Hantavirus : que sait-on de la souche des Andes, ce virus transmissible entre humains ?

Trois passagers sont morts à bord du navire MV « Hondius », dans l’Atlantique, et huit cas ont été recensés. Trois cas sont confirmés comme étant liés à un hantavirus de type Andes, un virus rare transmis principalement par les rongeurs. Si cette variante peut, dans certains cas exceptionnels, se transmettre entre humains, des spécialistes rappellent qu’elle reste peu contagieuse.
Photo d’illustration d’un bateau de croisière

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, dimanche 3 mai, de trois morts liés à un foyer d’infection à hantavirus sur le navire de croisière MV « Hondius », parti d’Argentine en direction du Cap-Vert, les interrogations se multiplient autour de cette maladie. Deux médecins spécialistes des maladies infectieuses sont d’ailleurs en route depuis les Pays-Bas pour se rendre à bord du bateau. Anne Lavergne, responsable du laboratoire associé au Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur de Guyane, en charge des hantavirus du continent américain, répond aux principales questions autour de cette infection encore méconnue.

Que sont les hantavirus ?

Encore peu connus du grand public, les hantavirus sont des virus qui se transmettent principalement par des rongeurs sauvages infectés. « On distingue deux grands types d’hantavirus », explique Anne Lavergne. Les hantavirus de « l’Ancien Monde », présents surtout en Europe et en Asie, provoquent principalement des atteintes rénales, tandis que ceux du « Nouveau Monde », observés sur le continent américain, touchent davantage les poumons. Celui détecté sur le navire de croisière MV « Hondius » appartiendrait à cette seconde catégorie.

Comment se transmet-il ?

« Cette souche Andes du hantavirus s’attrape via les rongeurs, par contact direct, par morsure et surtout par aérosol », explique la chercheuse. La contamination peut survenir lorsqu’un individu inhale des poussières contaminées par l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs.

Contrairement au Covid-19, dont certains redoutent un scénario similaire, la transmission entre humains reste beaucoup plus rare. « Il faut des contacts très proches : cela se transmet par les fluides corporels, notamment la salive », précise Anne Lavergne. Une contamination nécessite « un contact physique et de fortes charges virales ».

Quels sont les symptômes ?

« Les premiers symptômes apparaissent généralement dans les quinze jours à trois semaines » suivant la contamination. Dans la plupart des cas, les signes ressemblent à ceux d’une grippe : fièvre, fatigue importante, douleurs musculaires ou maux de tête. Mais certaines formes peuvent évoluer vers des complications graves, notamment respiratoires.

Les patients peuvent alors développer un syndrome pulmonaire avec détresse respiratoire aiguë et œdèmes pulmonaires. Pour autant, la spécialiste tient à relativiser : « On n’en meurt pas systématiquement, et certaines personnes peuvent même être asymptomatiques. » Elle rappelle également qu’en France métropolitaine, une cinquantaine de cas seulement sont recensés chaque année.

Existe-t-il un vaccin ou un traitement ?

Si ce virus suscite des inquiétudes, c’est qu’à ce jour, « il n’existe pas de vaccin spécifique contre les hantavirus, ni de traitement post-contamination », souligne Anne Lavergne. La prise en charge consiste donc principalement à traiter les symptômes et à accompagner les patients les plus fragiles en milieu hospitalier.

Adèle Léron

Le gerrymandering aux États-Unis : quand les élus choisissent leurs électeurs

À six mois des élections de mi-mandat américaines, une décision de la Cour suprême, restreignant la portée du Voting Rights Act de 1965, relance la bataille du redécoupage électoral. Mais qu’est-ce que le gerrymandering, et pourquoi complique-t-il la démocratie américaine depuis deux siècles ?

La Cour suprême des États-Unis, 14 mars 2026. REUTERS/Will Dunham

Le 29 avril 2026, la Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, a rendu un arrêt retentissant dans l’affaire Louisiana v. Callais. Par six voix contre trois, elle a drastiquement restreint la portée du Voting Rights Act de 1965. Cette loi, adoptée dans le contexte du mouvement des droits civiques, vise à protéger le droit de vote des minorités. Désormais, aux États-Unis, un État peut tracer des cartes électorales favorisant ouvertement le Parti républicain ou le Parti démocrate, même si ces tracés affaiblissent le poids électoral des communautés afro-américaines ou hispaniques.

Dans les heures suivant l’arrêt, plusieurs gouverneurs républicains ont annoncé vouloir redessiner leurs cartes. La Louisiane a suspendu ses primaires de mai pour permettre un nouveau découpage. L’Alabama, la Caroline du Sud et le Tennessee pourraient également suivre. Pour les analystes du Cook Political Report, « nous avançons en terrain inconnu ». L’impact de l’arrêt reste difficile à mesurer : les recours vont se multiplier et les délais électoraux sont serrés. Mais, pour Thomas Ruckebusch, professeur d’histoire à l’Université de Lille et spécialiste des États-Unis, « [le gerrymandering] participe à un “chaos électoral” préoccupant ».

Les primaires des élections sénatoriales sont en cours dans plusieurs États, mais la décision de la Cour n’a pas d’effet direct sur celles-ci. En revanche, l’arrêt rebat les cartes à la Chambre des représentants. La politologue Mindy Romero résume l’ambiance : « c’est un échiquier en mouvement, à l’arrière d’un camion, sur une route de campagne cahoteuse ».

Une salamandre nommée Gerry

Le mot « gerrymandering » est vieux de plus de deux siècles. En 1812, le gouverneur du Massachusetts, Elbridge Gerry, promulgue une loi redessinant les circonscriptions sénatoriales de son État afin de concentrer les voix adverses dans quelques districts. Le contour de l’une des circonscriptions ressemblait à une salamandre : un journal satirique y vit la « salamandre de Gerry », donnant naissance au terme.

Deux cents ans plus tard, la pratique n’a pas disparu. Elle consiste toujours à redessiner les circonscriptions électorales de façon à avantager délibérément un parti. Deux techniques dominent : le cracking, qui répartit les électeurs adverses dans de nombreuses circonscriptions pour diluer leur poids, et le packing, qui les entasse dans quelques districts afin de concentrer leurs voix.

4 façons de diviser 25 personnes en 5 districts 21Maps

2026 : la vague que personne n’avait prévue

Les élections de mi-mandat sont habituellement défavorables au parti du président. Depuis la fin des années 1850, sur les quarante-deux scrutins organisés, le camp présidentiel a perdu des sièges trente-huit fois. En 2026, la majorité républicaine à la Chambre est mince et, pour Donald Trump, dont la cote d’approbation plafonne à 39 % dans les sondages nationaux, les perspectives s’assombrissent.

« Le président est assez impopulaire, et c’est habituellement un indicateur assez fort de la performance du parti présidentiel lors des élections de mi-mandat », explique Thomas Ruckebusch.

La situation reste pourtant complexe pour les démocrates. Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a encouragé plusieurs États républicains à redessiner leurs cartes électorales. S’est ensuivie une offensive de gerrymandering sans précédent en dehors des années de recensement, afin de préserver la majorité républicaine au Congrès. La Californie et la Virginie, deux États majoritairement démocrates, ont riposté en engageant leurs propres redécoupages. La Floride a adopté en avril une carte proposée par le gouverneur Ron DeSantis, susceptible d’offrir jusqu’à quatre sièges supplémentaires aux républicains.

Cette ambivalence de l’électorat est au cœur de l’incertitude qui domine la campagne. « Les Américains sont mécontents de la situation générale et des deux partis. Pourtant, quelqu’un doit bien gagner », souligne Thomas Ruckebusch. Les sondages montrent un rejet de Donald Trump, mais pas d’enthousiasme marqué pour l’opposition démocrate. Certains électeurs, insatisfaits des démocrates, pourraient néanmoins se tourner vers eux faute d’alternative.

Matthieu Holyman

Mise à jour : Hantavirus : évacuation sanitaire d’un navire de croisière au Cap-Vert

Deux membres d’équipage malades et un cas contact ont été transférés vers les Pays-Bas, tandis que le navire poursuit sa route vers Tenerife sous surveillance des autorités sanitaires.

Deux avions médicalisés ont décollé mercredi de l’aéroport de Praia, au Cap-Vert, pour transporter vers les Pays-Bas des patients évacués du MV Hondius, un navire de croisière suspecté d’être touché par un foyer d’hantavirus. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois personnes dans un état stable ont été prises en charge : deux membres d’équipage malades et un cas contact asymptomatique. L’un des appareils a pris la direction d’Amsterdam, selon les données du site Flightradar24.

Le navire, qui transportait environ 150 personnes entre Ushuaïa, en Argentine, et le Cap-Vert, doit désormais mettre le cap sur les Canaries. Les autorités espagnoles ont confirmé qu’il accostera au port de Granadilla, sur l’île de Tenerife, après une demande formulée par l’armateur pour une escale samedi. Le président régional des Canaries, Fernando Clavijo, a indiqué que cette requête était en cours d’examen par les autorités compétentes. La ministre espagnole de la Santé a indiqué que « tous les passagers étrangers seront rapatriés » après l’arrivée du navire aux Canaries.

Mise à jour : To Lam en visite en Inde pour renforcer les échanges commerciaux

Le président vietnamien effectue sa première visite officielle en Inde avec l’objectif d’intensifier la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé mercredi vouloir porter les échanges commerciaux entre l’Inde et le Vietnam à 25 milliards de dollars d’ici 2030, à l’occasion de la première visite officielle en Inde du président vietnamien To Lam. Les échanges bilatéraux ont atteint 16 milliards de dollars lors de l’année fiscale 2025.

Les deux dirigeants ont également affiché leur volonté de renforcer leur coopération en matière de défense et de sécurité. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques, dont les terres rares, l’éducation et les paiements numériques. Accompagné d’une importante délégation économique, To Lam doit aussi se rendre à Bombay, tandis que des spéculations évoquent un possible accord autour des missiles indiens BrahMos.