En Tunisie, un parti politique réclame l’interdiction du film « Wonder Woman »

La projection du film a été « suspendue » par la justice tunisienne ce mercredi, dans l’attente de l’examen d’une demande d’interdiction déposée par le parti nationaliste Al-Chaab.

Le distributeur du film, Massad Goubantini, est catégorique : il s’agit d’une censure injustifiée, car basée sur des « informations bidons ». Le film était programmé à partir de jeudi après-midi dans au moins deux cinémas, à Tunis et à La Marsa, en banlieue nord de la capitale tunisienne. Sa diffusion est suspendue dans l’attente de l’examen jeudi sans plus de précisions, de la demande d’interdiction introduite par le parti nationaliste Al-Chaab en raison de la présence d’une actrice israélienne, Gad Gadot.

 

L’avant-première du film, prévue ce soir dans un cinéma de Tunis, avait déjà été annulée. Le ministère de la Culture invoque « une affaire purement administrative », en raison d’une demande d’autorisation trop tardive.

« Wonder Woman » déjà interdit dans d’autres pays arabes

« Wonder Woman », qui explose au box-office américain en franchissant la barre symbolique des 100 millions de dollars de recettes dès sa sortie,  a déjà fait polémique dans plusieurs pays arabes. Avant la Tunisie, Le Liban a interdit le 1er juin la diffusion de « Wonder Woman », également en raison de la présence d’une actrice israélienne. Sur les réseaux sociaux, d’autres militants libanais ont cependant dénoncé la censure appelant à « s’opposer au terrorisme culturel au Liban« .

Même chose en Algérie, où le film a été déprogrammé dimanche dernier au festival des Nuits du festival, à Alger. Une pétition en ligne intitulée « Non ! Pas en Algérie » demande l’interdiction du film « Wonder Woman », « dont l’actrice principale glorifie l’attaque au phosphore blanc contre Gaza« , peut-on lire dans le texte. A l’été 2014, Gad Gadot avait en effet défendu l’offensive israélienne contre la bande de Gaza.

 

« J’envoie mon amour à l’ensemble des citoyens israéliens, en particulier à ces garçons et filles qui risquent leur vie pour protéger ma patrie contre les acte horribles menés par Hamas, qui se cache comme des lâches derrière les femmes et les enfants », avait-elle expliqué.

 

La pétition estimait en outre « inacceptable » que la date prévue de la projection corresponde « au 50e anniversaire (du début) de l’occupation de Gaza durant la Guerre des Six jours », du 5 au 10 juin 1967. De leur côté, les organisateurs du festival explique que la déprogrammation est liée à des problèmes de droits d’exploitation. Des projections du film sont en revanche prévues dans d’autres pays arabes, comme les Émirats arabes unis ou l’Égypte.

 

Selim Derkaoui

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