Harcèlement de rue : une « bande de bites » pour une pub choc (Sophie)

Le #metoo utilisé par les femmes sur les réseaux sociaux pour dénoncer le harcèlement / Wikimedia Commons @CC

Le Hashtag #metoo utilisé par les femmes sur les réseaux sociaux pour dénoncer le harcèlement / Wikimedia Commons @CC

Une « appli » française, contre les agressions sexistes, dévoile un clip de promotion aux images et propos crus.

« Au début ça allait tu vois. C’était quelques regards. Ça draguait gentiment. Mais comme je les ai pas calculés, ça a dérapé »Une vidéo, mise en ligne jeudi sur les réseaux sociaux, démarre sur les paroles d’une jeune femme et promet de choquer « un public non averti ». Elle a été réalisée par l’agence de communication TBWA pour l’application contre le harcèlement HandsAway. Le but, continuer de dénoncer le sexisme et les insultes dont sont victimes « une majorité de femmes par une minorité d’hommes », précise le spot.

A l’image, les visages de trois copains en soirée. Ils s’amusent. Mais rapidement la caméra descend, fixe leur entrejambe d’où s’échappent leurs pénis. « C’est vraiment leurs bites qui prennent le contrôle », décrit une seconde voix féminine. Le clip enchaîne. D’autres femmes se livrent. A l’écran, les scènes sont de plus en plus explicites. Les appendices masculines arpentent les rues de la ville. Ils sont en chasse… En rûte.

Libérer la parole des femmes

Le film a été réalisé à l’aide de vrais témoignages. Ceux recueillis par HandsAway auprès des utilisatrices de sa plateforme. L’une raconte, « c’est quand même ouf d’être traitée de salope parce que juste je portais une jupe ». La dernière voix off livre une expérience glaçante

Parfois ils te poursuivent et te traitent de sale chienne. C’est vraiment flippant.

Un chiffre clôt la séquence « coup de poing » : 82 % de femmes françaises ont subi le harcèlement de rue avant leur 17 ans. Il est issu d’un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, publié en avril 2015. Sur Twitter ce sont surtout les femmes qui réagissent à la vidéo de HandsAway.

La géolocalisation pour lutter contre le harcèlement

L’appli « bas les pattes » a été créé en octobre 2016 par une jeune française de 29 ans, Alma Guirao, qui expliquait avoir « subi une agression sexiste de trop » à 20minutes. Plus d’un an après, la plateforme recense 8500 agressions. Elle fonctionne à l’aide de la géolocalisation :

  • les utilisatrices signalent en temps réel leur expérience du harcèlement ;
  • des « Streets Angels », inscrites sur l’application et situées à proximité, apportent soutien et réconfort ;
  • les femmes peuvent aussi rechercher sur HandsAway le numéro d’une association d’aide aux victimes ou des informations sur comment porter plainte.

L’application a reçu le soutien de la RATP et de la SNCF, ainsi que de la mairie de Paris et de la région Île-de-France. Dans l’Hexagone, 100 % des utilisatrices de transports en commun auraient déjà été victimes de harcèlement sexiste.

Bientôt une amende de 90 euros ?

Un rapport parlementaire, remis la semaine prochaine à Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, et Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, préconise de sanctionner à hauteur de 90 euros le harcèlement de rue, selon Le Parisien. Le document retient une définition large des attitudes masculines qui pourraient être incriminées : « les comportement qui constituent une atteinte à la liberté de circulation des femmes dans les espaces publics et portent atteinte à l’estime de soi et au droit à la sécurité ». Une loi contre les violences sexistes et sexuelles est attendue en 2018.

A lire aussi : « L’Ined dessine une carte-type du harcèlement de rue »

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