Primaires américaines : pourquoi l’élection dans le New Hampshire est importante

Mardi 9 février se tiendra le deuxième rendez-vous électoral de la course à la présidentielle aux Etats-Unis. Après l’Iowa, c’est au tour de l’Etat du New Hampshire (côte est des Etats-Unis) de choisir ses candidats. CelsaLab vous explique en cinq points pourquoi ce scrutin est primordial pour les candidats encore en lice.

 

Crédit photo: AFP Jewel Samal

L’état du New Hampshire accueille le deuxième rendez-vous électoral des primaires américaines 2016. (Photo AFP / Jewel Samal)

 

  • C’est le premier scrutin ouvert à tous

Le New Hampshire est le premier État à organiser une primaire. A la différence du caucus de l’Iowa, organisé indépendamment par les partis républicain et démocrate, et où seuls les électeurs affiliés aux partis organisateurs peuvent voter, la primaire du New Hampshire est mise en place par les États. Elle est ouverte à tous les votants, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’être lié à un parti pour pouvoir voter. Ces électeurs non déclarés peuvent choisir, à l’issue de leur vote classique dans l’isoloir, d’être affilié au parti du candidat pour lequel ils ont voté, ou de demeurer indépendant.

  • Le corps électoral est plus important

Parce qu’il est ouvert, ce scrutin permet a priori d’attirer beaucoup plus de votants. En Iowa, seuls 1406 électeurs affiliés au parti démocrate ont voté, ce qui est évidemment infime au regard des plus de 2 millions d’habitants en âge de voter. Dans le New Hampshire, les électeurs indépendants représenteraient 40% du total des votants de l’État. Une cible majeure pour tous les candidats à l’investiture, qu’ils soient démocrates ou républicains.

  • Une étape importante pour le dynamisme des campagnes

Première vraie primaire et deuxième rendez-vous électoral de la course à la présidentielle, l’élection du New Hampshire attire une attention médiatique bien plus importante que la plupart des autres votes. Les résultats, relayés ad nauseam par les médias américains, peuvent faire et défaire la popularité des candidats. Si les favoris enregistrent une mauvaise performance dans le New Hampshire, leur leadership pourrait être remis en cause. Inversement, si un petit candidat fait un meilleur score que ce à quoi il pouvait prétendre, cela pourrait relancer sa campagne. En 2008, après avoir perdu le caucus dans l’Iowa, Hillary Clinton remporte la primaire démocrate dans le New Hampshire à la surprise générale, et sa campagne gagne clairement en dynamique.

  • Un scrutin qui permet de faire le ménage

Quatre candidats se sont déjà retirés des primaires après leurs faibles résultats lors du caucus de l’Iowa : Rick Santorum, Mike Huckabee et Rand Paul côté républicain, Martin O’Malley chez les démocrates. Ces nouveaux résultats devraient encore un peu plus écrémer les rangs républicains. Les républicains Chris Christie, John Kasich et Jeb Bush ont choisi de rester dans la course, mais leurs résultats dans le New Hampshire seront déterminants dans la poursuite de leurs campagnes. En Iowa, Jeb Bush n’a obtenu qu’un délégué, tandis que ses deux adversaires n’ont rien gagné du tout.

  • Des résultats différents de l’Iowa

Il est peu probable que les vainqueurs du New Hampshire et ceux de l’Iowa soient les mêmes, tout du moins côté républicain. Principalement parce que le New Hampshire est un État bien moins religieux que l’Iowa. Les électeurs devraient a priori être moins tentés par les candidats soutenus par les membres du Tea Party ou les évangélistes. Ted Cruz, qui a multiplié les références bibliques dans ses meetings et reçoit un soutien très important de la communauté chrétienne, n’arriverait que troisième dans les sondages avec 12% d’intentions de vote, alors que sa stratégie s’était avérée payante dans l’Iowa. Des candidats moins conservateurs, comme John Kasich, également crédité de 12% des intentions de vote, pourraient donc tirer leur épingle du jeu à l’occasion de cette primaire.

 

Si les deux Etats sont en très grande majorité blancs (97% pour le New Hampshire, 95% pour l’Iowa), les habitants de l’État de la côte est sont globalement plus riches que ceux du Midwest, un facteur qui pourrait entrer en compte dans les votes.

 

Historiquement, aucun candidat républicain n’a remporté à la fois l’Iowa et le New Hampshire. Lors de la dernière élection en 2012, Mitt Romney remportait le New Hampshire après avoir perdu en Iowa. Le même constat s’impose aussi chez les démocrates : Hillary Clinton avait laissé la victoire à Barack Obama dans l’Iowa, avant de lui ravir le New Hampshire.

Une portée électorale limitée

Si le vote et ses résultats seront symboliquement très importants pour les candidats aux primaires républicaine et démocrate, le nombre de délégués à la clé est faible. Les électeurs du New Hampshire sont invités à en élire 55 : 23 côté républicain et 32 côté démocrate, soit pour chaque camp moins de 1% du nombre total de délégués à élire. Parmi eux, on trouve 8 « superdélégués » : une fois élus, contrairement à la plupart des autres délégués, ils ne sont pas tenus d’apporter leur soutien au candidat pour lequel ils ont été élus.

Lisa Boudet

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