Datatextile: une start-up française développe un pansement connecté et intelligent

Mêler santé et électronique c’est le pari que s’est lancé Spinali Design. La start-up mulhousienne (Grand Est) va commercialiser fin 2019 un pansement connecté pour prévenir des risques d’infection des plaies qui peinent à cicatriser.

Après les maillots de bain et la crème solaire connectés, Spinali Design s’attaque au domaine médical. La start-up, née à Mulhouse en Alsace, est en train de développer un pansement capable de détecter un départ d’infection sur une plaie et en mesure de commencer un traitement. Un projet fruit d’une collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) de Strasbourg.

Une véritable avancée dans le datatextile (textile connecté, NLDR) selon Romain Spinali le fondateur de la start-up, pour qui « le pansement devient alors un moyen d’assurer une surveillance continue de la cicatrisation d’une plaie afin d’avertir le personnel soignant ou le patient du début d’infection pour obtenir un meilleur taux de guérison. »

 

Pour être alerté d’une infection sur nos smartphones

C’est une puce présente dans le pansement qui rendra possible une telle prouesse. Dans l’idéal, un signal lumineux ainsi qu’une alerte sur smartphone permettront « d’avertir quant à une évolution défavorable de l’infection constatée », décrit l’entrepreneur.

Un agent anti-microbien permettra par la suite de déclencher une phase de traitement pour aider la plaie à cicatriser. « Ces agents sont une solution ils tuent rapidement un grand nombre de pathogènes et sot non toxiques, c’est une bonne réponse contre l’utilisation abusive d’antibiotiques », explique Romain Spinali.

 Ce projet novateur s’adresse au personnel hostpitalier comme aux particuliers, « pour aider des personnes souffrant de plaies chroniques comme les diabétiques », précise Maire-Hélène Metz Boutigue, directrice de recherche à l’INSERM Strasbourg, qui collabore avec la start-up dans cette phase d’expérience.

Un projet novateur commercialisé fin 2019

« L’idée a germé il y a six mois et nous en sommes encore en cours d’expérience en laboratoire pour miniaturiser le système de détection », souligne la chercheuse.

 

Le but étant d’aboutir à un objet facile d’utilisation et pratique pour le plus grand nombre d’ici la fin 2019, « dans sa dimension prévention, car sa dimension médicale et curative prendra plus de temps », ajoute Romain Spinali. Le tarif unitaire devrait osciller entre 20 et 30 euros.

Ce pansement sera dans le meilleur des cas disponibles en pharmacie, mais pour le moment Spinali Design et l’INSERM ne veulent pas s’avancer, « nous devons répondre à une législation particulière car nous utilisons de la data avec un smartphone, mais nous n’en sommes pas encore là », prévient la scientifique.

Un pansement qui associe détection, traitement et surtout prévention

 Outre Atlantique des chercheurs américains ont également inventé un pansement connecté, qui associe détection et traitement. Muni d’un capteur la variation de température et d’un régulateur du pH de la plaie il n’est pas pour autant préventif.

« Contrairement aux Etats-Unis, notre innovation est plus axée sur la prévention donc plus intéressante pour le personnel hospitalier », conclue Maire-Hélène Metz Boutigue.

Ce pansement est symptomatique « d’un changement plus profond entre un patient et son médecin, porté par la révolution numérique en cours », explique Romain Spinali soucieux d’utiliser les « nouvelles technologies » pour développer d’autres méthodes de prévention.

Nina Gambin

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