« Detroit », le film qui résonne dans son époque

Le nouveau long-métrage de la réalisatrice oscarisée Kathryn Bigelow sort ce mercredi sur le grand écran. 

 

Capture d'écran youtube de la bande annonce de Detroit

Capture d’écran youtube de la bande annonce de Detroit

Le film s’appelle Detroit. Pas besoin de plus tant le nom de cette ville américaine évoque en lui-même le lourd passif raciste de l’Amérique. La métropole est la plus touchée par la ségrégation. Noirs et blancs sont divisés par la route 8 mile, la fameuse ligne évoquée par le rappeur Eminem dans son film semi-autobiographique.

Detroit s’ouvre en musique, dans une fête où des noirs s’amusent, flirtent et se détendent. Puis la police s’invite dans ce bar clandestin et commence à embarquer tout le monde arbitrairement. Autour, la foule se rassemble et le mécontentement gronde. Nous sommes en 1967, la guerre au Vietnam fait rage, le mouvement pour les droits civiques prend de l’ampleur. Deux ans plus tôt, les émeutes violentes de Watts ont secoué Los Angeles. L’ambiance est explosive. La scène du bar est un détonateur. Detroit s’embrase.

La violence policière et le racisme

« Tu as quitté une guerre pour une autre« , s’entend dire un soldat noir-américain, tout juste rentré du Vietnam. La réalisatrice Kathryn Bigelow se concentre sur un épisode qui cristallise l’histoire des relations des noirs avec la police : la nuit de l’Algiers Motel. Le déroulé des évènements est retracé de manière précise et documenté grâce aux recherches de Mark Bial, le scénariste et aux images d’archives.

Là encore, il est question de jeunes qui s’amusent et de policiers qui débarquent après avoir entendu de possibles tirs. Dans ce motel, la police va se déchainer contre des noirs américains à peine sortis de l’adolescence. Coups, intimidations, insultes, manipulation et meurtres… Dans ce huis clos, le sadisme atteint son paroxysme. Le racisme des forces de l’ordre se donne en spectacle, impunément puisque les policiers responsables de la tragédie du motel seront acquittés.

A l’instar de son traitement de la torture à Guantanamo, Kathryn Bigelow n’épargne aucune scène de violence au spectateur. Elle semble chercher à faire comprendre à tous ce qu’est être un jeune homme noir aux Etats-Unis en 1967… mais aussi 50 ans plus tard. Les images récentes de Trayvon Martin et Eric Garner, victimes noires parmi tant d’autres, de la violence policière, reviennent en mémoire devant le film.

La bande-annonce de Detroit :

Anaïs Robert

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