Allons Enfants, le parti des jeunes aux Européennes

Elsa Assalit

Allons Enfants, le parti des jeunes aux Européennes

Allons Enfants, le parti des jeunes aux Européennes

Elsa Assalit
20 mai 2019

Créé en 2014, le parti politique Allons Enfants a la particularité de n’être composé que de jeunes de 18 à 30 ans. A quelques jours des élections européennes, la liste est créditée de moins de 0,5% des intentions de votes par les institutions de sondage. Corentin Dattin, responsable de la communication et 6e sur la liste, a répondu à nos questions.

Le petit parti a fait le tour de Paris en vélo pour coller ses affiches, ici dans le XVIIe arrondissement. / Crédit : Elsa Assalit

Quid de ce jeune parti ?

« Avant d’être une liste aux Européennes, Allons Enfants c’est un parti politique, qui s’est créé au moment des municipales de 2014 à Saint-Cloud », explique Corentin Dattin, responsable de la communication du parti et 6e sur la liste aux Européennes. Désireux de voir leur ville libérée du joug frontiste, une bande de jeunes forme alors un parti politique. Deux conseillers municipaux et une campagne infructueuse aux législatives plus tard, le parti politique remonte de nouveau sur la scène électorale. Malgré le faible pourcentage d’intentions de votes – moins de 0,5% selon l’institut Harris Interactive, les 79 jeunes que compte la liste espèrent cette fois porter leur voix à l’échelle européenne.

 

Trois questions à Corentin Dattin pour mieux connaître le parti ⤵

Une liste composée d’étudiants et jeunes actifs

Si certains sont déjà dans la vie active, les 79 candidats de la liste sont pour la plupart encore étudiants. Les plus jeunes ont 18 ans, la plus âgée 27 ans. La tête de liste, Sophie Caillaud, vient de terminer son master à Sciences Po Paris, mais les domaines d’études sont variés : droit, graphisme, audiovisuel, commerce, communication…  A 21 ans, Corentin Dattin vient quant à lui de terminer sa troisième année de licence en droit et sciences politiques à l’Institut catholique de Paris. Il a rejoint le parti en février 2017, mais son engagement politique a quelques mois de plus : le jeune homme militait pour Bruno Le Maire lors de la primaire de la droite de 2016.

« Allons Enfants est venu faire une conférence dans ma fac, les objectifs du parti m’ont tout de suite parlé et j’ai décidé de m’engager pour les législatives dans la circonscription de mes parents, en Vendée », se souvient-il. Sans budget ni permis de conduire, Corentin Dattin parcourt alors la région avec son scooter, espérant défier les prévisions. Il totalisera finalement 0,16% des voix, soit 102 bulletins. En septembre 2017, l’étudiant rejoint le bureau du parti et se charge de la communication. « On est peut-être un petit parti mais ça fait plus d’un an qu’on se prépare pour les Européennes, c’est un travail énorme, confie-t-il. C’était compliqué d’allier la campagne et les études. »

Plus sujets à l’exposition médiatique, les cinq premiers candidats de la liste ont été élus via une « micro primaire interne », poursuit Corentin Dattin. « Après on a fait un tirage au sort pour les candidats de la 6e à la 30e place, puis d’autres nous ont rejoints par la suite », ajoute-il. Tous ont en commun de vouloir « faire de la politique autrement », et proposent un programme qui se veut vert et innovant.

L’environnement, l’éducation et l’innovation au cœur du programme

« Notre programme est axé sur plusieurs thématiques : l’environnement, l’éducation, la culture, la réforme des institutions de l’Union européenne », détaille Corentin Dattin. Le parti souhaite notamment lutter contre le suremballage, rendre l’initiative législative au Parlement européen – actuellement détenue par la Commission – ou encore imposer une rémunération minimale des stages, qui serait alors indexée sur le seuil de pauvreté de chaque Etat-membre.

« Nous faisons également quelques propositions relatives à la lutte contre l’évasion fiscale, ajoute l’étudiant, comme par exemple de fixer un taux plancher d’impôt sur les sociétés. » En matière d’emploi, de commerce international ou de lutte contre le dumping social, aucune proposition en revanche.

« La politique se désintéresse des jeunes »

« Ce que nous voulons, c’est montrer que nous, les jeunes, méritons d’être consultés et écoutés car oui nous avons des choses à dire ! », peut-on lire sur le site web du parti. Invitée vendredi 17 mai au micro de RMC, la tête de liste Sophie Caillaud disait regretter que la voix des jeunes ne soit pas assez écoutée. Ce à quoi Jean-Jacques Bourdin a répondu : « Mais pourquoi elle n’est pas écoutée, parce que les politiques ne s’intéressent pas aux jeunes ou parce que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique ? »

« Pour moi c’est plutôt la politique qui se désintéresse des jeunes, et non l’inverse, réagit Corentin Dattin. J’ai le sentiment que nous on est plus mobilisés que nos parents à l’époque. » Le jeune homme cite ainsi les influents syndicats étudiants, les nombreuses marches des jeunes pour le climat à travers le continent, ou encore la mobilisation sur les réseaux sociaux.

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10 000 € de dons via une plateforme de financement participatif

« Avec 1000 € sur notre compte bancaire, nous n’avons aucune garantie et donc pas accès aux prêts bancaires », se désole Corentin Dattin. Les banques n’ont en effet aucun intérêt à prêter de l’argent à un parti, dont ils savent qu’il n’excédera pas les 3 % de votes – seuil nécessaire pour obtenir un remboursement des frais de campagne.

Le « parti des jeunes » a donc lancé une campagne de financement participatif, qui leur a permis de récolter la somme de 10 000 euros. Pour outil de comparaison, la campagne des Républicains pour la liste de François-Xavier Bellamy est estimée à 4 millions d’euros.

80 % des 10 000 euros ont été dédiés à l’impression des bulletins de vote : 20 000 bulletins déposés dans les bureaux de votes parisiens, ainsi qu’à Saint-Cloud et dans d’autres villes comme Nantes. Le reste du budget est consacré aux affiches et aux tracts, que les membres ont eux-mêmes collées et distribués, jonglant ainsi entre les cours, les partiels et la campagne électorale.

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