justifié ce choix le 5 avril dernier sur Europe 1 : « Le mythe du gratuit est un mensonge. Rien n’est gratuit. Si on veut faire un média indépendant, sur des nouveaux supports et de manière à ce que cela soit sympa et accessible, il faut acheter l’information ». 

Capucine Japhet

 

Redbull lance « The Net », une série sur le football

C’est officiel, le producteur TV de Redbull a annoncé à l’occasion du Festival de la télévision MIPTV à Cannes, le lancement d’une série internationale consacrée au football. Il s’agira de cinq séries de huit épisodes qui seront tournées dans différents pays. La série cumulera au total 40 heures d’enregistrement. Le producteur promet une « plongée dans des pires entreprises de crime organisé de l’histoire avec de la corruption, des drogues, des matches arrangés, du blanchiment d’argent et même des meurtres ». Le tournage est prévu entre 2019 et 2020.

credits pixabay
credits pixabay

Capucine Japhet

Lancement du « média citoyen » de gauche

Ce mercredi, un nouveau « média citoyen » doit être présenté lors d’une soirée de lancement retransmise sur YouTube. Porté par des sympathisants de la France insoumise, ses fondateurs se défendent de toute propagande.

Crédit : Tiraden CC
Crédit : Tiraden CC

Un « média citoyen » mais « pas une télé Mélenchon ». Ce mercredi, une poignée de personnalités étiquetées de gauche s’apprêtent à présenter un nouveau média d’information, intitulé sobrement « Le Média ». A partir du 15 janvier, le journal d’information sera diffusé tous les soirs, sur internet.  L’objectif affiché : « renouveler le traitement de l’information ». D’ici début décembre, une douzaine de journalistes seront recrutés.

Un média insoumis ?

Le présence à la tête du média de Sophia Chikirou et Gérard Miller n’est pas sans poser problèmes. Respectivement conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon et sympathisant de la France insoumise, la question de leur indépendance et celle du média est soulevée. Face aux questionnements, ils se défendent de toute propagande. Pour preuve, le soutien au-delà des rangs de la France insoumise, dans leur manifeste publié dans Le Monde, le 25 septembre dernier. « Des gens comme Philippe Poutou, Aurélie Filippetti ou Arnaud Montebourg, il est difficile de dire qu’ils sont soumis aux insoumis« , se défend Gérard Miller auprès d‘Europe1.fr.

Le nouveau média, ouvertement engagé dans sa ligne éditoriale, se souhaite « pluraliste, écologiste, humaniste et anti-raciste ». La soirée de lancement de ce mercredi, retransmise sur YouTube à 20h, doit éclaircir la situation juridique et financière du futur média.

Dorine Goth

Agressions sexuelles : autour de la parole, le tabou persiste

viol-agression-sexuelle-1280x660-810x418

Image tirée d’une campagne de sensibilisation aux agressions sexuelles en Italie. source

La récente polémique suscité par un extrait de l’émission « On est pas couché » où la romancière Christine Angot s’en prend violemment à l’écologiste Sandrine Rousseau a relancé le débat sur la parole autour des agressions sexuelles.

#ViolencesdeGenre La situation des victimes d’agressions sexuelles a beau avoir évoluée au cours des décennies, elle n’en est pas pour autant satisfaisante : Seulement 10% des femmes agressées déposent plainte, et 90% des affaires semblables ne donnent lieu à aucune suite. Cela prouve combien il est difficile pour les victimes de parler de ce qu’elles ont subi.

De plus, la parole n’est pas nécessairement salvatrice. Christine Angot et l’élue EELV Sandrine Rousseau l’ont prouvé lors d’un échange houleux durant l’émission « On n’est pas couché » du 30 septembre 2017. Christine Angot a violemment pris à parti l’élue venue promouvoir un livre dans lequel elle raconte avoir été agressée sexuellement par l’ancien député écologiste Denis Baupin (voir la vidéo ci-dessous) .Il se trouve que Christine Angot a également subi une agression sexuelle grave (elle a raconté dans trois de ses romans que son père la violait).

Extrait d’On est pas couché du 30 septembre 2017. (cliquez pour visionner la vidéo)

Il y a là un échange compliqué pour les spectateurs, et douloureux pour les deux femmes. Deux positions s’affrontent : Sandrine Rousseau propose la parole collective comme force de combat tandis que Christine Angot lui oppose l’impossibilité de la parole de groupe pour tenter de surpasser un traumatisme qui est avant tout personnel.

Parler ou se taire ?

Les associations d’aides aux victimes de violences sexuelles doivent sans cesse se confronter à cette posture : « Il est très difficile de recueillir la parole des femmes victimes de violences « , confie Ariane, 23 ans, en service civique au sein de l’association Ni Putes Ni Soumises depuis un an. »Bien sûr il faut d’abord tisser une relation de confiance avec beaucoup de temps et de douceur. Mais très peu expliquent clairement ce qui leur est arrivées. Certaines veulent de l’aide mais refusent en bloc de raconter.  Il est rare de les accompagner pour porter plainte ».

Le silence des victimes pose également la question de l’impunité des agresseurs. Si celles-ci ne s’expriment pas, comment empêcher la récidive ?  » Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir, mais parfois les victimes rentrent chez elles en sachant très bien ce qu’il se passera. Lorsqu’elles sont mineures, nous sommes tenus de porter plainte. Mais les femmes majeures, on ne peut pas les empêcher et là il y a des drames « , déclare Ariane.

Pour aller plus loin  : Le clash Rousseau-Angot, quel signal pour les victimes d’agressions sexuelles ?

Christine Angot parle de son oeuvre « L’inceste » chez Thierry Ardisson (1999)

plusieurs facteurs empêchent les victimes de s’exprimer publiquement sur les agressions : le caractère profondément intime du traumatisme, le sentiment de honte, voire de culpabilité, la conviction que personne ne peut comprendre, la peur d’être catégorisé comme « victime » de manière définitive. De plus, de nombreux préjugés subsistent encore sur les agressions sexuelles : en 2015, une étude conduite par le collectif Mémoire Traumatique et Victimologie démontrait que les sphères familiale et amicale étaient les plus favorables aux violences sexuelles, et que les agressions étaient commises par des membres de la famille dans la majorité des cas d’agressions sur mineures. Les résultats transcendent toutes les catégories sociales. Rien à voir avec le mythe de l’agresseur isolé et inconnu dans une ruelle sombre.

Ainsi, le clash entre Christine Angot et Sandrine Rousseau a eu le mérite de mettre en lumière la difficile parole sur les agressions sexuelles, mais aussi les nombreux tabous qui pèsent encore sur notre société. Pour libérer la parole des femmes victimes de violences sexuelles, il faut d’abord libérer les femmes tout court.

Asmaa Boussaha