Des ménageries royales aux programmes de conservation

 

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Les zoos ont presque toujours existé. Dans l’Antiquité déjà, les Romains et les Égyptiens capturaient des animaux pour proposer des spectacles de cirque ou des combats. La capture des animaux sauvages s’accélère au Moyen-Âge avec l’arrivée des ménageries royales. Signes de la puissance du monarque et de sa supériorité sur la nature, ces ménageries, comme celle du Château de Versailles, se préoccupaient peu du bien-être animal. Enfermés dans des cages exiguës, les animaux des ménageries étaient déjà des survivants car pour un animal arrivé en Europe, quelque quarante autres mouraient durant la capture ou le voyage. C’est la Révolution française qui a permis la réduction des ménageries aristocrates, non pas pour le bien-être de l’animal, mais parce qu’elles symbolisaient le despotisme. En 1794, de nombreuses ménageries ambulantes sont saisies, et celle de la cour de Versailles est transférée au Jardin des Plantes à Paris, qui existe encore aujourd’hui. Pour autant, ce n’est pas la fin des ménageries qui seront encore pour le siècle à venir la vitrine des puissances colonialistes. C’est d’ailleurs pendant l’exposition colonialiste de 1931 que le zoo de Vincennes est né. Seulement à partir des années 1950, deux éthologues européens, Heini Hediger et Konrad Lorenz, se penchent sur la relation entre le comportement des animaux et leur environnement en captivité. Ils commencent à créer des enclos plus grands et mieux aménagés pour améliorer les conditions de vie des animaux en captivité et faciliter leur reproduction. C’est la naissances des zoos modernes, qui au fil des années, se sont investis d’une nouvelle mission de conservation des espèces en voie de disparition.

Marineland, une pérennité en question

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Le parc aquatique Marineland, situé à Antibes, fait l’objet de contestations et de batailles juridiques depuis plusieurs années. Étendu sur 26 hectares, c’est le plus grand parc marin d’Europe, mais aussi le plus décrié. A l’automne 2015, il ferme pendant six mois à la suite de violentes intempéries. 90% du parc est touché et une cinquantaine d’animaux sont retrouvés morts. L’ONG Sea Shepherd porte plainte suite à ces décès répétés, dénonçant un esclavage animal pour le seul profit économique. Mais la plainte est jugée irrecevable. Prétendant avoir pour vocation de conserver les espèces marines et leur environnement, le parc n’est, aux yeux des associations, qu’un « bassin-prison en béton » pour des « orques clown ». Car c’est aussi le seul parc marin français à détenir cette espèce, et il fait les frais de cette exclusivité. Des plaintes ont été déposées pour acte de cruauté et de maltraitance animale, notamment suite à la mort de l’orque  Valentin, 19 ans, décédé d’une torsion de l’intestin. En moyenne, les orques mâle vivent jusqu’à 30 ans à l’état sauvage. Il s’agissait du troisième orque décédé au sein du parc des suites d’une maladie. Dans le sillon du parc SeaWorld qui décide, dès 2017, de mettre fin à la reproduction et à l’élevage des orques en captivité, Ségolène Royal publie la même année un arrêté reprenant cette interdiction. Mais celui-ci a été annulé par le Conseil d’Etat. Récemment, le parc a reçu la certification « Humane Certified », attestation “du confort, du bien-être et du bon traitement des animaux ».  Une distinction déjà contestée par les associations de défense animale.