La candidate à la Commission européenne Sylvie Goulard exclut une démission automatique en cas de mise en examen

L’ancienne ministre des Armées est mise en cause dans l’affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés MoDem.
La candidate française à la Commission européenne Sylvie Goulard était auditionnée par les eurodéputés le 2 octobre dernier. Photo : Kenzo Tribouillard / AFP.

Sylvie Goulard, candidate française à la Commission européenne, a dit exclure de démissionner automatiquement si elle était mise en examen, selon un document obtenu par l’AFP. L’ancienne ministre des Armées est sous le coup d’une enquête judiciaire en France dans l’affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés MoDem. Une affaire qui l’avait contrainte à démissionner du gouvernement français en juin 2017.

La candidate avait été interrogée à Bruxelles le 2 octobre dernier par les députés du Parlement européen, chargés de valider sa candidature. Durant cette audition, elle avait demandé au « respect de la présomption d’innocence« , lançant « I’m clean » – « Je suis propre » anglais.

La candidate « s’engage » à démissionner en cas de condamnation

Mais c’est car l’audition a été jugée insuffisante que Sylvie Goulard a dû répondre, par écrit, à de nouvelles questions des eurodéputés. « Si je suis confrontée à des décisions judiciaires, telles qu’une mise en examen, je me demanderai si je peux continuer à exercer efficacement mon mandat », a-t-elle indiqué dans le document. Elle a cependant assuré qu’elle démissionnerait dans le cas où elle serait « condamnée par un jugement définitif pour une infraction relevant de l’exercice d’une fonction publique« .

La Française, qui brigue le portefeuille du « Marché unique », a déjà remboursé 45.000 euros, après une enquête interne du Parlement européen, ce qui correspond à huit mois de salaire d’un de ses assistants, pour lequel elle n’a pu fournir aucune « preuve de travail« .

Elsa Assalit avec AFP

Quinquagénaire, homme et professionnel de la politique : portrait robot du député européen français

Avec 79 nouveaux eurodéputés français et une promesse politique de renouvellement, le Parlement européen représente-elle mieux la société civile, comme le promettait le président Macron ? Réponse en 3 graphiques pour dresser le portrait robot de l’eurodéputé français.

Le Parlement européen. Wikimedia Commons

C’était une promesse du président Macron : offrir du renouveau dans la classe politique, en investissant des candidats n’ayant jamais foulé le sol du Parlement européen. Depuis le 26 mai 2019, 30 nouveaux eurodéputés français siègent à Bruxelles. Portés également par la promesse politique de renouvellement de la République en marche, les députés européens français seront-ils davantage représentatifs de la société française qu’ils ne l’ont été jusqu’ici ?

Depuis plusieurs années, une crise de confiance entre les élus et la population française est installée. Le Parlement européen, élu au suffrage universel direct et censé être politiquement représentatif du peuple, ne l’est pas sociologiquement. Il représente majoritairement des hommes blancs de plus de 50 ans, diplômés, qui sont, pour la plupart, des professionnels de la politique.

En voici la démonstration en trois graphiques, basés sur nos chiffres à partir des données sur les élus des élections de 1979, 1999, 2014 et 2019, appuyés par l’analyse des sociologues Willy Beauvallet, Victor Lepaux, Sébastien Michon, auteurs de l’étude Qui sont les eurodéputés ?, publiée aux archives ouvertes en 2013.

 

Le député européen français est … un homme

 

Discours, chartes, vœux… Les textes visant à assurer l’égalité des sexes se sont multipliés ces derniers années au sein des institutions européennes. Mais malgré ces revendications, l’Union ne montre pas toujours le bon exemple : la parité au sein des institutions européennes est loin d’être atteinte. En 2014, le Parlement, pourtant l’une des chambres les plus féminisées d’Europe ne compte que 36% d’eurodéputées. 

Mais du côté des députés européens français, on peut noter une nette amélioration : le nombre de femmes n’a cessé d’augmenter depuis 1979, date des premières élections européennes. En mai 2019, 49,3% des élus français sont des femmes, contre 19,7% en 1979, l’année des premières élections.

Ces chiffres sont indissociables du contexte politique et législatif sur la parité en politique. Dans les années 1990, il est apparu nécessaire de faire évoluer la loi afin de permettre une meilleure représentation politique des femmes en politique. Depuis le 6 juin 2000, les partis politiques français ont l’obligation de présenter un nombre égal de femmes et d’hommes lors des scrutins de liste.

Les partis les plus féminisés sont les partis écologistes, puisque sur tous les eurodéputés français écologistes élus lors des élections de 1979, 1999, 2014 et 2019, 48% sont des femmes. C’est également le parti le plus jeune, avec une moyenne d’âge de 48,6 ans, contre plus de 50 ans pour les autres bords politiques.

 

Le député européen français est un homme … quinquagénaire

52 ans et 7 mois. C’est l’âge moyen de l’eurodéputé français en 1979. On reproche souvent aux élus de voir le Parlement comme une maison de « retraite dorée ». Un facteur qui accroit également la défiance des électeurs envers le Parlement européen. A chaque nouvelle élection européenne, l’abstention est « le parti numéro un à chaque scrutin »,comme le titrait l’AFP, le 24 mai dernier. En 2019, le taux de participation s’élevait le taux de participation aux élections européennes 2019 s’établit à 50,12%, selon les chiffres diffusés par le ministère de l’Intérieur.

Conscient que le Parlement européen peut être vu comme un instrument technocratique, loin des réalités concrète et vieillissante, de nombreux partis ont décidé de miser sur la jeunesse pour mener les listes diverses : Manon Aubry (29 ans) à la France Insoumise, Jordan Bardella (23 ans) au Rassemblement National -qui devient le plus jeune député européen de l’Histoire-, François-Xavier Bellamy (33 ans) chez Les Républicains ou encore Ian Brossat (39 ans) pour le Parti communiste. Les élections européennes de 2019 ont rajeuni les députés européens français : ils ont aujourd’hui 49 et 6 mois d’âge en moyenne, contre 54,4 mois en 2014.

Pourtant, la France fait moins bien que les autres pays en la matière : toutes nationalités confondues, les 766 députés européens ont quant à eux un âge moyen de 51,2 ans. « Ils apparaissent néanmoins un peu plus jeunes que de nombreux parlementaires nationaux », notent les sociologues Willy Beauvallet, Victor Lepaux, Sébastien Michon, auteurs dans leur étude Qui sont les eurodéputés ?, publiée aux archives ouvertes en 2013. En France, les députés de l’Assemblée nationale affichaient une moyenne d’âge de 54 ans en 2012.

Le député européen français est un homme quinquagénaire … qui n’est pas issu de l’immigration

 

Lors des dernières élections, seulement 3,92% des eurodéputés français élus sont issus de l’immigration, c’est-à-dire immigrés ou enfants d’immigrés. C’est bien plus que lors de l’élection européenne de 1979, où le seul eurodéputé issu de l’immigration était Paul Vergès, membre du Parti communiste, et frère du célèbre avocat Jacques Vergès.

Mais cette – toute relative – diversité ne se conjugue pas avec une diversification des profils sociaux : la mère de Paul Vergès était une institutrice vietnamienne et son père, consul français au Vietnam.

En 1999, sur 86 eurodéputés français élus, 13 sont immigrés ou issus de l’immigration. Sur ces 13 eurodéputés, 5 étaient élus Europe Ecologie les Verts, un parti qui défendait déjà un « accueil digne » aux immigrés arrivés sur le territoire français.

En 2019, ils ne sont que 11 eurodéputés français issus de l’immigration, soit 13,93 %. Preuve que l’intégration des immigrés ou des fils d’immigrés dans la sphère de la politique française reste difficile, mais s’améliore. A titre de comparaison, l’Assemblée nationale ne compte que seulement 6,35 % des députés français issus de l’immigration, selon un décomptage établi par France 24.

Le député européen français est un homme quinquagénaire qui n’est pas issu de l’immigration … et qui est un professionnel de la politique

Des agriculteurs, des enseignants, une experte en immobilier, en 2019 de nombreux élus issus de la société civile on fait leur entrée au Parlement européen. On pourrait penser que c’est une tendance nouvelle depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Pour autant, on ne peut pas réellement dire qu’il y ait une réelle évolution. En 1979, 23,4% des élus étaient issus de la société civile, c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas exercé de mandat ou collaboré avec un élu politique. En 2019, ils n’était que 0,6% de plus, soit 24%. On peut tout de même observer que les métiers des élus se sont diversifiés au cours des années : en 1979 seul Hubert Buchou était agriculteur avant d’être élu au Parlement. En 2019, ils étaient trois : Jérémy Decerle (LREM), Maxette Pirbakas-Grisoni (RN) et Benoît Biteau (EELV).
Les élections européennes ont surtout été marquées par une arrivée massive des eurodéputées françaises au Parlement. Mais la majorité des députés européens restent issus des mêmes classes sociales et ont toujours plus ou moins gravité autour de la politique avant de se présenter aux élections européennes.
Caroline Baudry, Camille Bichler et Blanche Vathonne

Union européenne : des inégalités face à la santé

« L’Europe est évidemment l’échelon indispensable à la protection de la santé ». Pour Yannick Jadot, candidat Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui a marqué la surprise en obtenant plus de 13% des suffrages en France, l’Union européenne est le garant de l’efficacité des systèmes de santé des pays. Pourtant, en Europe, les disparités sont grandes et creusent les inégalités entre les citoyens européens. En avril dernier, peu avant les élections européennes, la Mutualité française publiait une étude sur « le regard des citoyens européens sur la santé ». On y apprenait notamment que 85% des Français interrogés se sentaient « bien protégés » par leur système de santé face à 27% du côté des Grecs interrogés. Pourtant, à y regarder de plus près, s’il est vrai que la France est le pays qui attribue la part la plus importante de son budget à la santé, il existe encore une forte proportion de Français (8,5%) qui renoncent à accéder aux soins. Un chiffre – largement supérieur à celui de l’Allemagne (2,6%), de l’Espagne (2,8%) ou de la Suède (3,9%) – qui s’explique notamment par le mauvais remboursement des soins optiques et dentaires en France. Ce taux grimpe à 25% si l’on ne prend en compte que ces deux dernières types de soin selon un rapport de l’OCDE de 2017 portant sur les points forts et les points faibles des systèmes de santé des pays européens. Pour autant, selon ce même rapport, la France se situe dans le haut du classement quant à la part des dépenses à la charge des patients (taux le plus bas d’Europe).

Source : OCDE 2017/ Eurostat.

Source : Panorama de la santé 2017.
taux de renoncement
Infogram

Il est donc légitime de penser que la France présente une des meilleurs couverture santé de l’Union européenne avec notamment 100% de ses citoyens couvert par une assurance maladie, et le deuxième (le premier étant en Finlande) meilleur taux d’habitants pour un hôpital en moyenne, avec 21 814 habitants par hôpital en 2016. En Belgique, quelque 63 000 citoyens doivent en moyenne se contenter d’un seul hôpital. Mais la France se révèle être le mauvais élève de l’Europe pour ce qui est de la prévention : en moyenne les pays européens consacrent 3% de leur PIB à la prévention en matière de santé. La France, elle, y consacre moins de 2% de son PIB. Finalement, « Il n’y pas un seul pays européen qui possède un système de santé parfait », a tenu à souligner la direction générale de la Santé de la Commission européenne en 2017… Pas même la France.

Laëtitia Lienhard et Domitille Lehman

Elections européennes : les différences entre les listes d’extrême gauche en France

Thibaut Prévost, Drapeau de l’UE (Modifié)
Pour les élections européennes du 26 mai 2019, les électeurs français ont le choix entre trente-quatre listes. Parmi elles, trois listes d’extrême gauche : La France Insoumise, Lutte Ouvrière et Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent (Parti Communiste Français). Nous avons comparé leurs programmes.

A six jours du scrutin, il est parfois difficile de s’y retrouver dans les différentes listes candidates. Trois d’entre elles sont issues de partis traditionnellement qualifiés d’extrême gauche : La France insoumise, Lutte Ouvrière et le Parti communiste français. Pour ces élections, le Nouveau Parti Anticapitaliste s’est retiré de la course en faveur de Lutte Ouvrière. Nous avons établi les différences entre les programmes de ces partis issus de mouvances semblables.

A voir également : Les différences entre les listes écologistes

Les différences entre les listes « gilets jaunes »

Les différences entre les listes d’extrême droite

Antonella Francini