O’Potager du Ménil, boutique en chantier… de réinsertion

Dans le XXe arrondissement de Paris, la boutique bio O’Potager du Ménil concilie activité économique et utilité sociale. Elle emploie douze personnes en chantier d’insertion et fête son premier anniversaire. Rencontre avec ceux qui rebondissent grâce à l’emploi. 

« Faire disparaître les freins au logement, à la mobilité, les problèmes familiaux« , voilà comment David Wermeille Paris, formateur encadrant et gérant de l’O’Potager du Ménil, décrit le projet de la boutique du XXe arrondissement de Paris. Portée par l’association Interface formation, elle emploie depuis un an douze personnes en réinsertion. Ces personnes ont toutes connu une rupture qui les a éloignées de l’emploi.

Au bout d’un an de travail et de formation, elles se présentent aux épreuves pour obtenir le titre de vendeurs dans le commerce. « D’ici là, explique le gérant, les freins sociaux sont censés avoir disparu et ils doivent être capables de retrouver un emploi« . Ces adultes ont un statut de salarié, ils travaillent 26 heures par semaine et sont formés à la vente une journée par semaine.

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Crédits : J.G.C.

Le gérant du magasin apprécie le quartier populaire dans lequel la boutique est implantée. « J’espère qu’il restera populaire et qu’il résistera à la gentrification. L’objectif : attirer les couches modestes qui peuvent prétendre aux remises ». Il l’avoue : « La clientèle est locale, mais ce sont plutôt des cadres, des bobos. Notre chantier est donc de faire venir des gens différents. Même si le magasin doit être rentable, on recherche d’abord l’insertion et la pédagogie que le profit. On veut créer une dynamique nouvelle ».

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Crédits : J.G.C.

Marc est en formation depuis un mois. A 48 ans, après un « accident de vie », il a entendu parler du chantier par son assistante sociale. Celui qui travaillait dans la restauration y a vu « un bon tremplin pour rebondir » : « Le bio, c’est ce qui marche. J’apprends à connaître les produits, on est un bon groupe avec chacun des parcours différent et du vécu ». Après obtention de son diplôme en décembre, il souhaiterait « dans l’idéal avoir une boutique à son compte ».

Sol, 43 ans, est, elle, arrivée en janvier. Elle a longtemps travaillé dans le commerce et cherchait un emploi dans la vente quand sa conseillère Pôle emploi lui a parlé du dispositif. Et elle ne regrette pas de travailler à mi-temps depuis quatre mois : elle a hâte de valider son diplôme en vente en fin d’année. « Je ne connaissais pas trop le bio et j’ai découvert une variété de produits exceptionnelle. » Une fois la formation terminée, elle se réorientera vers son « métier de rêve » : présentatrice d’une émission de mode dans une télévision africaine.

 

Joséphine Gruwé-Court

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